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La gestion coopérative des copropriétés

La copropriété est une institution ancienne : de tels groupements économiques existaient avant la Révolution française, mais le développement en est relativement récent, puisqu'il date de l'après Seconde Guerre mondiale. Les causes en sont l'essor démographique et l'urbanisation accélérée. Il faut toutefois noter qu'en Europe, c'est la France qui compte le plus grand nombre de copropriétaires. Cela résulte de la volonté politique de nombreux gouvernements de faire de chaque citoyen un propriétaire, mais aussi du désir des salariés et des membres des professions libérales de se garantir contre une inflation longtemps galopante en achetant un appartement avec un crédit remboursé en monnaie dévaluée. Ce phénomène concerne actuellement 6000000 logements, soit le double du patrimoine HLM, et touche 30 de la population française. Le chiffre d'affaires de ce secteur, travaux compris, est évalué à environ 160 milliards de francs (24,4 milliards d'euros).

Numéro de revue: 
272
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Michel Thiercelin

L’économie sociale et les transformations de l’emploi

Cette contribution, présentée au XIV colloque de l’Addes, offre de nombreuses illustrations du rôle que joue aujourd'hui l'économie sociale face à la dérégulation du marché du travail. La première préoccupation a concerné l'insertion des personnes en difficulté et s'est traduite dans une grande diversité de structures. Au sein de celles-ci – à l'exception des régies de quartier –, l'emploi est transitoire. En dépit d'apports réels en termes d'apprentissage, elles se heurtent à un manque de débouchés sur le marché du travail (pour une autre approche de l'entreprise d'insertion, voir dans ce numéro le cas de la Wallonie). Sur un autre plan, grâce à sa fonction d'expérimentation notamment dans le champ associatifi en appui sur l'intercoopération et les partenariats financiers, l'économie sociale facilite l'émergence de nouvelles activités et de nouveaux emplois. Ces évolutions ne sont pas sans incidence sur les métiers eux-mêmes. De nouvelles compétences sont en effet sollicitées pour des actions plus transversales mobilisant, au-delà des traditionnels savoir-faire, davantage de savoir-être.

Enfin, les transformations des activités et des métiers amènent à rechercher des statuts plus appropriés, tant pour les personnes que pour les entreprises de l'économie sociale. 

Numéro de revue: 
274
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Danièle Demoustier

Pour une reconnaissance de la diversité associative

Après les Assises nationales de la vie associative qui se sont tenues à Paris en février dernier, un décret du 15 juillet 1999 porte création d'une mission interministérielle pour la célébration du centenaire de la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d'association. Qu'en est-il, aujourd'hui, de l'adéquation de cette loi aux besoins et aux réalités du terrain ?

Impliqué dans le champ associatif tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel, l'auteur livre ici quelques-unes de ses réflexions. Il rappelle le cadre originel de la loi, dont la souplesse permet, à côté des associations fondées sur le rassemblement d'individus volontaires, la coexistence de formes d'organisation très diverses. Quatre modèles sont proposés à l'analyse, qui posent la question des limites du champ associatif. Réformer la loi de 1901 ou la compléter? Le débat est ouvert et ne manquera pas d'intéresser tous ceux qui sont concernés par les évolutions du secteur, alors qu'une nouvelle instruction fiscale concernant les exonérations va entrer en application le 1er janvier 2000. 

Numéro de revue: 
274
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Philippe Callé

Trajectoires associatives : premiers éléments sur la mortalité des associations

Cet article présente les résultats d'une étude sur le devenir des associations : plusieurs années après leur création, comment ont-elles évolué? La recherche conduite en 1996-1997 sur deux échantillons de cent associations, créées respectivement en 1980 et 1990, permet de distinguer trois cas de figure : associations en activité, en sommeil ou disparues, la mise en sommeil pouvant préfigurer une disparition. En s'intéressant plus particulièrement aux cas de disparition et de mise en sommeil, l'auteur éclaire un certain nombre de questions : au terme de combien d'années la cessation d'activité — définitive ou provisoire — intervient-elle le plus souvent? Quelles en sont les causes ? Quel est l'impact du facteur humain : implication des membres, contexte relationnel. ? De manière plus large, quels sont les éléments — du profil des créateurs aux caractéristiques de l'association — qui influencent la trajectoire de vie d'une association ? Sans jamais chercher à modéliser, ce texte permet d'identifier quelques facteurs qui semblent favorables à la longévité d'une association et d'avancer ainsi dans la connaissance d'une dynamique associative caractérisée par la diversité des situations. 

