Ph. Mangin (Coop de France) interpelle B. Hamon et S. le Foll

Philippe Mangin, président de Coop de France, a présenté les chiffres de la coopération agricole lors d’une conférence de presse et a vertement interpellé le ministre de l'ESS et de la consommation comme celui de l'agriculture. Un article de Sylvain Aubril sur lsa.com le 11/12/13. 

[...] c’est d’abord l’affaire du CICE qui le fait bondir. Les ministres lui ont promis moult fois cette niche fiscale qui profite déjà à la distribution et l’industrie privée. Sans résultat, Bruxelles s’y opposerait au motif que les coopératives ne paient pas d’impôt sur les sociétés, sur lequel le CICE est accroché par la loi, même si s’agit de baisser les charges sociales pour les salaires jusqu’à 2,5 smic. [...] Le manque à gagner pour les coopératives est de 116 millions d’euros. Le plus étonnant, dans cette affaire, est que les filiales des coopératives, assujetties à l’IS, y ont droit !

[...] Benoît Hamon a eu lieu à un traitement à peine plus doux. "Le fait de mentionner obligatoirement la date d’application des nouveaux tarifs résultant des négociations est une bonne chose, mais nous n’avons pas obtenu que pour chaque réduction, soit mentionnée la contrepartie correspondante. Il y aura donc des problèmes d’interprétation de la loi. Or, les négociations sont d’une extrême violence". Les 13 milliards de fiscalité qui vont peser sur le pouvoir d’achat des ménages et la publicité de Leclerc dans les grands quotidiens refusant les hausses de prix ? "Le discours de Michel Edouard Leclerc est d’une démagogie et d’un populisme inacceptable. Il continue à faire des promesses de baisse alors que l’industrie doit prendre en charge alors qu’elle est devenue le maillon faible. On ne peut pas baisser encore les prix. On fait les frais du combat entre Leclerc et Carrefour, c’est un marchandage insupportable".

Même avec des marges faibles et le dépôt de bilan de Gad, la coopération agricole a continué de se consolider en 2013. 87 opérations de fusions et acquisitions ont été réalisées, portant le chiffre d’affaires à 84,3 milliards d’euros, en hausse de 1%. Quelque 600 millions d’euros de volume d’affaires ont été acquis, tel que les rachats de Pom’alliance par Cap Seine, Lucien Albrecht par Eguisheim, Bakhavor par Agrial, qui absorbe également Senoble et les activités laitières d’Eurial…sans oublier l’acquisition des filiale saumon de Norway Foods par Delpeyrat (Maisadour). En revanche, 300 millions d’euros ont été cédés, notamment l’activité surgelés de la Cecab, ou encore les cessions de Terra Lacta à Bongrain, sans oublier la fermeture d'une usine de Gad. Philippe Mangin appelle d'ailleurs le secteur de l'abattage à se regrouper "pour saturer les outils"..