entrepreneuriat social

La Mutualité de la fonction publique et l'ESS

La Revue de la mutualité de la fonction publique (MFP) consacre son dossier de septembre à l'économie sociale : "vers de nouvelles politiques publiques?". Au sommaire, une intéressante interview de Benoit Hamon où il réaffirme son refus du "social washing", un article de Michèle Dessenne sur le récent rapport de Marie-Noelle Linemann, et un long entretien avec Jean-François Draperi qui réaffirme, lui aussi, qu'en "l'absence d'une pensée propre,

Fonds d'entrepreneuriat social européen: "l’objectif est de permettre au monde de la finance de faire évoluer son image"

"Les institutions européennes, notamment le parlement européen, doivent permettre à l’entrepreneuriat social d’aller vers un autre modèle économique, et soutenir les acteurs dans leur recherche de nouvelles sources de financements. C’est pourquoi nous avons proposé un label pour les fonds d’investissement. Ces derniers doivent être en mesure de répondre aux besoins de financement des activités sociales, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. L’objectif est de permettre au monde de la finance de faire évoluer son image et d’aller dans le sens de la solidarité. C’est très important. La recherche du profit ne doit plus être l’alpha et l’oméga du monde de la finance et ce dernier a un réel rôle à jouer dans le développement de l’économie sociale et solidaire." Interview de Sophie Auconie, Députée européenne, auteur du rapport relatif aux Fonds d’entrepreneuriat social européen, sur Avise.org

"Economie sociale/entrepreneuriat social": éclairer le débat par la recherche

Si le débat ouvert par l’émergence en France du concept d’entrepreneuriat social manque de clarté et confine souvent au dialogue de sourds c'est peut-être parce qu'il n'a pas suffisamment été éclairé par une tentative de réponse à une question simple et pourtant  essentielle: "De quoi s’agit?". Nous l'écrivions ici-même, en février 2010, après que Hugues Sibille, ancien Délégué interministériel à l’économie sociale, eut lancé un pavé en adressant une lettre ouverte à ses "amis dirigeants de l'économie sociale" dans laquelle il affirmait que "L’entrepreneuriat social peut permettre de rénover et faire reconnaître une Economie sociale sans rivage". Il se déclarait favorable à "une organisation réunifiée et rénovée, structure représentative nationale de l’Economie sociale et solidaire, Mouvement des entrepreneurs sociaux à cette organisation rénovée, à court terme à une démarche commune de l’économie sociale et de l’entrepreneuriat social », notamment pour la " revendication d’un secrétariat d’Etat à l’Economie sociale et solidaire rattaché à Bercy après les Régionales ». Nous écrivions alors: "Le débat promet d'être ardu. Son promotteur reconnaît lui-même que "Economie sociale et entrepreneuriat social ne sont pas synonymes" et que ce dernier doit être encore précisé".  La dispute n’a pas tardé, en effet. Et  elle n'est pas innocente. On trouve une illustration de sa vigueur dans l’analyse particulièrement éclairante, publiée par Jean-François Draperi, en février  2010: "L’entrepreneuriat social, un mouvement de pensée inscrit dans le capitalisme" (RECMA, février 2010). Pour certains acteurs de l'économie sociale - et non des moindres-, son issue risque de remettre en cause les résultats positifs de la longue lutte pour la reconnaissance du droit à l'existence d'une manière d'entreprendre qui n'est ni celle du capitalisme, ni celle de l’Etat.

Reprise en Scop, banque publique d'investissement, non au "socialwashing" et label pour les entreprises sociales: Benoît Hamon agite l'ESS

Les sorties de Benoit Hamon ne passent pas inaperçues. Le 28 juin, au Groupe Chèque déjeuner, après avoir prévenu qu'il serait "vigilant au socialwashing", comme il avait fallu l'être à l'égard du "greenwashing", il a déclaré vouloir inscrire dans une loi le droit préférentiel de reprise d'une entreprise par ses salariés, projet porté notamment par l'AP2E depuis plus d'un an, et de nouveau évoqué le lendemain lors de sa visite du Groupe Vitamine T à Lille. Le ministre espère par ailleurs obtenir une part importante des futurs crédits distribués par la Banque publique d'investissement (BPI). Une somme qui pourrait atteindre 500 millions d'euros. Mais attention, « si nous avons les 500 millions d'euros de la BPI, il faudra s'en servir beaucoup mieux que les 100 millions que nous avons obtenus du grand emprunt et qui ont été une vraie usine à gaz », prévient Claude Alphandéry dans l'article des Echos consacré au déplacement du ministre. Lors de ce passage dans une entreprise phare du Mouves, le ministre a également annoncé la création d’un label pour les entreprises de l’économie sociale et solidaires (ESS) dans le cadre de la future loi cadre de l'ESS qui devrait voir le jour en 2013. Ce label permettrait de reconnaître la spécificité du projet des entreprises sociales, en s’appuyant sur des valeurs et dépassant ainsi la seule question des statuts.