Numéro de revue: 
272
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Viviane Tchernonog

Les interprétations du mutualisme sur le littoral charentais sous le Second Empire et la IIIe République

Ce sont les racines du mutualisme qui sont données à voir dans cet article, à travers une mise en lumière des pratiques de prévoyance et de solidarité qui se développent, au milieu du XIXe siècle, dans le département de Charente-Inférieure. L'approche monographique permet d'appréhender la diversité des pratiques, en lien avec les caractéristiques de l'environnement et de l'activité de subsistance. Si les agriculteurs de l'arrière-pays, prospères, se montrent peu sensibles à l'idée de solidarité, les populations du littoral, aux conditions de vie beaucoup plus rudes, se mobilisent autour de pratiques solidaires avant même le décret de 1852 qui encourage la mutualisation territoriale. Au sein de ces populations, les comportements sont également différenciés. Sur l'île de Ré, où le mouvement présente une grande vitalité, les marins pêcheurs se montrent peu enclins à la prévoyance sur le long terme, la menace de l'océan planant toujours sur les perspectives d'avenir. L'île d'Oléron, moins soumise à l'adversité, offre un autre visage du mutualisme, patronné et générant peu de participation. Quant à la mutualité ouvrière de l'arsenal de Rochefort, elle fournit un nouvel exemple des relations subtiles qui s'établissent avec le syndicalisme naissant. Ainsi, avant la charte de la mutualité et la création des unions départementales à la fin du XIXe siècle, lesquelles porteront rationalisation du fonctionnement et uniformisation progressive des pratiques, la mutualité s'épanouit sur des particularismes locaux qui traduisent toute sa vivacité.

Numéro de revue: 
273
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Patricia Toucas

L’entreprise d’insertion wallonne, un coup de pouce à l’intégration sociale

En Wallonie, l'entreprise d'insertion est apparue pour offrir un emploi durable à des personnes en grande difficulté socioprofessionnelle. Elle ne constitue pas un passage vers l'intégration dans le monde du travail, mais entend la concrétiser. La structure s'est d'abord imposée sur le terrain, avec la mise en place de projets pilotes, avant d'acquérir une reconnaissance juridique. Un décret adopté en 1998 définit les conditions d'agrément et de financement de l'entreprise d'insertion et la dote du statut de société à finalité sociale (SFS). La primauté de son projet social se trouve donc affirmée en même temps que le caractère marchand de son activité, qui doit lui permettre d'assurer une partie de son financement. L'article présente une analyse très concrète des avancées et des difficultés que représente ce projet ambitieux d'asseoir un développement économique sur l'embauche de "demandeurs d'emploi particulièrement difficiles à placer". 

Numéro de revue: 
274
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Michel Simon

La parité hommes-femmes dans les coopératives de consommateurs japonaises : pour une réforme du modèle japonais de management

Cet article apporte un éclairage sur l'économie sociale au Japon, sous l'angle de la parité hommes-femmes dans les coopératives de consommateurs. L'égalité entre hommes et femmes en termes de répartition d'activités domestique et professionnelle demeure largement à conquérir au sein de la société japonaise. Si les femmes sont de plus en plus nombreuses à entrer sur le marché du travail, il s'agit pour beaucoup d'activités à temps partiel ou temporaires, et l'accès aux fonctions de direction reste difficile. Quant aux salaires, ils montrent de fortes disparités entre les sexes. L'emploi féminin dans les coopératives de consommateurs ne fait que refléter cette situation globale, qu'un contexte économique défavorable a contribué à maintenir dans les dernières années. Les actions en faveur de la parité préconisées par l'Union japonaise des coopératives de consommateurs ont ainsi été peu relayées sur le terrain. Les femmes composent pourtant l'essentiel du sociétariat. Cette réalité amène de plus en plus de dirigeants à considérer l'apport que peut constituer leur emploi dans la coopérative, dont elles connaissent très bien le fonctionnement.

