L’ESS au ministère de la Transition écologique et solidaire

Au revoir Bercy. Les cinq années de rattachement de l’économie sociale et solidaire (ESS) au ministère de l’Economie cèdent le pas à une nouvelle configuration. L’ESS est désormais rattachée au ministère de la Transition écologique et solidaire. Dans les missions de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, l’ESS arrive en troisième position, après le développement durable (et ses nombreuses thématiques associées) et le climat. Il est « chargé de la promotion et du développement de l’économie sociale et solidaire. » Cependant, il devra conduire cettepolitique en lien avec Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, qui « participe à la préparation et à la mise en œuvre de la politique de développement de l’économie sociale et solidaire. » Nicolas Hulot devra également être en lien avec Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, pour ce qui est de la politique à l’égard des associations et avec Muriel Pénicaud, ministre du Travail, pour ce qui est de la politique de l’insertion par l’activité économique... Au total, cinq ministres ont des compétences sur l’ESS ou sur une partie de celle-ci.

Jean-Louis Cabrespines, membre du Conseil économique social et environnemental (CESE), se demande, sur un plan conceptuel, s’il s’agit là d’une nouvelle approche de l’ESS, jusqu’alors expliquée comme un « mode d’entre­prendre », et désormais envisagée comme une « économie de la transition » plus diffuse. Plus prosaïque, l’Union des employeurs de l’ESS (Udes), a estimé que la nouvelle configuration ne garantissait pas de représentation politique satisfaisante de l’ESS. D’où sa demande : la création d’un secrétariat d’Etat dédié à l’économie sociale et solidaire, afin de créer un interlocuteur visible et identifié au sein de ce ministère de la Transition écologique et solidaire aux compétences étendues, et auquel la délégation interministérielle à l’économie sociale et solidaire, créée sous la précédente mandature, pourrait être adossée.
A défaut de réponse positive, ni clairement négative, suite aux élections législatives et à la recomposition du gouvernement et des cabinets, les hypothèses restent en suspens.