L'économie sociale aux " journées de l'économie" JECO, Lyon 9-11 nov 2010

Jeco

Pour la troisième édition, les journées de l’économie ont réuni à Lyon durant trois jours (9, 10 et 11 novembre) 150 intervenants – entre autres Michel Aglietta, Françoise Benhamou, François Bourguignon, Michel Camdessus, Angel Gurria, Jean-Charles Hourcade, Christine Lagarde, Daniel Lebègue, Danièle Meurders, André Orléan, etc. 40 conférences et tables rondes et 6 000 participants. Cet événement se donne pour but de présenter et d’ouvrir l’économie à un public diversifié, des lycéens aux enseignants, des simples lecteurs de la presse aux acteurs de l’économie : bref, tout le monde est convié à participer aux débats et à échanger avec les intervenants.

Moraliser le capitalisme ?

La Recma était représentée à deux conférences. La conférence sur « Moraliser le capitalisme » réunissait Alain Leroux (Professeur à l’université Paul Sézanne à Aix-en-Provence et concepteur de la philosophie économique), Sacha Bourgeois-Gironde (Professeur de philosophie à Ecole normale supérieure de Lyon) et Jean-François Draperi. Selon les intervenants, le capitalisme est amoral : la moralisation du capitalisme est possible si l’on s’attaque au libéralisme c’est-à-dire pour dire vite à la généralisation de l’utilitarisme, objectif que pourrait viser l’économie sociale. Hypothèse alternative ou complémentaire à la précédente : le capitalisme est immoral. Son développement, centré sur la recherche du profit individuel, détruit constamment le lien soical et solidaire. Dans ce débat contradictoire, une conviction est partagée cependant : l’intérêt de poursuivre l’échange et d’approfondir la philosophie économique.

Débats publics et contradictoires

L’organisation de la conférence sur l’économie sociale avait été confiée au rédacteur en chef de la Recma et réunissait Francis Vercamer (Député du Nord), Cyril Kretszchmar (Conseiller régional Rhône Alpes), Béatrice Barras (Ardelaine), Jean-François Draperi (Cnam-Recma) et Dominique Viel (Ministère de l’économie, de l’industrie et de l’emploi, modératrice). Ce fut l’occasion de présenter à un public d’environ 500 personnes la diversité de l’économie sociale et l’importance de la politique régionale en Rhône-Alpes. L’occasion également de poursuivre l’échange sur les relations entre économie sociale et entrepreneuriat social. Francis Vercamer précisa à ce propos l’utilité de disposer de deux labels ; l’un relatif à l’entrepreneuriat social concernerait les sociétés de capitaux ambitionnant de reprendre les valeurs de l’économie sociale et solidaire sans en prendre nécessairement les statuts, l’autre concernant les entreprises d’économie sociale.

Il est impossible de résumer la richesse et la diversité des tables rondes : les multinationales des pays émergents; la ville durable; la gouvernance territoriale; la culture, comme arme économique; justifier le salaire des traders; recycler la taxe carbone;  les inégalités femme-homme; catastrophes climatiques et conséquences géostratégiques; la grande bataille des matières premières, etc. Au-delà de l’impressionnant programme, soulignons la capacité des organisateurs à provoquer le débat contradictoire, qui plus est, public. Une leçon : parfois frileuse ou peu sûre d’elle, l’économie sociale n’est pas toujours aussi capable d’inviter au débat sur ses doutes, ses limites et ses combats.

La rédaction