Numéro de revue: 
273
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Satoko Chikamoto

La notion même de « démutualisation » est-elle acceptable ?

L'auteur de cet article, praticien du champ et expert en matière juridique et fiscale, livre quelques réflexions sur un thème largement ouvert aux débats et particulièrement sensible au niveau des coopératives bancaires, eu égard au mouvement qui a affecté les building societies au Royaume- Uni. Tout bénéfice pour certains, la démutualisation n'est pas sans toucher les fondements mêmes du statut coopératif ainsi que les fondations de l'entreprise d'économie sociale. En faisant fi de l'histoire et des hommes qui ont contribué à la construire, ce sont des questions éthiques tout autant que techniques que pose la démutualisation. 

Numéro de revue: 
273
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
François Schwerer

Les coopératives à but social et le multisociétariat

A l'instar d'autres pays européens, la France cherche à développer l'entreprise à but social. On sait qu'une réflexion sur ce thème a été confiée par Martine Aubry à l'économiste Alain Lipietz. Le rapport du Conseil supérieur de la coopération encourage la promotion du statut coopératif défini par la loi du 10 septembre 1947, et la CGScop travaille, dans ce sens, sur un projet de société coopérative d'intérêt collectif (SCIC). A quelles conditions la forme coopérative peut-elle constituer une réponse ? Dans cet article, François Espagne analyse certaines questions qui se posent à l'examen du statut légal des coopératives en France. La finalité elle-même introduit la première difficulté : la coopérative, en effet, vise en priorité la satisfaction des besoins de ses membres; qu'en est-il de la dimension altruiste attachée à l'idée d'entreprise àfinalité sociale ? Le caractère non lucratif est lui aussi matière à discussion. Exclure toute possibilité de gain matériel pour les sociétaires impliquerait des modifications statutaires. Par ailleurs, si l'unisociétariat constitue la règle générale pour les coopératives, en accord avec l'unicité de la cause du contrat, des exceptions ont été introduites qui ouvrent au multisociétariat. En admettant ce principe pour l'entreprise à finalité sociale, sa pérennité ne requiert-elle pas d'unifier la cause du contrat pour les différentes catégories d'associés ? L'incidence du multisociétariat sur les conditions d'admission et les droits des associés est également envisagée. Ces bases d'analyse étant posées, l'auteur s'intéresse aux réalisations de quatre pays européens - la Belgique, l'Espagne, l'Italie et le Portugal - en matière de société à finalité sociale. Comment chaque pays a-t-il résolu les difficultés, voire les contradictions, qui émergent? Autant d'enseignements qui peuvent être utiles pour éclairer les choix. 

Numéro de revue: 
274
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
François Espagne

L’économie sociale dans les services de proximité : pionnière, partenaire

Cet article investit le champ des services de proximité, en croisant approches théoriques et analyses empiriques issues d'observations sur le territoire de Charleroi, en Belgique. A partir des caractéristiques inhérentes au concept, les auteurs identifient les enjeux associés aux services de proximité, aussi bien pour l'usager que pour la collectivité. Dans ce contexte, quel est le rôle spécifique de l'économie sociale ? En considérant quatre domaines de prestation de ces services - aide à domicile, accueil de la petite enfance, développement de quartier, aide au logement -, l'étude menée sur le terrain révèle une diversité de prestataires parmi lesquels les associations occupent une place prépondérante, devant le secteur public. Les typologies établies permettent de situer les différentes organisations impliquées au regard de critères tels que le mode de financement - marchand ou non marchand - ou le degré d'implication des acteurs. A l'appui des théories économiques se dégagent ainsi différentes facettes du rôle des associations dans le champ des services de proximité : innovation, "réponses particulières" Ces éléments amènent à relativiser l'objectif d'insertion de personnes peu qualifiées souvent attribué à ces services et permettent de dégager quelques orientations pour des politiques publiques qui viendraient soutenir le rôle de l'économie sociale, en complémentarité avec une pluralité d'acteurs. 

