Article Recma

L’économie solidaire dans la métropole lilloise : nouveaux consensus, nouvelles fractures

A partir d’entretiens réalisés auprès des acteurs se revendiquant de l’économie solidaire au sein de la métropole lilloise, cet article met à jour les dynamiques locales émergeantes portées par ces structures, et s’interroge sur la portée des recompositions du champ de l’ESS qu’elles peuvent favoriser localement. Ainsi, l’ensemble des acteurs interrogés relève la très forte valorisation de l’entrepreneuriat, l’importance de l’hybridation de leurs ressources ou encore la référence désormais incontournable au territoire. Néanmoins, de nouvelles fractures apparaissent, liées à la capacité (ou non) des structures à se ménager des espaces d’autonomie. Le statut coopératif (ou non), l’organisation du travail et le rapport à la mobilisation politique apparaissent comme des variables majeures de différenciation des structures.

 

Numéro de revue: 
349
Année de publication: 
2018
Auteur(s): 
Paul Cary, Caroline Senez

Questionner les relations en reconfiguration permanente entre ESS et pouvoirs publics

Créée pour stimuler la production de connaissances sur l’économie sociale, notamment par le biais de données statistiques et chiffrées, l’Association pour le développement des données sur l’économie sociale (Addes) a consacré son 27e colloque aux « relations entre l’économie sociale et solidaire et les pouvoirs publics ».

De la partition du fait associatif à la loi de 2014 affirmant l’unité de l’économie sociale et solidaire : l’histoire d’une construction politique

Par la partition du fait associatif, l’État a cherché à se prémunir contre la potentielle influence, notamment politique, du mouvement associatif. Au sortir de la Révolution française, la dynamique associative est en effet multiple, et ce que l’on nomme aujourd’hui les familles de l’économie sociale (mutuelles, coopératives, associations) n’a pas de réalité : ces groupements de personne, véritables corps intermédiaires, sont multifonctionnels. Le législateur va choisir de leur assigner des intérêts et rôles spécifiques (la partition), s’assurant ainsi le monopole de l’intérêt général. Retraçant cette histoire, l’article questionne la façon dont on peut appréhender la loi du 31 juillet 2014 : est-ce une nouvelle position du législateur qui a émergé ou peut-on y voir les traces d’une continuité historique ?

 

Numéro de revue: 
349
Année de publication: 
2018
Auteur(s): 
Anne Fretel

Les mutuelles de santé face à la réglementation européenne : une banalisation de l’identité mutualiste ?

Que ce soit au travers des régimes de sécurité sociale ou de façon plus informelle, l’histoire montre que les mutuelles de santé ont toujours pris part de façon active à l’organisation de la couverture de la population, forgeant un esprit et une identité caractérisés par des valeurs de solidarité, de démocratie et de non-lucrativité. Cependant, cette consécration des mutuelles au niveau national n’a pu résister à la pression du droit européen de la concurrence, qui tend à en faire des entreprises comme les autres. L’identité mutualiste se voit alors renvoyée à une forme d’organisation et à un certain type de missions. Cet article montre comment la redéfinition de la non-lucrativité en droit européen pourrait permettre de restaurer l’esprit mutualiste et une identité fondée sur ses valeurs historiques.

 

Numéro de revue: 
349
Année de publication: 
2018
Auteur(s): 
Olivier Boned, Romain Guerry, Luc Pierron

Construire les PTCE comme des communs sociaux : quel rôle pour les pouvoirs publics ?

Cet article montre comment les Pôles territoriaux de coopération économique (PTCE) peuvent constituer des communs sociaux, définis par les auteurs comme des communs associés à des ressources sociales telles que la santé, l’emploi, l’éducation ou encore la culture, avec une visée universaliste quant à leur accès. Si les pouvoirs publics centraux sont intervenus en 2014 au niveau méta-institutionnel en définissant un cadre institutionnel des PTCE qui n’est pas forcément propice à l’émergence de tels communs, les collectivités locales, elles, interviennent en tant que parties prenantes, au niveau intra-institutionnel, en participant à l’élaboration des règles du PTCE avec des postures plus ou moins facilitantes. Cet article étudie les modalités d’intervention des pouvoirs publics pour favoriser une évolution des PTCE vers de véritables communs sociaux.

 

Numéro de revue: 
349
Année de publication: 
2018
Auteur(s): 
Hervé Defalvard, Geneviève Fontaine

L’économie sociale et solidaire en Tunisie, un potentiel troisième secteur ?

