Vers une mondialisation de l'économie et de la finance sociale et solidaire

Quatre ans après la dernière rencontre internationale des acteurs de l'économie sociale et solidaire (ESS) de 2009 à Luxembourg, le RIPESS a tenu une autre grande conférence du 15 au 18 Octobre à Manille où INAISE fut invité en tant que réseau devenu membre du RIPESS lors de la conférence de Luxembourg où INAISE avait tenu son Assemblée Générale Annuelle.

Plus de 600 personnes, venues de plus de 30 pays différents, ont participé à cette 5ème rencontre internationale. Il en fut de même pour la conférence d'INAISE tenue à Oaxaca fin mai 2013. Ces chiffrent montrent que ces deux réseaux ont vraiment un rayonnement mondial. Le RIPESS, Réseau Intercontinental de Promotion de l'ESS, a associé sa rencontre internatio-nale avec une réunion du forum des lea-ders de l'ASEAN (Association des Etats du South-East Asiatique), permettant ainsi un échange avec des représentants des gouvernements asiatiques "sur les approches alternatives au modèle de développement néolibéral, soulignant le rôle crucial que l'économie solidaire peut jouer lorsqu’elle est prise au sérieux", comme Jason Nardi du RIPESS Europe a exprimé.

Pendant ces quatre jours, il y avait beau-coup de thèmes et une diversité dans la manière des la approcher. Il est apparu clairement qu'il y a une nécessité de trou-ver les éléments communs qui définissent une vision globale de ce que l'ESS repré-sente. Chaque continent semble avoir des priorités différentes. Par exemple, l'Amérique du Sud souligne l'importance de l'action collective, de l'autogestion démo-cratique et du changement systémique profond, alors que l'Asie se concentre davantage sur une croissance inclusive fondée sur le développement des micros et petites entreprises. Le débat sur une vision globale a tourné autour de la définition de l'ESS, ses critères, sa relation avec le capitalisme et sa conception diffé-rente du développement et de la crois-sance. Bien qu'il existe encore des points de vue différents, Manille a vu l'émer-gence de certaines perceptions com-munes qui peuvent aider à la construction d'une vision. Cela commence par des

valeurs partagées et une position claire contre l'agenda néolibéral. Une série d'articles sur ces questions a été produite (bientôt disponible en ligne sur le site Ripess.org).

Une partie des débats théoriques était provocante (ou des idées utopiques?) car elle montrait l'approche différente de ces acteurs: Ben Quiñones, coordonnateur du RIPESS intercontinental, a appelé à la création de «Zones Écosystèmes d’Éco-nomie Sociale et Solidaire», en réponse aux Zones de libre-échange que de nom-breux gouvernements ont accordé aux sociétés multinationales pour attirer des investissements. Ekkehart Schmidt-Fink (Etika et INAISE) a suggéré l'idée qu'une banque sociale mondiale soit créée. INAISE est déjà un réseau global de finance sociale et solidaire grâce à ses membres venant de tous les continents. Manille pourrait alors être pour RIPESS ce qu’Oaxaca fut pour INAISE : le lieu où les idées ambitieuses ont globalisées des objectifs et des valeurs communes.

Ekkehart Schmidt-Fink Etika et administrateur d’INAISE

Source : l'excellente lettre d'information d'Inaise