Numéro de revue: 
273
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Bruno Gilain, Marthe Nyssens

« Je ne vais pas aux AG et pourtant j’ai des idées » : pour une coopération rurale en Languedoc-Roussillon

Dans le sud de la France et particulièrement en Languedoc-Roussillon, les coopératives viticoles ont joué un rôle essentiel dans le développement économique local. L'adaptation aux nouvelles exigences du marché, à l'origine d'un processus de reconversion vers des vins de qualité, représente donc un enjeu important qui nécessite une forte mobilisation de l'ensemble des adhérents. Cet article éclaire de l'intérieur les transformations que doivent gérer aujourd'hui les coopératives, à partir de l'exemple de l'une d'entre elles : Puisserguier-Maureilhan, préoccupée de la faible implication apparente de ses adhérents. Ce sont tout autant les résultats d'une recherche sur le terrain qu'une démarche originale permettant d'approcher les "anonymes" de la coopération que nous présente l'auteur. Comment expliquer la distance qui s'est instaurée entre les adhérents et leur coopérative? Au-delà de la non-participation aux assemblées générales, on découvre de nouvelles logiques d'acteurs. Les "anonymes" se révèlent porteurs de potentialités et de besoins qui pourraient bien impulser une nouvelle dynamique à la coopération. C'est une nouvelle figure de "vigneron acteur du développement local" qui émerge ainsi d'une démarche illustrant parfaitement le rôle que peut jouer la recherche pour éclairer et soutenir l'action. 

Numéro de revue: 
273
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Yuna Chiffoleau

Prolégomènes à une œuvre d’économie sociale : écrits de Charles Gide, 1869-1886

Marc Pénin, auteur de la remarquable biographie : Charles Gide (1847-1932), l'esprit critique, présente dans cet article le premier volume des œuvres de Charles Gide, qui réunit les écrits de la période 1869-1886. Ces textes, dont le regroupement thématique respecte la logique chronologique, constituent en fait une introduction à une œuvre d'économie sociale qui se déploiera dans les prochains volumes. La première partie de l'ouvrage permet d'appréhender la réflexion de Charles Gide sur des faits marquant l'actualité de son époque. La première représentation moderne dans le théâtre romain d'Orange, les tentatives de restauration de la monarchie, la loi sur le divorce, les premiers pèlerinage à Lourdes et bien d'autres thèmes traités révèlent une diversité d'intérêt, un esprit curieux, parfois caustique et déjà engagé en faveur des associations. Sa thèse de doctorat, dont la deuxième partie présente de larges extraits, y sera d'ailleurs consacrée en traitant du "droit d'association en matière religieuse". Les écrits économiques, dont le premier date de 1879, sont regroupés dans la troisième partie. Ils montrent un Charles Gide préoccupé des questions sociales, ouvert aux évolutions, critique envers le libéralisme doctrinaire et opposé au protectionnisme. On y lira les prémices de son orientation vers l'économie sociale, comme les bases de son engagement dans le mouvement coopératif. 

Numéro de revue: 
273
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Marc Pénin

Les banques coopératives et mutualistes entre concurrence et solidarité : la confiance au centre d’un modèle alternatif de compétitivité ?

Pour les organisations de l'économie sociale dont les activités se développent dans un environnement concurrentiel, la question de l'articulation entre leur mission de solidarité et d'intérêt général et la nécessité d'être compétitifse pose aujourd'hui avec acuité. Comment parviennent-elles à réconcilier les termes de ce paradoxe? Quel rôle joue la confiance ? C'est ce que les auteurs s'attachent à analyser dans cet article, en s'intéressant plus particulièrement aux banques coopératives et mutualistes à travers l'exemple du Crédit mutuel méditerranéen (CMM). Appréhendée comme résultante d'un calcul individuel de risques et d'opportunités ou comme nécessité inscrite dans les nouvelles formes de coordination, la notion de confiance n'est pas sans soulever des débats théoriques. L'histoire du Crédit mutuel méditerranéen permet d'éclairer différents modèles de compétitivité à l'œuvre. Relation de proximité, culture de solidarité, logique de l'honneur fondent le modèle initial, dans un contexte de grande stabilité.

Dans les années 80, avec les évolutions de l'environnement et l'augmentation du volume d'activités, l'échange de type marchand devient dominant, assorti d'un développement des comportements opportunistes. Logique du contrat, critères techniques, culture de service au client sont à la base d'un nouveau modèle qui conjugue confiance avec défiance. Depuis quelques années, le concept de "banque régionale mutualiste" réactualise la relation de confiance dans un modèle de compétitivité associant nouveau professionnalisme et valeurs fondatrices de proximité et solidarité.

