histoire

La coopération agricole en Grèce : changements structurels et adaptations au contexte de crise

La coopération agricole constitue la forme coopérative la plus répandue en Grèce et l’un des principaux mouvements coopératifs agricoles en Europe, avec 6 545 entités enregistrées à la fin de l’année 2012. Structurée de façon pyramidale, la coopération agricole grecque repose au premier degré sur les structures communales, dont les membres sont des personnes physiques. Au second degré, les cent douze unions de coopératives agricoles fonctionnent à l’échelon préfectoral. Enfin, des organisations coopératives de troisième degré couvrent certains produits ou groupes de produits au niveau national. Presque toutes les coopératives sont membres de la Confédération panhellénique des unions de coopératives agricoles (Paseges). Au cours des dernières années, les coopératives agricoles grecques ont dû s’adapter à des changements structurels importants liés aux conséquences de la crise économique. Ces modifications découlent essentiellement du nouveau cadre législatif voté en 2011, mais aussi de l’acquisition de la Banque agricole de Grèce par une banque commerciale, la Banque du Pirée. La restructuration vise à réorganiser la coopération agricole sur la base de la responsabilité entrepreneuriale. La crise économique a impacté les ressources financières de ces entreprises : elles ont tenté d’y répondre par des innovations dans la production, par la promotion de leurs produits et en créant de nouvelles activités.

Numéro de revue: 
329
Année de publication: 
2013
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Auteur(s): 
Karafolas S. et Katarachia A.

Finance solidaire et système financier : une approche historique

La finance solidaire suscite un regain d’intérêt dans le contexte de crise actuelle, et elle est présentée comme une réponse innovante. Or ce constat est à nuancer. Depuis le xixe siècle et aujourd’hui encore, en France, la finance solidaire développe une offre de financement complémentaire du fait des transformations de la régulation financière. Cette complémentarité par rapport au système financier conventionnel est-elle simplement un palliatif aux dysfonctionnements ou constitue-t-elle une réelle alternative dans les relations financières entre les emprunteurs et les intermédiaires financiers et dans l’organisation du système ? Par une approche historique comparée, nous montrons la permanence de la finance solidaire, tout en soulignant les formes de continuité et de discontinuité. Dès lors, nous discutons des rapports entre la finance solidaire et le système financier conventionnel, entre inclusion financière et transformations des règles.

Numéro de revue: 
329
Année de publication: 
2013
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PDF icon recma329_065078.pdf732.9 Ko
Auteur(s): 
Amélie Artis

Solidarité sociale et identité nationale lors de l’unification de l’Italie : l’exemple de la solidarité artisanale

Dans l’Italie après l’unification (1861), un réseau associatif s’attacha à promouvoir le développement économique et la solidarité sociale autour de la figure du petit artisan en tant que chef d’entreprise ou travailleur autonome : la Fraternité artisanale d’Italie préfigurait certaines formes de division sociale du travail (« fabrique collective ») et témoignait de la réaction des petits entrepreneurs au processus d’industrialisation de masse. La présente étude vise à mettre en évidence l’extrême diversité des positions professionnelles à l’intérieur de l’association, l’importance des relations familiales, de groupe et de voisinage, les nombreux services que la Fraternité offrait à ses adhérents pour faciliter l’accès au crédit, au commerce et à l’innovation technologique et les activités de représentation ou d’éducation de l’association. La Fraternité constitue en ce sens un modèle pour le mouvement ouvrier en gestation. Son histoire contribue à éclairer l’existence aujourd’hui des districts industriels, un réseau dense de petites entreprises, sur la base de la spécialisation des fonctions, mais aussi des liens de solidarité familiale ou territoriale.

Numéro de revue: 
329
Année de publication: 
2013
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PDF icon recma329_052064.pdf752.04 Ko
Auteur(s): 
Anna Pellegrino

L’économie sociale, quel statut et quel rôle pour la promotion de l’économie marocaine?

Le professeur Mohammad Yad, Président du Centre de citoyenneté et de développement solidaire du Maroc livre pour le Libération marocain un long exposé sur l'ESS au Maroc reprenant une communication faite par l’auteur au deuxième carrefour de la mutualité qui s’est tenu au Maroc, le 4 avril 2013, par l’Union africaine de la mutualité sur le thème : ‘’Le rôle des mutuelles dans le développement de l’économie sociale et solidaire’’. Le raisonnement est articulé en trois parties : L’économie sociale comme potentiel socio-économique approprié [héritée de la "tradition" française d'économie sociale] ;  Le legs structurant et la perversion structurée au Maroc [une économie sociale pour et par les plus modestes, réflexion sur les effets pervers de l'INDH] ;  Pour une alternative appropriée. Nous en reproduisons ici quelques extraits.

