Au dernier "Rendez-vous de l'ESS" dans l'Humanité, une riche réflexion sur les frontières de l'ESS et son sens politique

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L'Humanité publie chaque mois "les rendez-vous de l'ESS" et la dernière livraison (mardi 7 janvier) est particulièrement réussie. Elle pose avec simplicité des questions essentielles du sens politique de l'ESS et de ses politiques publiques. Un dossier précieux dans le débat sur la loi Hamon. 

La tribune de Jean-Philippe Millésy sur les frontières de l'ESS invite ses "mutualistes, ses sociétaires, ses bénévoles et ses adhérents associatifs" à se réapproprier leurs structures pour "se poser en alternative au capitalisme financiarisé" .

Paule Masson s'entretient avec Denis Guillot, président du directoir des Nouveaux Robinsons (après y avoir démarré comme vendeur de légumes), "supermarchés coopératifs de produits biologiques et écologiques" qui vient de racheter 11 magasins parisiens Bio génération. Un salarié raconte le choc de la "fusion" avec la coopérative : "Avant nous avions un patron qui avait les pleins pouvoirs et ne se gênait pas pour le faire sentir. Il n'y avait pas de de syndicat, pas de comité d'entreprise, pas de prime, sinon à la tête du client. On a vraiment gagné à être racheté."

Nadine Richez-Battesti, membre du comité de rédaction de la Recma, rappelle utilement que "les différentes organisations qui composent l'ESS ont émergé du mouvement social il y a près de deux siècles, en réaction aux effets pervers du système capitaliste. Ces organisations ne se limitent pas à leur finalité sociale et à la gestion des plus démunis. Elles proposent une articulation renouvelée entre l'économique (la production de biens et services dans le cadre d'une propriété collective), le social (finalité sociale et solidarité) et le politique (la démocratie économique dans les organisations). C'est la combinaison des trois dimensions qui fonde l'ESS" et que résume le "principe de double qualité des membres qui sont à la fois bénéficiaires de l'action et propriétaires collectifs".

Enfin, la tribune de Anne-Laure Desgris et Stéphane Veyer pour la Manufacture coopérative fait en quelque sorte suite à la tribune de ce dernier publiée récemment. Elle pose "avec malice" la question essentielle du sens politique de l'ESS : "si l'ESS existe, n'est-ce pas justement pour refouler la question de l'idéologie, du projet politique qui devrait normalement se loger au coeur de toute initiative associative, coopérative ou mutualiste? Sous l'étiquette ESS, tout devient tellement plus humaniste, moins subversif, moins radical". 

Et les auteurs de cette excellente tribune de conclure sur la possibilité d'une autre politique publique en faveur de l'ESS : "Favoriser l’ESS ne devrait pas consister à développer les entreprises existantes, mais à donner du pouvoir aux groupements de personnes. Radicalement. Obstinément. Systématiquement. Autrement dit : poser en permanence la question de la citoyenneté, de la démocratie, de l’autogestion dans toutes les politiques publiques.On redécouvrirait alors que la première vocation de l’ESS n’est pas de suppléer l’Etat, mais de produire par elle-même du droit, des droits, et d’œuvrer à l’émancipation des individus. C’est cette ESS-là que nous défendons dans la manufacture coopérative. Et tant mieux si elle exclut les businessmen des problèmes sociaux ou les banques qui n’ont plus de coopératif que leur slogan : elle a bien mieux à faire avec l’auto-entrepreneuse qui galère, la PME qui résiste et l’agriculteur qui crève."

Le texte "original et intégral" de la tribune de Manucoop, "L’ESS, cette chimère enfantée par la puissance publique"