Elinor Ostrom

En quête du commun

Ce numéro 345 comprend un dossier issu des rencontres du Réseau inter­ universitaire en économie sociale et solidaire de Montpellier (RIUESS 2016) et trois articles portant respectivement sur les mutuelles de santé au Sénégal, le secteur sans but lucratif en Chine et la participation des salariés dans les coopératives de consommateurs.

La part sociale coopérative, un exemple de propriété commune

L’émergence de la notion de « bien commun » dans les travaux d’Elinor Ostrom incite le juriste à observer les conditions dans lesquelles peuvent s’établir des formes de propriétés communes. Si de nombreux projets ont vu le jour en ce sens, il convient de faire une place au droit des sociétés coopératives qui constitue une proposition stimulante. La question de la propriété y est, en effet, saisie de manière originale, et confère à ces sociétés un caractère durable et propice aux communs. Mobilisant les attributs classiques de la propriété en droit civil, cet article étudie les liens entre le coopérateur et sa part sociale et montre comment le rapport des personnes aux choses cède la place à un régime juridique soucieux du rapport entre les membres, relativement à la coopérative à laquelle ils participent.

Numéro de revue: 
345
Année de publication: 
2017
Auteur(s): 
Pierre Francoual

"Autour d'Ostrom communs, droits de propriété et institutionnalisme méthodologique", Revue de la Régulation, Capitalisme, institutions, pouvoirs.

Ce numéro 14 de la revue comporte un dossier Autour d’Ostrom : communs, droits de propriété et institutionnalisme méthodologique, accompagné d’une partie Varia, ainsi que des notes de lecture très substantielles et plusieurs articles Opinions - débats. Ce dossier est original à bien des égards et devrait intéresser, au-delà du thème des communs, les chercheurs se référant à une approche institutionnaliste historique. Les autres contributions, si elles ne sont pas des articles académiques stricto sensu, participent aussi à la recherche et au débat d’idées et constituent bien une production du chercheur. Après avoir longtemps été confinés à l’hétérodoxie, les débats qui parcourent ces textes sont devenus ceux de toute l’analyse économique : quels sont les liens entre l’extension planétaire du capitalisme et ses transformations propres ? Quels sont les effets, sur la longue durée, de la concentration du capital ? Comment contrôler l’instabilité financière qui découle de cette concentration?

"Autour d’Ostrom : de l’analyse institutionnelle à la diversité des communs", 14e livraison de la Revue de la Régulation

"Nous proposons en primeur de la 14e livraison de notre revue – qui comportera un dossier Autour d’Ostrom : de l’analyse institutionnelle à la diversité des communs – des notes de lecture très substantielles, des articles « opinions - débats » ainsi que la partie Varia du numéro. Nous mettons ainsi notamment en avant des contributions qui, si elles ne sont pas des articles académiques stricto sensu, participent à la recherche et au débat d’idées et constituent aussi une production du chercheur. Après avoir longtemps été confinés à l’hétérodoxie, les débats qui parcourent ces textes sont devenus ceux de toute l’analyse économique : quels sont les liens entre l’extension planétaire du capitalisme et ses transformations propres ? Quels sont les effets, sur la longue durée, de la concentration du capital ? Comment contrôler l’instabilité financière qui découle de cette concentration ?"....

"Design and Dynamics of Institutions for Collective Action", Utrecht (Pays-Bas), 29 nov-1 dec

Du 29 novembre jusqu'au 1er décembre 2012, une conférence se tiendra à l'Université d'Utrecht sur ​​le thème de la conception et la dynamique des institutions d'action collective . La conférence aura lieu en l'honneur du professeur Dr Elinor Ostrom. Les chercheurs de toutes les sciences sociales, y compris l'histoire, sont invités à présenter des communications sur les "communs" et l'évolution des institutions d'action collective dans une perspective comparative.

Gouvernance des biens communs, pour une nouvelle approche des ressources naturelles

Elinor Ostrom, 1990, trad. française 2010, Editions De Boeck.

La pensée économique dominante conclut, au mieux, à l’inefficacité économique de « l’action collective […] des individus utilisant des ressources communes », au pire, à l’épuisement de ces biens communs, à moyen ou long terme. Il en ressort une alternative politique : la privatisation de ces biens (acteurs individuels ou firmes) ou leur contrôle par l’Etat (contrôle direct, nationalisation, ou indirect, régulation extérieure de l’action). Dans son ouvrage, Gouvernance des biens communs (dont sont tirées les citations de cette note), Elinor Ostrom (« Nobel » d’économie 2009) critique tant les modèles « métaphoriques » à la source de cette vision pessimiste, qui culmine dans la « tragédie des biens communs » (Garret Hardin), que les solutions qui s’inscrivent dans l’alternative Marché-Etat. S’appuyant sur ses propres travaux et enquêtes sur le terrain, comme sur les données d’autres auteurs, Ostrom met en avant les solutions « de l’auto-organisation et de l’auto-gouvernance dans les situations de ressources communes ». Solutions pragmatiques, efficaces et durables dans suffisamment de cas pour que l’auto-organisation apparaisse non pas comme une utopie politique mais comme une pratique d’action collective qui répond à une large palette de problèmes économiques.

ESS et biens communs, un même coin entre « l’Etat et le marché » ?

Le 23 juin 2011, la Macif accueillait à Paris une rencontre, organisée par l’Escem, le Cnam, le Ciriec France et le Riodd (Réseau international sur les organisations et le développement durable), autour d’Elinor Ostrom, prix Nobel d’économie 2009, pour ses travaux sur les « biens communs » (voir l’éditorial du numéro 314 de la Recma et la note de Luc Bonet dans la Recma n° 320). Une centaine de chercheurs et de dirigeants de l’économie sociale française ont pu initier un échange de vues avec la prestigieuse représentante de l’école de Bloomington à l’occasion de deux tables rondes sur les thèmes « Economie sociale et biens communs, biens immatériels » et « Economie sociale et collectifs auto-organisés, gouvernance et régulation ». Si la fraîcheur de l’économiste, qui interrompit la présentation d’Alain Arnaud, président du Ciriec France, en s’interrogeant sur la « nonlucrativité » de la structure hôte, n’a pas permis d’alléger un programme trop dense, des liens sans aucun doute féconds ont été noués entre des communautés de chercheurs aux préoccupations connexes, mais divergentes du point de vue terminologique et méthodologique.