Financement des associations: résultats de l’enquête et propositions de la CPCA et de France Active

Les associations, acteurs centraux de la cohésion sociale et force économique majeure du pays, sont aujourd’hui fragilisées par de fortes contraintes budgétaires et institutionnelles. Pour faire face à ce contexte en pleine mutation, elles doivent faire évoluer leurs modèles économiques. Mais pour changer sans se dénaturer et tout en préservant leur utilité sociale, il est impératif qu’elles bénéficient d’un environnement budgétaire et institutionnel favorable à leur développement, ouvert et sécurisant. La CPCA et France Active ont sollicité l’ensemble des responsables associatifs pour répondre à une grande enquête inédite sur les besoins de financements : « Associations, comment faites vous face à la crise ? » dont l’objectif est de mieux cerner les problématiques financières auxquelles elles sont confrontées afin de proposer des évolutions.

Tendances d’évolution des financements publics entre 2009 et 2010 :

Une baisse des financements publics, notamment de l’Etat, avec une plus grande stabilité des financements des communes et intercommunalités : 69 % des associations interrogées indiquent en effet qu’au moins un de leur financeur a baissé sa contribution de façon significative entre les deux derniers exercices. Les baisses les plus fréquentes concernent l’Etat et dans une moindre mesure les régions et les départements.

Un recentrage des financements publics, vers certains secteurs d’activité en fonction des priorités ou des domaines de compétences de chaque niveau de collectivités locales. Un recentrage qui s’effectue au détriment de certains secteurs comme la solidarité internationale, la culture, la défense des droits.

Le recours important des financeurs publics au marché public freine l’initiative associative, souvent par méconnaissance de la règlementation européenne. Plus de 21% des associations interrogées ont conclu au moins un marché public.

Trésorerie et relations avec les banques

45% des associations interrogées sont concernées par les difficultés de trésorerie, notamment dans certains secteurs tels que le développement rural (65%), la défense des droits et causes (62%), le développement économique (61%) et la culture (55%). Pour y répondre, elles utilisent très rarement des solutions pérennes comme les apports en fonds propres.

Pour assurer sa pérennité, une association a besoin d’investir et de recourir à l’emprunt bancaire pour ne pas dégrader sa trésorerie. Or pour financer leurs investissements, 71% des associations de l’échantillon déclarent recourir, en premier, à leurs ressources propres puis à des solutions de subventions d’investissement publiques ou privées.

Les petites associations ont plus de difficultés d’accès aux emprunts ce qui peut s’expliquer par la frilosité des banquiers et par les freins culturels des dirigeants. A titre d’exemple, 60 % des associations de moins de 150k€ de budget déclarent n’utiliser aucun produit financier.

Les plus importantes bénéficient d’une relation de qualité avec leur banquier et peuvent accéder aux emprunts moyen et long terme pour la réalisation d’un investissement. Si près de la moitié des associations (48%) déclarent bénéficier d’une relation de qualité avec leur banquier, seules les associations les plus importantes (à partir de 2M€ de budget) bénéficient de crédits long terme (immobilier).