Michel Barnier entretient la confusion ESS / entrepreneuriat social

Michel Abhervé a (encore) vu juste en lisant le récent appel de Michel Barnier pour "les entrepreneurs sociaux". S'appuyant sur le rapport Vercamer (dont nous avions souligné l'ambiguité dès l'annonce de la feuille de route), le commissaire européen cite les récents travaux de la Commission pour l'entrepreneuriat social et le mouvement des entrepreneurs sociaux, amalgamant sans sourciller l' ESS et "tout" l'entrepreneuriat social, dont l'ensemble des composantes est loin de se confondre avec l'ESS (voir sur ce point l'article de J.-F. Draperi). Cette assimilation a également été entérinée cette semaine par le Centre d'analyse stratégique. Impossible en France de faire sans l'ESS, mais rien ne semble plus impérieux que de la noyer dans l'entrepreneuriat social (l'Argus de l'assurance titre ainsi "Barnier défend l'économie sociale"). En 3 ans, l'entrepreneuriat social a réussi à s'imposer comme une solution souhaitable par nos gouvernants pour sortir le capitalisme de "sa crise" ("On ne sortira pas de cette crise comme on y est entré" dit Michel Barnier). L'économie sociale et solidaire (les deux ne s'opposant pas, lire "Au bénéfice de la crise? Pour un projet d’économie sociale et solidaire"), dont une partie du moins s'est toujours présentée comme une alternative à l'économie capitaliste, ne bénéficie plus depuis longtemps d'une pareille attention des hauts responsables politiques et administratifs français et européens. On ne s'en étonnera guère.