histoire

Le Papier mâché.Un restaurant-librairie autogéré (1978-1985)

De 1978 à 1985, à Nice, un collectif a autogéré un lieu qui regroupait un restaurant et une librairie, mais aussi une salle de spectacle, un lieu de réunions, une salle d’exposition… Un des membres du collectif en propose un récit. Ce livre raconte l’histoire d’un collectif créateur d’un lieu autogéré, d’activités multiples (librairie, restaurant, salle de réunions, cinéma, théâtre, lieu d’expositions…), à Nice de 1978 à 1985. L’essentiel du livre est consacré à la description de la naissance du projet et du collectif, aux activités qui ont été mises en œuvre pendant sept ans et au mode de fonctionnement du collectif. Il a paru important d’y ajouter des éléments de contexte de la société française des années 1970, et aussi plus anciens, dont le Papier mâché paraît être à la fois la conséquence et l’illustration.

L’alliance originale de la coopération et de la mutualité: l’école de Saint-Claude

Dans l’histoire de l’économie sociale, l’école de Saint-Claude représente l’exemple même d’une coopération à vocation sociale. A la fin du xixe siècle, les coopérateurs militants de ce pôle industriel jurassien s’investissent dans la mutualité. La Fraternelle et la Mutuelle de la maison du peuple oeuvrent main dans la main. Cette expérience locale reste cependant une exception à l’échelle nationale qui mérite une analyse plus approfondie. Comment expliquer que coopération et mutualité, soeurs de l’économie sociale, ne se soient pas alliées plus souvent ? L’analyse des facteurs théoriques, historiques et juridiques qui caractérisent leurs points communs et leurs différences est nécessaire, pour mettre en perspective l’originalité de cette expérience. Les dirigeants socialistes de la coopérative d’alimentation La Fraternelle de Saint-Claude sont devenus acteurs de l’action sanitaire et sociale dans le Haut-Jura et ont fondé des structures mutualistes. Le facteur juridique a joué un rôle essentiel dans cette évolution structurelle.

Numéro de revue: 
327
Année de publication: 
2013
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Auteur(s): 
Stève Desgré

L’université populaire Quart Monde: la construction du savoir émancipatoire

Geneviève Defraigne Tardieu. Presses universitaires de Paris Ouest, 2012.

Le titre de l’ouvrage (publication issue d’une thèse de doctorat soutenue sous la direction de René Barbier, prix de thèse René Rémond, 2011) met d’emblée en question l’affirmation, généralement considérée comme évidente, selon laquelle le savoir serait par nature émancipatoire. Les personnes connaissant la grande pauvreté tiennent la place centrale de l’Université populaire Quart Monde. «Tant que le pauvre n’est pas écouté, que les responsables de l’organisation de la cité ne s’instruisent pas de lui et de son monde, les mesures prises pour lui ne seront que des gestes par à-coups, répondant à des exigences superficielles et d’opportunité» (Wresinski J., cité p. 20). La réflexion et les apports théoriques de Wresinski émergent de la vie partagée et de la réflexion avec des personnes très démunies et des actions conduites avec elles au sein du Mouvement international ATD Quart Monde. Fondée en 1972, l’Université populaire Quart Monde est l’une de ces actions. Elle est actuellement active dans neuf régions françaises, en Belgique, en Suisse, aux Pays-Bas, en Espagne et au Canada, ainsi que sous des formes différentes, mais proches, en Grande-Bretagne, en Allemagne, au Guatemala, au Pérou, en Mexique, en Bolivie, aux Philippines, au Burkina Faso et au Sénégal, et elle le sera bientôt au Luxembourg et en Pologne.

Economie fraternelle et finance éthique: l’expérience de La Nef

Nathalie Calmé. Ed. Yves Michel, 2012, 304 pages.

Peu d’ouvrages se sont penchés jusqu’à présent sur l’expérience de La Nef, et c’est un des premiers mérites de l’ouvrage de Nathalie Calmé que de proposer une sorte de monographie de cette initiative atypique, lancée en 1978 par Jean-Pierre Bideau et Henri Nouyrit. A partir du modèle et sous l’impulsion de la banque alternative allemande GLS, l’objectif des deux hommes est de mettre en relation des porteurs de projet ayant des besoins financiers auxquels ne répond pas le secteur bancaire avec des personnes qui disposent de liquidités et souhaitent les utiliser pour soutenir des projets respectueux de certaines valeurs fondamentales et orientés dans certains domaines. Il s’agit en quelque sorte de créer « la banque de la dernière chance » pour soutenir ou permettre la concrétisation de projets que le système ignore.

La République coopérative

Jean-François Draperi. Larcier, 2012, 327 pages.

2012, décrétée par l’ONU Année internationale des coopératives, vient de se clore, laissant place à une décennie de croissance coopérative. Nous nous sommes réjouis qu’aujourd’hui un milliard d’hommes participent à une coopérative. Certes, on juge un arbre à ses fruits, mais au-delà de la quantité il importe d’analyser les racines de cet arbre aussi méconnu du grand public qu’il est prolifique par son extension géographique et par les branches de l’activité humaine concernées. Pour honorer cette année exceptionnelle dans l’histoire du mouvement coopératif, Jean- François Draperi nous a fait cadeau d’une somme. Connaissant l’importance que ce dernier accorde à la démarche de recherche-action et eu égard à son statut de rédacteur en chef de la Recma, il m’est apparu logique qu’un praticien de l’action coopérative (1) fasse l’analyse de cet ouvrage qui fera référence dans le secteur coopératif, mais aussi pour l’économie sociale.

Consommateurs engagés à la Belle Epoque : la Ligue sociale d’acheteurs

Marie-Emmanuelle Chessel. Presses de Sciences-Po, Paris, 2012, 344 pages.

Marie-Emmanuelle Chessel, chercheuse à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et historienne de la consommation et de la publicité, sort de l’oubli une organisation du début du xxe siècle qui fait écho à des thématiques très actuelles, comme le commerce équitable, sans que l’on puisse pour autant y déceler une filiation directe. L’angle choisi est de souligner la place des personnalités, leurs parcours et leurs réseaux en utilisant des archives publiques et des archives de descendants.

Le Crédit Mutuel et la Recma soutiennent la recherche universitaire sur la coopération

Stimuler la recherche en économie sociale en récompensant les travaux de Master portant sur les entreprises coopératives constitue depuis 2009 l’objectif du Prix de la Recherche coopérative organisé par le Crédit Mutuel en partenariat avec la Recma. M. Etienne Pflimlin, président d’honneur du Crédit Mutuel, a remis les trois prix de cette 4e édition le 20 décembre.

La Prolétarienne, l’Union, La Ménagère... Les coopératives ouvrières de consommation dans la Basse-Loire (1880-1980)

Robert Gautier. Nantes, Editions du Centre d’histoire du travail, 2012, 176 p.

Les travaux portant sur l’histoire de la coopération, qu’elle soit de consommation ou de production, sont rares. En dépit d’une production éditoriale impressionnante, l’histoire de certaines composantes du mouvement social, et en particulier le mouvement coopératif, reste largement à écrire. Alors que celle de la mutualité commence à intéresser les historiens depuis trois décennies, l’histoire de la coopération depuis la Grande Guerre est encore fort mal connue. Une lacune d’autant plus étonnante que ce mouvement occupe une place considérable dans la vie politique et sociale de notre pays depuis deux siècles. Mais il faut également se féliciter de la publication de cet ouvrage, fruit d’une thèse, pour sa qualité : il offre un tableau remarquable de la coopération de consommation durant un siècle dans la Basse-Loire, région où elle fut forte.