Numéro de revue: 
274
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Ariel Mendez et Nadine Richez-Battesti

Essai de construction de profils socio-économiques d’associations

Ce texte propose une nouvelle mise en perspective de la variété des situations associatives. La démarche socio-économique adoptée caractérise toute association par son projet, mais aussi par les moyens mis en œuvre pour le réaliser. Finalité associative et données économiques peuvent alors se combiner de diverses façons, que les auteurs cherchent à appréhender. Douze indicateurs sont définis, six d'entre eux se référant aux dimensions proprement associatives — le bénévolat, par exemple -, les six autres renvoyant à des dimensions empruntées au monde de l'entreprise — comme le salariat. Si les indicateurs associatifs rendent compte d'une plus-value sociale, les indicateurs référés à l'entreprise traduisent des aménagements, c'est-à-dire la manière dont les acteurs composent avec les données économiques. Huit profils socio-économiques, résultant d'une combinaison de ces deux fàmilles d'indicateurs, sont identifiés. Quatre groupes d'associations présentent un équilibre des dimensions associatives et économiques : le développement conjoint du bénévolat et du salariat en constitue un exemple.

Quatre autres groupes laissent voir des caractéristiques dominantes qui les situent aux frontières du champ associatif : profils para-entreprise, para-administratif, para-coopératif et para-familial. Autant de profils qui illustrent la diversité des dynamiques de développement à l'œuvre. 

Numéro de revue: 
272
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Danièle Demoustier et Marie-Laure Ramisse

Typologie des conseils d’administration d’association

Cet article apporte un nouvel éclairage sur les pratiques en matière de direction des associations, en s'intéressantplus particulièrement aux dirigeants bénévoles. Quels sont leur rôle et leur influence, en relation avec les dirigeants salariés? S'appuyant sur des entretiens conduits auprès de 86 responsables bénévoles et salariés, François Mayaux propose une typologie des conseils d'administration d'associations, en en précisant les modes d'utilisation. Seule une application dialectique de l'outil permet de saisir une réalité le plus souvent contrastée : on ne peut réduire un conseil d'administration à l'un des quatre types déterminés, mais on peut identifier un type dominant en lien avec des types secondaires. Pour les dirigeants d'associations, une telle analyse se révèle utile à la fois dans une perspective de réflexion sur l'exercice de leur fonction et dans une vision prospective, pour envisager et gérer les évolutions de leur structure. Un outil d'autodiagnostic est proposé au lecteur, lui permettant de "typer" son conseil d'administration et d'engager une réflexion lucide sur le type de conseil que son association possède ou devrait posséder. 

Numéro de revue: 
272
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
François Mayaux

Rapport d'activité de l'ACI Europe présenté aux sociétaires à l'assemblée régional du 15 octobre 1998

Depuis notre dernière rencontre à l'assemblée régionale de 1996 à Budapest, vous avez été informés des activités de la section européenne par les rapports annuels de l'ACI, envoyés chaque année à toutes les organisations membres. Je m en tiendrai donc ici aux principaux thèmes et événements qui ont marqué notre action.

Numéro de revue: 
271
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Gabriella Sozanski

Organismes non lucratifs et droit communautaire

Cet article trouve son ancrage dans une analyse de l'arrêt Sodemare, rendu par la Cour de justice des Communautés européennes (CJCE) le 17 juin 1997. Cet arrêt a rejeté le recours posé par la société Sodemare pour deux de ses filiales italiennes, organismes à but lucratif prestataires de services sanitaires et sociaux, qui demandaient à bénéficier du conventionnement ouvrant droit au remboursement de ces prestations, par ailleurs accordé aux organismes à but non lucratif de la région concernée. En invoquant le principe de subsidiarité, la CJCE n'en a pas moins introduit dans le droit communautaire une différence de traitement entre organismes privés selon qu'ils poursuivent ou non un but lucratif Si la construction européenne s'inscrit dans une perspective de libéralisme économique et repose sur le principe de libre concurrence, le droit communautaire a toujours reconnu des particularités à certains secteurs d'activité, comme les services d'intérêt général.

