histoire

Autogestion hier, aujourd’hui, demain

Lucien Collonges (coord.). Editions Syllepse, 2010.

En ces temps de débat résolument dynamique et moderne sur l’évolution de l’économie sociale vers l’entrepreneuriat social, il est délicieusement ringard de rendre compte d’un livre qui interroge l’économie sociale sur ses rapports avec l’autogestion. Autogestion, hier, aujourd’ hui, demain est un ouvrage de sept cents pages réalisé par un collectif, Lucien Collonges, très proche des Alternatifs, ce petit parti politique né en 1997 dont l’autogestion est un des quatre piliers, avec la solidarité, l’écologie et le féminisme (www.alternatifs.org).

Une association de tourisme social face à la professionnalisation du secteur : Tourisme et Travail

Association de tourisme social, Tourisme et Travail a été, entre militantisme et professionnalisation, à l’intersection du mouvement syndical et du marché du tourisme. Dès le départ, l’association a présenté une ambiguïté entre les caractéristiques d’un mouvement associatif et les éléments techniques d’une organisation de services. Les éléments de professionnalisation se renforcent pourtant au cours des années 70, allant de pair avec une évolution entrepreneuriale. Les années 80 marquent à la fois l’apogée de cette évolution et une crise profonde de Tourisme et Travail, qui doit être mise en perspective avec les problèmes plus larges des associations de tourisme social. Cette expérience et ces problèmes posent la question d’un modèle français du syndicat entrepreneur social.

Numéro de revue: 
318
Année de publication: 
2010
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PDF icon Recma318_090103.pdf413.35 Ko
Auteur(s): 
Sylvain Pattieu

Une remise en question de l’"opulence": le mouvement coopératif britannique après la Seconde Guerre mondiale

Bien qu’au cours des dernières décennies les chercheurs aient témoigné d’un regain d’intérêt pour l’histoire de la « société de consommation », il est étonnant de constater que le rôle qu’ont joué les coopératives de consommateurs en Grande-Bretagne reste peu étudié. Un tel oubli n’est pas sans conséquence, dans la mesure où le mouvement coopératif a, depuis sa naissance au xixe siècle, beaucoup contribué à améliorer la situation matérielle des consommateurs issus des classes ouvrières. L’histoire de ce mouvement apporte ainsi un éclairage spécifique sur des processus sociaux et économiques plus larges. Cet article se propose d’étudier comment les consommateurs ouvriers britanniques organisés ont répondu au développement de la consommation de masse durant la période qui a suivi la Seconde Guerre mondiale. Nous nous intéresserons plus particulièrement aux relations entre le mouvement coopératif et le Parti travailliste afin d’expliquer comment celles-ci ont pu influer sur la vision que les associés coopérateurs ont du marché et de la manière dont il devrait être régulé dans l’intérêt des consommateurs.

Numéro de revue: 
318
Année de publication: 
2010
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PDF icon Recma318_071089.pdf485.33 Ko
Auteur(s): 
Peter Gurney

100 ans de coopération à Saint Claude : "De l'utopie à l'entreprise" les 26-28 nov 2010

La Fraternelle et la maison du peuple de Saint-Claude fêtent leur centenaire le 18 septembre. Trois jours d'études "De l'utopie à l'entreprise. Imaginaires et réalités de la coopération ouvrière en Europe. Du 19e au 21e siècle." sont organisées les vendredi 26, samedi 27 et dimanche 28 novembre 2010.

Droit coopératif, es-tu là ?

L’environnement juridique français des sociétés coopératives est aujourd’hui l’un des plus fragmentés et segmentés d’Europe et du monde. Cette même dispersion est observée dans l’organisation institutionnelle de la coopération et n’est pas sans conséquence pour le praticien : tiraillé entre le besoin de développer les activités de la coopération et la volonté de représenter au mieux les spécificités d’un modèle auquel il est profondément attaché, il n’a pas toujours les marges de manoeuvre suffisantes, ni les ressources nécessaires pour mener à terme ses projets. Les auteurs établissent ainsi un diagnostic visant, d’une part, à relever les apories de la législation coopérative et, d’autre part, à faire le bilan des forces et des faiblesses du mouvement coopératif. En contrepoint de cette analyse, ils tracent quelques lignes d’évolution possibles pour la coopération.

Numéro de revue: 
317
Année de publication: 
2010
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PDF icon 317_017030.pdf330.45 Ko
Auteur(s): 
Laurent Gros et Caroline Naett

Militants de l’utopie ? Les Fouriéristes dans la seconde moitié du XIXe siècle

Bernard Desmars, Dijon, Les Presses du réel, 2010, 430 p.

Si l’œuvre de Charles Fourier a été beaucoup étudiée, notamment depuis deux décennies, celle du devenir de sa doctrine après sa mort en 1837 restait largement à découvrir. En ce domaine, trois hypothèses étaient suggérées de façon plus ou moins explicite par les historiens mais elles n’avaient guère été vérifiées. Comme de nombreux Saint-Simoniens, les Fouriéristes auraient renié leurs convictions et se seraient « adaptés » au capitalisme. Seconde possibilité, ils auraient tenté de concrétiser le fouriérisme dans des colonies icariennes, le plus souvent aux Etats-Unis, mais ces initiatives se seraient soldées par un échec. Ou enfin, ils auraient attendu, mais vainement, le Nouveau monde annoncé par les prophéties socialistes. 

Towards a global history of the consumer co-operative movement (until September 1st)

The aim of the project is to produce a comparative survey of the history of the consumer co-operative movement, from the nineteenth century onwards, in all regions of the world. This will take the form of an anthology, to be written in English and edited by the project leaders, which will include chapter-length surveys of co-operative history in as many regions and countries as possible, together with thematic analyses of the transnational connections, processes and entanglements which have shaped co-operative history throughout the world. Combined with statistical information and bibliographies, the anthology is intended above all to create a resource for future studies on the co-operative movement.

Politique de l’association

Jean-Louis Laville. Le Seuil, coll. « Economie humaine », janvier 2010, 354 p.

Le livre de Jean-Louis Laville se présente comme une étape. Produit d’une seule plume, il rassemble la pensée d’un auteur sur son objet principal d’investigation : l’économie solidaire. La clarté de l’exposé, la logique de l’enchaînement des idées et les synthèses esquissées en font une clef pour de nombreuses autres lectures.

Frédéric Le Play, une réforme sociale sous le Second Empire

Maguelone Nouvel (préface de Geneviève Gavignaud-Fontaine). Paris, Economica, collection « Economies et sociétés contemporaines », 2009, 265 p.

Le nom de Frédéric Le Play est fréquemment associé à l’économie sociale sans que les raisons de cette association soient forcément bien connues, et si son rôle dans l’organisation des expositions universelles de 1855 et 1867 ainsi que dans la création de la Société d’économie sociale est notoire, son oeuvre scientifique reste, elle, peu exposée. Le remarquable travail d’historien que réalise Maguelone Nouvel permet de pallier ce manque de connaissances et de mesurer la portée des deux ouvrages majeurs de Le Play : Les ouvriers européens, en 1855, et La réforme sociale, en 1864. En précisant que la méthode leplaysienne passe par la multiplication des expériences, l’étude des conditions de prospérité des populations, l’énoncé des lois ou des principes que l’on peut tirer des faits, Maguelone Nouvel fait surgir l’originalité d’une pensée complexe, ses rapports à divers courants sociaux du xixe siècle et nous plonge au centre des débats et des controverses concernant la question sociale.