Les mutuelles d’assurance face à la crise : au-delà des garanties contractuelles

Le maintien des Français à leur domicile pendant la crise sanitaire a eu des effets contrastés sur l’activité assurantielle. Tandis que les assureurs des  entreprises devaient s’attendre à amortir les dommages subis par leurs adhérents en cessation d’activité, la sinistralité automobile ainsi que les vols et les  cambriolages diminuaient considérablement. Estimant que la régression des sinistres automobiles lui permettrait d’économiser 100 millions d’euros, la Maif a décidé de les redistribuer à ses sociétaires. Chaque sociétaire a eu le choix de percevoir une ristourne de 30 euros ou de reverser cette somme à la  Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France (HP-HF), à l’Institut Pasteur ou au Secours populaire.
La ristourne de la Maif (la dernière remonte à 1995) n’a pas fait d’émules parmi les autres mutuelles d’assurance qui n’ont pas manqué de souligner que leur sociétariat était plus vulnérable dans cette situation de confinement que celui de la Maif, qui comprend de nombreux fonctionnaires. Certaines ont  cependant pris des mesures solidaires extra-contractuelles.
La Macif a ainsi créé un dispositif « Prestation Solidarité Chômage » et abondé son fonds Solidarité Macif et son fonds d’action sociale, versé à la Fondation HP-HF. La Matmut a gelé ses tarifs d’assurance des véhicules pour 2020 et 2021, et accordé une remise sur la cotisation automobile de ses assurés en  recherche d’emploi. Il reste que l’initiative de la Maif est inégalée quant au montant redistribué, et qu’en donnant à ses sociétaires le choix de faire acte de solidarité elle leur a aussi offert l’opportunité de se sentir mutualistes.