L'arrêt Sodemare constitue une avancée pour les organismes à but non lucratifen ce qu'ilfonde une différenciation sur un même segment de marché. Il reste néanmoins du chemin à parcourir pour que l'Union européenne reconnaisse pleinement la spécificité associative. L'auteur émet ici quelques propositions visant à donner toute leur place aux associations dans la construction d'une Europe civique et sociale. 

Numéro de revue: 
272
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Sami Castro

De Paris à Québec, les orientations de l’ACI

Au lendemain de ses quatre assemblées régionales de 1998, et notamment de l'assemblée très réussie de son instance européenne à Paris, l'Alliance coopérative internationale (ACI) tourne désormais le regard vers la ville de Québec où, du 30 août au 1" septembre 1999, elle tiendra son congrès et son assemblée générale.
Face aux grandes questions qui se posent aux coopératives du monde entier, l'assemblée générale ordinaire sera suivie d'un congrès — manifestation qui, depuis la révision des statuts en 1992, ne constitue plus une instance dirigeante de notre organisation —, afin de favoriser l'élargissement des débats et de la participation. Son thème, "La valeur ajoutée aux sociétaires : un défi pour la coopération du prochain millénaire", se propose d'étudier le lien entre les coopératives et leurs membres, dont dépend la réussite économique.

Numéro de revue: 
271
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Bruce Thordarson

Le comité de recherche de l’ACI

Après un bref exposé des questions qui se posent à l'heure actuelle au secteur coopératif, nous présenterons ici quelques-uns des travaux de recherche entrepris pour y répondre, en soulignant la participation du comité de recherche de l'ACI à ces activités.

Numéro de revue: 
271
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Roger Spear

Opportunités et menaces pour les coopératives en Europe

Villa el Salvador (VES) est un bidonville de 300 000 habitants, en banlieue de Lima. Cette municipalité se caractérise par son haut degré d'organisation sociale : non seulement plus de 3 000 associations y sont aujourd'hui actives, mais celles-ci déploient leurs activités dans un cadre très évolué de développement communautaire. VES a en effet su développer un aménagement de son territoire correspondant à une organisation de la communauté par groupes résidentiels autour de 120 places communes. Cette expérience unique en Amérique latine est riche en leçons de toutes sortes. Comment
s'organisent ces 300000 habitants et comment la municipalité a-t-elle pu en arriver à planifier son développement ? Issu d'une enquête sur place et de plusieurs échanges, échelonnés sur dix ans, entre Péruviens et Québécois engagés dans la coopération internationale et l'économie sociale, ce texte, qui constitue la première partie d'un article, présente l'expérience de Villa el Salvador sur vingt-cinq ans, son contexte et ses projets concrets de développement. Dans le prochain numéro, les auteurs rendront compte des paramètres plus généraux et des conditions de réussite d'une telle expérience de développement local en la cadrant dans une démarche plus générale d'économie plurielle.

Numéro de revue: 
271
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Louis Favreau et Lucie Fréchette

Le quadrilatère d’Henri Desroche revisité

Pour qui s'intéresse à l'organisation coopérative, le quadrilatère d'Henri Desroche constitue un outil précieux d'analyse, aujourd'hui largement utilisé sur le plan pédagogique.

Dans cet article, Serge Koulytchizky l'actualise en intégrant des acteurs qui prennent une nouvelle dimension dans le cadre de l'évolution des entreprises de l'économie sociale. Le quadrilatère est ainsi replacé dans ses environnements à l'aide d'exemples très divers, qui peuvent concerner aussi bien le champ associatif que la coopération agricole. Cette mise en perspective ouvre également l'opportunité de proposer des pistes pour la recherche, appliquée ou fondamentale. 

Numéro de revue: 
272
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Serge Koulytchizky

L’avenir des coopératives en Europe centrale et orientale

L'avenir des coopératives d'Europe centrale et orientale est encore fragile : bien que certaines soient aussi anciennes que celles d'Europe occidentale, les années de gestion étatique et planifiée les ont déconsidérées tant vis-à-vis de la population que des gouvernements de ces dernières années. Pourtant comme l'indique Pàl Bartus, président de la Fédération hongroise des coopératives de consommateurs, le groupement coopératif est un rempart effectif aux difficultés économiques et sociales des personnes les plus modestes. Pour consolider et revitaliser les coopératives, il en appelle à l'union et à l'intercoopération : ces coopératives sont souvent des unités trop isolées; leur salut nécessite des accords et rassemblements nationaux, voire transfrontaliers. Elles sollicitent également l'appui des coopératives d'Europe occidentale, et plus particulièrement le savoir-faire des coopératives scandinaves, britanniques et italiennes, appui qui leur est déjà apporté dans le domaine de la formation et de la gestion, et qui devrait s'accroître rapidement.

