Pourquoi les femmes gagnent moins que les hommes dans les entreprises sociales

Malgré un taux de féminisation élevé, les écarts de salaire entre hommes et femmes cadres sont de mises dans l'économie sociale et solidaire. Guillaume Chocteau, délégué général de Ressources Solidaires, propose quelques pistes d'explication.

Je ne serais pas celui qui jettera l'anathème sur le secteur de l'économie sociale et solidaire (ESS), suite à l'enquête de l'Agence pour l'emploi des cadres (Apec) sur les salariés de l'ESS. Mais légitimement, nous pouvons nous interroger: pourquoi les écarts de salaire entre hommes et femmes cadres, observés dans l'ensemble du secteur privé, se retrouvent-ils également dans l'ESS -alors même que le taux de féminisation y est très élevé? 

Le salaire des hommes cadres est, dans l'ESS, supérieur, en moyenne, de 21% à celui des femmes cadres, soit un écart identique à celui observé pour les cadres du privé.

 La première constatation est que la déclaration de la vertu ne suffit pas, malheureusement. Les bonnes intentions n'ont pas plus permis dans l'ESS que dans les sociétés capitalistes d'apprécier les compétences sans prendre en compte la sexualité du détenteur. Il est complexe de savoir réellement pourquoi un tel écart, mais on peut néanmoins dresser des pistes de réflexion.

L'économie sociale et solidaire est coupée en deux

L'enquête de l'Apec avance l'idée de parcours différencié entre hommes et femmes. Certes, mais il faut aller plus loin. L'économie sociale et solidaire est coupée en deux: une économie sociale instituée, institutionnelle, puissante économiquement, intervenant sur les mêmes marchés que les concurrents capitalistes. Et une économie sociale moins instituée, moins puissante économiquement, relevant de missions d'intérêt général, proche des territoires.

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