histoire

Contexte et genèse de la création des sociétés coopératives d’intérêt collectif (Scic)

Le statut de société coopérative d’intérêt collectif (Scic), établi par une loi du 17 juillet 2001, a fêté ses dix ans. Après une décennie d’existence, il intrigue et intéresse en raison de sa modernité, qui lui permet d’organiser un entrepreneuriat collectif de parties prenantes diverses ou de proposer un outil original de partenariat avec les collectivités territoriales. S’il a eu du mal à trouver sa place dans la panoplie des statuts juridiques français, il semble connaître (enfin !) le décollage que l’on attendait de lui, dans un contexte porteur pour l’économie sociale et solidaire, où les territoires inventent une nouvelle économie locale face à la mondialisation. Deux cents Scic sont agréées en mars 2012. La bonne compréhension de ce statut juridique d’entreprise coopérative implique une relecture des conditions dans lesquelles il a été élaboré et voté en juillet 2001, un siècle exactement après la loi associative de juillet 1901. La loi du 17 juillet 2001 n’est pas une loi coopérative spécifique, mais une loi ordinaire comportant un certain nombre d’articles modifiant la « loi fondamentale » des coopératives, celle de 1947

Numéro de revue: 
324
Année de publication: 
2012
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PDF icon recma324_varia-sibille_110117.pdf451.84 Ko
Auteur(s): 
Hugues Sibille

Histoire et actualité des coopératives de consommateurs au Japon: un modèle unique?

La réussite des coopératives de consommation au Japon se mesure moins à leur chiffre d’affaires qu’à leur impact positif sur la société. Ce dynamisme actuel, sans équivalent dans le monde, résulte des caractéristiques propres développées par le mouvement après la Seconde Guerre mondiale: la forte implication dans les groupes Han des femmes, soucieuses de la qualité de l’alimentation dans un environnement industriel dégradé ; les choix stratégiques des dirigeants, visant à répondre aux besoins sociaux. Ces dernières années, les coopératives ont ainsi étendu leur activité à l’assistance aux personnes âgées et handicapées. Retraçant leur évolution historique, l’auteur souligne que ces organisations se sont fréquemment heurtées à l’hostilité des commerçants et que la législation ne leur pas été favorable. Il s’agit donc bien d’un mouvement social, qui doit sa vitalité remarquable à la capacité de mobilisation de ses membres et non à un soutien institutionnel.

Numéro de revue: 
324
Année de publication: 
2012
Fichier attachéTaille
PDF icon recma324_akira_087104.pdf482.35 Ko
Auteur(s): 
Akira Kurimoto

Partager vos "histoires coopératives"

Le site Stories.coop, créé par l’Alliance coopérative internationale est désormais accessible aux "histoires" en Français dans le texte. Coop FR invite ses membres à lui envoyer quelque soit le support : vidéos, récits écrits ou diaporamas, dans un format court (5 minutes pour la vidéo). Ils seront transmis à Stories.coop et mis en ligne sur le site internet de Coop FR dans la rubrique « Portraits ».

« L’ENVIE DE MARCHER ENSEMBLE » : L’ALLIANCE DES COOPÉRATIVES ITALIENNES

Une année est passée déjà depuis le 27 janvier 2011, journée historique pour le mouvement coopératif italien, avec la constitution de l’Alliance des coopératives italiennes, la coordination stable des trois centrales coopératives les plus représentatives, c’est-àdire l’Association générale coopératives italiennes (AGCI, www.agci.it), Confcooperative (www.confcooperative.it) et Legacoop (www.legacoop. it). L’événement a revêtu une signification particulière à l’occasion du 125 e anniversaire de la constitution de la Fédération nationale des coopératives (qui en 1 893 est devenu la Ligue nationale des coopératives italienne) et surtout des 150 ans de l’unité de l’Italie : l’idée coopérative commençait en effet à gagner notre pays au moment où s’achevait son processus d’unification nationale. Nous pouvons aussi interpréter cet événement comme un exemple de « l’envie de marcher ensemble » face « au déclin du cycle de la subjectivité et du dynamisme individuel » qui caractérise l’ère Berlusconi, selon l’expression du sociologue Giuseppe De Rita. Un signal analogue était venu quelques mois auparavant, le 10 mai 2010, avec la constitution de Rete Imprese Italia (Réseau entreprises Italie), qui a réuni les cinq organisations de l’artisanat et du commerce Ces deux initiatives montrent un processus de simplification et de cohésion de l’associationnisme entrepreneurial italien, qui favorise la coopération et la participation et témoigne d’une responsabilité majeure des corps intermédiaires dans un cadre très complexe de crise politique et économique. Après un rapide regard historique du mouvement coopératif italien, nous chercherons à décrire les objectifs et le fonctionnement de l’Alliance des coopératives italiennes, avant de présenter les défis qu’elle devra relever. En préalable, une présentation synthétique de la nouvelle organisation s’impose (tableau 1, en page précédente) : l’alliance regroupe 43 500 entreprises coopératives, avec 12 millions de membres, 1,1 million d’emplois et un chiffre d’affaires global d’environ de 127 milliards d’euros. Cela correspond à 7,3 % du produit intérieur brut national. Elles représentent 12,9 % des guichets bancaires et la quatrième force bancaire, 30 % de la consommation et de la distribution commerciale, 50 % de l’agroalimentaire et 90 % de la coopération engagée dans le secteur social.