Numéro de revue: 
271
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Pàl Bartus

Développement communautaire et économie solidaire : l’expérience péruvienne de Villa el Salvador

La population de Villa El Salvador (VES) a acquis, en plus de vingt-cinq ans, une large expérience dans la gestion de ses propres projets et dans le contrôle de son développement. Ce modèle est profondément ancré dans la tradition communautaire indienne, qui n'aurait probablement pas survécu à l'industrialisation et à la prolétarisation de la main-d'œuvre accompagnant cette industrialisation. Mais cette culture a trouvé au Pérou un terrain propice dans l'économie informelle. Il faut voir là un premier facteur de réussite de VES comme expérience de développement local et de démocratie à une échelle qui déborde le microdéveloppement. Cette participation ou cette mise à contribution de la culture locale de type communautaire, au sens ancien de ce mot, n 'est cependtmt pas suffisante. Aujourd'hui, plus de 3000associations (de quartier et sectorielles) s'activent et animent la Communauté urbaine autogérée de Villa el Salvador (Cuaves) à partir d'un réseau de voisinage très structuré, qui a su prendre le contrôle de sa croissance dès ses débuts, dans le cadre d'une organisation de l'espace par groupes résidentiels constitués autour de 120 places communes. Cette communauté autogérée s'est aussi dotée des attributs de la modernité, en créant une collectivité publique et en mettant à profit plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) nationales, de même que des organisations de solidarité internationale (OSI). Quels sont les paramètres généraux qui fondent la réussite de cette expérience de développement local devenue une ville autogérée de 300000 habitants ? Telle est la question qui guide les auteurs dans ce texte, qui constitue la seconde partie de l'article consacré à VES (cf. Recma, n° 271). 

Numéro de revue: 
272
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Louis Favreau, Lucie Fréchette

Les apports de capitaux extérieurs : quels risques pour les principes et objectifs coopératifs ?

Bent Claudi Lassen, président de la Fédération des coopératives agricoles danoises (90 du marché sur certains secteurs comme le lait, le porc ou la fourrure), examine les évolutions de son secteur : à partir d'une relation toujours très étroite entre les coopératives et leurs membres, celles-ci ont une très bonne capacité d'adaptation aux nouvelles demandes des consommateurs et peuvent garantir mieux que les autres formes d'entreprises la traçabilité des productions et produits.
Alors que, pour affronter la concurrence, elles s'engagent vers
l'ouverture de leur capital à des associés extérieurs, elles entendent ne pas y sacrifier l'intérêt des membres. De même, les rapports entre les membres et leur coopérative évoluent vers plus de sélectivité et de rigueur pour éviter des surproductions.
Le Danemark se caractérise par l'absence de législation coopérative spécifique: c'est un challenge permanent que les coopérateurs relèvent en inscrivant dans leurs pratiques et leurs règles internes leurs attaches coopératives.

Numéro de revue: 
271
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Bent Claudi Lassen

Les stratégies de CWS face à la tentative de rachat des coopératives de consommateurs

Graham Melmoth, directeur général de CWS, groupement des coopératives de consommateurs du Royaume- Uni (8 milliards de livres de chiffre d'affaires, 70 000 salariés), expose la stratégie mise en œuvre pour faire échec à l'agression des prédateurs financiers qui ont tenté, en 1997, de "démutualiser" son groupe coopératif et de mettre la main sur les réserves. Si des protections législatives sont nécessaires, la seule qui vaille réellement à ses yeux est la rénovation de la relation entre la coopérative et ses membres de manière à ce que ceux-ci perçoivent véritablement le bien-fondé de leur adhésion. C'est dans ce sens qu'agissent, avec succès, les dirigeants de ces coopératives.

Numéro de revue: 
271
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Graham J. Melmoth