Érigée par le gouvernement au rang de préoccupation prioritaire dans le plan de développement 2016-2020, l’économie sociale et solidaire (ESS) se trouve à l’aube d’une période de grande expérimentation en Tunisie. Le secteur dispose de véritables atouts : un ancrage sur l’ensemble du territoire, une offre importante de travail bénévole, une connaissance intime du terrain et un potentiel de création d’emploi, de richesses et d’utilité sociale. Ces atouts sont toutefois contrebalancés par des faiblesses importantes : une forte spécialisation sectorielle, un poids économique marginal, des acteurs de petite taille, des ressources humaines non qualifiées, des problèmes de gouvernance et un accès limité au financement. Cet article tente de déterminer à quelles conditions l’ESS pourrait constituer un troisième secteur à part entière, à mi-chemin entre l’État et le marché.

Numéro de revue: 
349
Année de publication: 
2018
Auteur(s): 
Fathi Elachhab

Faire vivre une ONG au Niger, entre précarité des ressources financières et instabilité des ressources humaines

Au Niger, le nombre d’ONG a connu une croissance spectaculaire depuis les années 1990. Mais peu d’entre elles ont consolidé une organisation et un savoir-faire. La plupart vivotent ou enchaînent des hauts et des bas. À partir d’entretiens approfondis avec des responsables de ces structures, cet article montre que, malgré les discours soutenant le rôle des ONG nationales dans le développement et l’évolution des flux d’aide en leur faveur, les associations nigériennes, situées en bas de la chaîne de l’aide, sont soumises à une double précarité : financière et en termes de ressources humaines, qui explique en partie leurs difficultés récurrentes d’institutionnalisation. L’article apporte ainsi un éclairage sur le développement d’un secteur de l’économie sociale dans un contexte de crise de l’emploi et de bureaucratisation de l’aide internationale, sur fond de politiques néolibérales.

 

Numéro de revue: 
349
Année de publication: 
2018
Auteur(s): 
Philippe Lavigne Delville

Éduquer à la solidarité : les rapports entre l’ESS et l’éducation en France du XIX e siècle à nos jours

Cet article étudie les liens entre l’Éducation nationale, l’éducation populaire et l’économie sociale et solidaire (ESS) en France du XIX e siècle à nos jours, et montre la transition d’une démarche de solidarité en faveur de l’éducation à la volonté de promouvoir une éducation à la solidarité. De 1820 à 1870, les précurseurs de l’ESS et de l’éducation populaire se sont révélés être des militants de l’éducation (I). De 1880 à 1930, à partir du moment où l’instruction publique est devenue accessible à tous et où les structures de l’ESS ont été autorisées, ces dernières ont cherché à influencer l’éducation selon leurs conceptions de la solidarité (II). Après la Seconde Guerre mondiale, l’ESS et l’éducation populaire semblent s’être développées de manière distincte de l’Éducation nationale, bien que des partenariats demeurent en vue d’éduquer à la solidarité (III).

 

Numéro de revue: 
348
Année de publication: 
2018
Auteur(s): 
Olivier Chaïbi

Former des cadres dans un contexte de pauvreté : étude d’une formation universitaire en économie sociale au Burkina Faso

Cet article analyse la formation MEGEES (maîtrise en économie et gestion des entreprises d’économie sociale et solidaire), une formation professionnalisante présentant une histoire et une configuration particulières, créée au sein de l’Université Ouaga II en 2006. Les auteurs détaillent les conditions et processus d’émergence de la formation, née grâce à un partenariat de recherche interuniversitaire Nord-Sud portant sur l’économie sociale et sa structuration au Burkina Faso, pays où le secteur de l’économie sociale et solidaire (ESS) est récent (I). Puis, ils analysent les enjeux et débouchés de cette formation qui vise à insérer des cadres sur le marché de l’emploi local (II), avant de présenter les résultats de l’enquête réalisée en 2017 auprès des diplômés des neuf premières promotions de la MEGEES (III).

 

Numéro de revue: 
348
Année de publication: 
2018
Auteur(s): 
Jean-Baptiste Zett, Théodore Jean Oscar Kaboré

Renouer avec l’idéal démocratique dans les coopératives ivoiriennes grâce à la formation

Cet article analyse les pratiques et les enjeux de la formation aux valeurs de citoyenneté et de démocratie initiée dans les coopératives ivoiriennes depuis 2010. L’étude réalisée par l’auteur en 2016 auprès de 185 acteurs répartis dans cinq coopératives de café et de cacao montre que la quasi-totalité d’entre elles sont confrontées à l’hégémonie de certaines catégories d’acteurs pour leur gestion et connaissent des problèmes de leadership ou de mauvais positionnement des rôles dans l’organigramme. Les programmes de formation aux principes de citoyenneté et de démocratie, en favorisant l’appropriation des valeurs et des règles coopératives en matière d’égalité des droits pour tous, renforcent l’engagement des coopérateurs en même temps que leurs performances économiques.

 

Numéro de revue: 
348
Année de publication: 
2018
Auteur(s): 
Christophe Adouobo N’DOLY