Albert Meister (1927-1982), sociologue désabusé de l’utopie

Albert Meister, sans aucun doute l’un des plus grands sociologues de l’association et de la coopération, est peu connu. S’intéressant aux associations et aux coopératives aux activités les plus différentes – l’habitat, l’industrie, le développement rural, etc. – et dans de nombreux pays – Italie, France, Israël, Etats-Unis –, il a introduit dans l’analyse de l’association à la fois la sociologie de l’action, celle des organisations et la démarche sociométrique. Dès 1969, il distingue participation volontaire et participation provoquée, afin de comprendre les formes de la participation dans la coopérative et dans un processus de développement. Il prolonge sa réflexion en étudiant comment la participation évolue lors des quatre étapes de la vie de l’entreprise coopérative : la conquête, la consolidation économique, la coexistence et le pouvoir des administrateurs. Il articule sa sociologie à des apports de psychosociologie. Meister n’intervenait pas comme un universitaire classique. S’appuyant sur les apports de la sociométrie, il concevait son intervention comme un moyen d’émancipation du groupe avec lequel il travaillait, définissant ainsi dans le champ coopératif une forme de recherche-action collective distincte de celle d’Henri Desroche, plus centrée sur les parcours individuels des coopérateurs. La sociologie de Meister se singularise par sa dimension critique, voire pessimiste et, simultanément, par son apport constructif et roboratif.

Numéro de revue: 
328
Année de publication: 
2013
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PDF icon recma328_095108.pdf1.97 Mo
Auteur(s): 
Eric Belouet

Fruitières comtoises: de l’association villageoise au système productif localisé

Alain Mélo. Fédération départementale des coopératives laitières du Doubs et du Jura, Besançon, 2012.

Le poids du monde rural a été très longtemps prédominant dans notre pays, puisqu’à la veille de la Grande Révolution 85 % de la population française vivait à la campagne. Il faut attendre les années 30 pour que la France devienne un pays en majorité urbain et industrialisé, trois décennies environ après la Grande-Bretagne et l’Allemagne. La France a donc un passé agricole très ancien, et si les agriculteurs constituent aujourd’hui moins de 5 % de la population, la représentation du monde paysan reste encore très répandue dans l’imaginaire national. Sur un autre plan, le travail collectif existe en France depuis le Moyen Age, ce qui explique pourquoi la coopération s’est d’abord développée dans le monde agricole. Les formes prises par la coopération agricole ont été très diverses et largement tributaires de la région où elles se sont développées. Alain Mélo étudie minutieusement le cas des fruitières dans le Doubs et le Jura qui, apparues au xiiie siècle, restent aujourd’hui très actives. Son ouvrage se décline en cinq parties.

Les cliniques privées : deux siècles de succès

Olivier Faure, avec la collaboration de Dominique Dessertine. Presses universitaires de Rennes, collection « Histoire », 2012, 281 p.

Deux spécialistes de l’histoire de la santé, Olivier Faure et Dominique Dessertine, livrent une étude capitale pour la compréhension du fonctionnement particulièrement complexe du système de santé en France. Partant du constat que l’hospitalisation privée – qu’elle soit ou non commerciale – représente un tiers des lits disponibles, ils décortiquent la construction historique de l’articulation public-privé dans le domaine des soins hospitaliers, qui constitue un paradoxe français. Comme le notent les auteurs, la réussite des cliniques privées n’est pas uniquement due à leur seule dynamique interne ; elle est surtout étroitement liée aux choix de la politique hospitalière et au « cadre général d’un libéralisme médical » (p. 14).

Toile filante : rencontres, mémoires, parcours

Henryane de Chaponay et Lygia Segala, 2012

Il est parfois difficile, dans le milieu de l’économie sociale et solidaire, de se raconter à la première personne ou d’évoquer les parcours personnels au sein d’initiatives par nature collectives. Ce risque a été pris, en partie, par Henryane de Chaponay, qui dans une maïeutique à quatre mains avec une anthropologue brésilienne, Lygia Segala, a ouvert ses archives pour partager son itinéraire dans un « beau livre » richement illustré.

Financer les utopies Une histoire du Crédit Coopératif (1893-2013)

http://www.actes-sud.fr/catalogue/societe/financer-les-utopiesHistorien, directeur de recherche émérite au CNRS, et membre du comité de rédaction de la Recma, Michel Dreyfus a publié ou dirigé de nombreux ouvrages sur l’histoire du mouvement ouvrier. A partir de l’exploitation de fonds d’archives, déposées au Centre des archives du monde du travail (Roubaix), au Crédit Coopératif (Nanterre), à l’IMEC (Abbaye d’Ardenne, Caen) et au Musée social (Paris), et sur les témoignages de plusieurs acteurs de cette histoire, Michel Dreyfus livre chez Actes Sud une histoire passionnante du Crédit coopératif.  Peut-on imaginer deux univers plus opposés que ceux de la banque et de l’utopie ?