Les mutuelles s’opposent...

Cependant, l’avenir de l’Assurance maladie n’est pas si dégagé, dans la mesure où il se construit au fil des compromis signés avec les professionnels de santé et les organismes complémentaires. L’envolée des dépenses dentaires et ophtalmologiques, et plus largement des dépassements d’honoraires, pèse lourdement sur les assurés. D’ores et déjà, les organismes gestionnaires de la ­c omplémentaire santé regroupés dans l’Unocam, dont les mutuelles, ont déclaré qu’ils ne signeraient pas en l’état la nouvelle convention médicale, car des incertitudes subsistent sur les modalités et l’ampleur de leur participation financière.

De la même façon, la Mutualité française a signifié son opposition aux contrats seniors, dont les dispositions  sont inscrites dans l’article 33 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2016. Ces contrats doivent offrir des garanties santé minimales (sous la forme d’un panier de soins) à des tarifs plafonnés pour les plus de 65 ans. Les mutualistes s’opposent d’abord à une nouvelle segmentation de la protection sociale qui constitue, selon Thierry Beaudet, président de la Fédération nationale de la Mutualité française (FNMF)  (Les Echos, 30 septembre 2016.) , une atteinte au principe de la solidarité entre les générations et entre malades et bien-portants, le seul à même de garantir la viabilité financière d’une mutuelle.

Ensuite, les mutuelles critiquent l’effet de dumping de ces contrats proposant des prestations inadéquates aux besoins de la population visée, et à un tarif non soutenable sur le long terme.

Les mutuelles expriment la crainte que ces mesures, qui ne leur laissent guère de latitude pour établir leur politique tarifaire, fragilisent leur modèle économique.