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Militants de l’utopie ? Les Fouriéristes dans la seconde moitié du XIXe siècle

Bernard Desmars, Dijon, Les Presses du réel, 2010, 430 p.

Si l’œuvre de Charles Fourier a été beaucoup étudiée, notamment depuis deux décennies, celle du devenir de sa doctrine après sa mort en 1837 restait largement à découvrir. En ce domaine, trois hypothèses étaient suggérées de façon plus ou moins explicite par les historiens mais elles n’avaient guère été vérifiées. Comme de nombreux Saint-Simoniens, les Fouriéristes auraient renié leurs convictions et se seraient « adaptés » au capitalisme. Seconde possibilité, ils auraient tenté de concrétiser le fouriérisme dans des colonies icariennes, le plus souvent aux Etats-Unis, mais ces initiatives se seraient soldées par un échec. Ou enfin, ils auraient attendu, mais vainement, le Nouveau monde annoncé par les prophéties socialistes. 

Société coopérative européenne : le guide du GNC

Le Groupement National de la Coopération (GNC) publie en mai 2010 un guide juridique, « Société coopérative européenne. Modèle de statuts ». L’adoption par le Conseil des Ministres européen en juillet 2003 d’un statut de la société coopérative européenne (SCE) est une reconnaissance de l’importance des coopératives et de leur contribution au développement économique et social des territoires sur lesquelles elles sont implantées. Il inscrit les principes et valeurs coopératives dans l’acquis communautaire. Les travaux de transposition en droit français se sont achevés en juin 2009 et des premiers projets de société coopérative européenne immatriculée en France sont identifiés.

S’associer, entreprendre, gérer : Business ou projet de société ? rencontre d'Acte 1, Cnam Paris 21 juin

Fréquemment l’entreprise renvoie au monde des affaires, aux défricheurs de nouveaux marchés, aux faiseurs d’argent. Pourtant, il existe au moins trois types d’entreprises qui naissent pour d’autres mobiles : la petite entreprise, l’entreprise publique et l’entreprise collective ont des finalités différentes. Les mouvements d’économie sociale et solidaire qui se reconnaissent dans l’entreprise collective ont milité ces 30 dernières années pour un « entreprendre autrement » respectueux des hommes et de leur environnement. Héritières des coopératives et des mutuelles, de nouvelles entreprises ont été créées au cours des dernières années : sociétés coopératives d’intérêt collectif, coopératives d’activité et d’emploi, groupements de consommateurs, associations pour le maintien d’une agriculture paysanne, groupements de producteurs, réseaux d’échanges équitables, etc.

Rapport Vercamer sur le développement de l'ESS et de l'entrepreneuriat social

Le présent rapport concernant le secteur de l'économie sociale et solidaire résulte des travaux conduits dans le cadre de la mission parlementaire confiée par le Premier Ministre par lettre du 2 octobre 2009.

Il s'attache en premier lieu à répondre au mieux aux attentes et aux demandes qui y sont formulées afin de répondre au souci du gouvernement que soient définis les moyens de développement du secteur de l'Economie sociale et solidaire et identifiés les freins à la création d'entreprises en son sein. D'où la demande du Premier Ministre de lui proposer un ensemble de mesures visant à favoriser la création, le développement et la pérennisation des entreprises appartenant à la sphère de l'économie sociale au regard du potentiel de création de richesses et d'emplois que celle-ci représente. C'est ce à quoi la Mission s'est attachée en priorité.

Femmes et microfinance : espoir et désillusions de l’expérience indienne

Isabelle Guérin, Jane Palier et Benoît Prévost. Archives contemporaines éditions, coll. « Savoirs francophones », février 2009.

La dimension de l’ouvrage, une centaine de pages, ne doit pas faire illusion au regard de la densité du texte. On notera dès le départ une importante bibliographie de dix pages parfaitement contemporaine. Elle rassemble une majorité de travaux écrits en français, avec d’abondantes références aux rapports et publications d’organisations internationales, notamment Banque mondiale, BIT, ONU, Pnud.

Frédéric Le Play, une réforme sociale sous le Second Empire

Maguelone Nouvel (préface de Geneviève Gavignaud-Fontaine). Paris, Economica, collection « Economies et sociétés contemporaines », 2009, 265 p.

Le nom de Frédéric Le Play est fréquemment associé à l’économie sociale sans que les raisons de cette association soient forcément bien connues, et si son rôle dans l’organisation des expositions universelles de 1855 et 1867 ainsi que dans la création de la Société d’économie sociale est notoire, son oeuvre scientifique reste, elle, peu exposée. Le remarquable travail d’historien que réalise Maguelone Nouvel permet de pallier ce manque de connaissances et de mesurer la portée des deux ouvrages majeurs de Le Play : Les ouvriers européens, en 1855, et La réforme sociale, en 1864. En précisant que la méthode leplaysienne passe par la multiplication des expériences, l’étude des conditions de prospérité des populations, l’énoncé des lois ou des principes que l’on peut tirer des faits, Maguelone Nouvel fait surgir l’originalité d’une pensée complexe, ses rapports à divers courants sociaux du xixe siècle et nous plonge au centre des débats et des controverses concernant la question sociale.