Numéro de revue: 
323
Année de publication: 
2012
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Auteur(s): 
Enzo Pezzini

LA LÉGISLATION SUR LES COOPÉRATIVES DE CRÉDIT EN ESPAGNE

En 2010, le système bancaire espagnol comptait 160 banques résidentes, 36 caisses d’épargne et 80 coopératives de crédit. Les coopératives de crédit sont définies par la législation comme des sociétés dont l’objet social est de répondre aux besoins financiers de leurs associés et des tiers par le biais de l’exercice des activités spécifiques des établissements de crédit. En Espagne, elles se répartissent entre les caisses rurales et les caisses populaires et professionnelles, selon la composition de leur sociétariat et leur but poursuivi. Au fil de leur histoire, le jeu des fusions a engendré une réduction du nombre des entités, qui est passé de plus de 1 000 au début de la Guerre civile (1936) à 80 en 2010. Cette réduction est due aux transformations des coopératives de crédit en sections de crédit, aux absorptions par des coopératives, des banques et des caisses d’épargne, aux fusions, aux transformations et aux liquidations.

Numéro de revue: 
323
Année de publication: 
2012
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Auteur(s): 
Gemma Fajardo García

LE DIALOGUE SOCIAL DANS LES ORGANISATIONS DE L’ÉCONOMIE SOCIALE

Cette communication s’attache à comprendre les difficultés du dialogue social dans les organisations de l’économie sociale, sans chercher à en décrire les modalités pratiques et les différentes formes (consultation, négociation collective…). La présentation des rares études régionales réalisées par les syndicats d’employeurs de l’économie sociale permet de conclure à une faible présence des institutions représentatives du personnel dans le secteur, dominé par des petites associations. Surtout, ces études mettent en lumière la complexité d’un dialogue social dans des organisations dominées par la place du sociétaire ou du militant et non du salarié. La présente étude revient donc sur les origines historiques et politiques de ces structures qui ambitionnaient l’abolition du salariat et, partant, formule l’hypothèse d’une filiation et d’une cohérence, plutôt que d’une rupture et d’une contradiction.

Numéro de revue: 
323
Année de publication: 
2012
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Auteur(s): 
Gilles Rivet

"Gendering the History of Charity and Voluntary Effort", University of Huddersfield, 9 March 2012, call for paper until 3 February

From medieval and early modern elite understandings of charitable virtue to industrial cultures of mutual aid or contemporary understandings of community engagement, gender has been critically implicated in the history of voluntary action whether through the lens of experience, performance or social systems.

La contribution de l’économie sociale et solidaire à l’heure de Rio + 20 : Une réponse aux challenges posés par la crise

Les  5e Rencontres du Mont-Blanc se sont tenues à Chamonix Mont-Blanc  du 9 au 12 novembre 2011. Elles ont réuni plus de 240 dirigeants et représentants de l'économie sociale venant de 40 pays. Ces rencontres ont été précédées d'un important travail de préparation. Le document d'orientation des RMB présente ainsi en une trentaine de pages une réflexion sur la crise, un tour d'horizon de l'ESS au Nord et au Sud et des pistes de sortie de crise, "vers un new deal social, écologique et démocratique planétaire". Une annexe, "cahiers d'initiatives", vise "à illustrer le potentiel actuel et à venir de l’économie sociale et solidaire dans le contexte des enjeux qui seront débattus à Rio en juin 2012" en 40 réalisations. 

1960-2010 : cinquante ans de fidélité à l’économie sociale ou les "virtuosités possibilistes"

Jean-Bernard Gins. Editions Sillages, 2011, 140 p.

Si l’économie sociale se doit de valoriser le collectif, la conviction et l’engagement individuels des dirigeants, qu’ils soient administrateurs (nécessairement militants) ou cadres salariés, sont des leviers essentiels de la dynamique des organisations. En témoigne l’itinéraire de Jean-Bernard Gins, jeune diplômé recruté à la fin des années 50 par le Crédit coopératif, où il effectuera toute sa carrière. Lorsque la fondation est créée en 1984, il en devient le secrétaire général, poste qu’il occupera jusqu’à sa retraite. Dans ce petit ouvrage, il évoque ce temps où « la banque de l’économie sociale » n’était guère connue du public, bien que la Caisse centrale du Crédit coopératif ait été un acteur important du renouveau coopératif pendant la recons truction. Au cours des années 60, l’auteur a contribué au désenclavement du Crédit coopératif, autour duquel il s’est efforcé de tisser, avec les mutuelles assurances, les mutuelles santé et les associations, un véritable réseau de l’économie sociale, avant même que le terme ne soit exhumé par Henri Desroche. Rien d’étonnant, donc, à ce que ce rassembleur intuitif ait été l’un des fondateurs du Comité national de liaison des activités mutualistes, coopératives et associatives (Cnlamca), ancêtre du Ceges, en 1970.