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Albert Meister (1927-1982), sociologue désabusé de l’utopie

Numero de revue : 328   Année de publication : 2013   Auteurs : Eric Belouet

Albert Meister, sans aucun doute l’un des plus grands sociologues de l’association et de la coopération, est peu connu. S’intéressant aux associations et aux coopératives aux activités les plus différentes – l’habitat, l’industrie, le développement rural, etc. – et dans de nombreux pays – Italie, France, Israël, Etats-Unis –, il a introduit dans l’analyse de l’association à la fois la sociologie de l’action, celle des organisations et la démarche sociométrique. Dès 1969, il distingue participation volontaire et participation provoquée, afin de comprendre les formes de la participation dans la coopérative et dans un processus de développement. Il prolonge sa réflexion en étudiant comment la participation évolue lors des quatre étapes de la vie de l’entreprise coopérative : la conquête, la consolidation économique, la coexistence et le pouvoir des administrateurs. Il articule sa sociologie à des apports de psychosociologie.

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Fruitières comtoises: de l’association villageoise au système productif localisé

Alain Mélo. Fédération départementale des coopératives laitières du Doubs et du Jura, Besançon, 2012.

Le poids du monde rural a été très longtemps prédominant dans notre pays, puisqu’à la veille de la Grande Révolution 85 % de la population française vivait à la campagne. Il faut attendre les années 30 pour que la France devienne un pays en majorité urbain et industrialisé, trois décennies environ après la Grande-Bretagne et l’Allemagne. La France a donc un passé agricole très ancien, et si les agriculteurs constituent aujourd’hui moins de 5 % de la population, la représentation du monde paysan reste encore très répandue dans l’imaginaire national. Sur un autre plan, le travail collectif existe en France depuis le Moyen Age, ce qui explique pourquoi la coopération s’est d’abord développée dans le monde agricole. Les formes prises par la coopération agricole ont été très diverses et largement tributaires de la région où elles se sont développées. Alain Mélo étudie minutieusement le cas des fruitières dans le Doubs et le Jura qui, apparues au xiiie siècle, restent aujourd’hui très actives. Son ouvrage se décline en cinq parties.

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Les cliniques privées : deux siècles de succès

Olivier Faure, avec la collaboration de Dominique Dessertine. Presses universitaires de Rennes, collection « Histoire », 2012, 281 p.

Deux spécialistes de l’histoire de la santé, Olivier Faure et Dominique Dessertine, livrent une étude capitale pour la compréhension du fonctionnement particulièrement complexe du système de santé en France. Partant du constat que l’hospitalisation privée – qu’elle soit ou non commerciale – représente un tiers des lits disponibles, ils décortiquent la construction historique de l’articulation public-privé dans le domaine des soins hospitaliers, qui constitue un paradoxe français. Comme le notent les auteurs, la réussite des cliniques privées n’est pas uniquement due à leur seule dynamique interne ; elle est surtout étroitement liée aux choix de la politique hospitalière et au « cadre général d’un libéralisme médical » (p. 14).

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Toile filante : rencontres, mémoires, parcours

Henryane de Chaponay et Lygia Segala, 2012

Il est parfois difficile, dans le milieu de l’économie sociale et solidaire, de se raconter à la première personne ou d’évoquer les parcours personnels au sein d’initiatives par nature collectives. Ce risque a été pris, en partie, par Henryane de Chaponay, qui dans une maïeutique à quatre mains avec une anthropologue brésilienne, Lygia Segala, a ouvert ses archives pour partager son itinéraire dans un « beau livre » richement illustré.

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Financer les utopies Une histoire du Crédit Coopératif (1893-2013)

http://www.actes-sud.fr/catalogue/societe/financer-les-utopiesHistorien, directeur de recherche émérite au CNRS, et membre du comité de rédaction de la Recma, Michel Dreyfus a publié ou dirigé de nombreux ouvrages sur l’histoire du mouvement ouvrier. A partir de l’exploitation de fonds d’archives, déposées au Centre des archives du monde du travail (Roubaix), au Crédit Coopératif (Nanterre), à l’IMEC (Abbaye d’Ardenne, Caen) et au Musée social (Paris), et sur les témoignages de plusieurs acteurs de cette histoire, Michel Dreyfus livre chez Actes Sud une histoire passionnante du Crédit coopératif.  Peut-on imaginer deux univers plus opposés que ceux de la banque et de l’utopie ?

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La coopération contre le capitalisme. Charles Gide

Alternatives économiques a eu la bonne idée de republier, dans sa collection "Les Petits matins" (d'après les grands soirs?) des textes de Charles Gide, le fondateur de la Rec-Recma.

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Le Papier mâché.Un restaurant-librairie autogéré (1978-1985)

De 1978 à 1985, à Nice, un collectif a autogéré un lieu qui regroupait un restaurant et une librairie, mais aussi une salle de spectacle, un lieu de réunions, une salle d’exposition… Un des membres du collectif en propose un récit. Ce livre raconte l’histoire d’un collectif créateur d’un lieu autogéré, d’activités multiples (librairie, restaurant, salle de réunions, cinéma, théâtre, lieu d’expositions…), à Nice de 1978 à 1985. L’essentiel du livre est consacré à la description de la naissance du projet et du collectif, aux activités qui ont été mises en œuvre pendant sept ans et au mode de fonctionnement du collectif. Il a paru important d’y ajouter des éléments de contexte de la société française des années 1970, et aussi plus anciens, dont le Papier mâché paraît être à la fois la conséquence et l’illustration.

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L’alliance originale de la coopération et de la mutualité : l’école de Saint-Claude

Numero de revue : 327   Année de publication : 2013   Auteurs : Stève Desgré

Dans l’histoire de l’économie sociale, l’école de Saint-Claude représente l’exemple même d’une coopération à vocation sociale. A la fin du xixe siècle, les coopérateurs militants de ce pôle industriel jurassien s’investissent dans la mutualité. La Fraternelle et la Mutuelle de la maison du peuple oeuvrent main dans la main. Cette expérience locale reste cependant une exception à l’échelle nationale qui mérite une analyse plus approfondie. Comment expliquer que coopération et mutualité, soeurs de l’économie sociale, ne se soient pas alliées plus souvent ? L’analyse des facteurs théoriques, historiques et juridiques qui caractérisent leurs points communs et leurs différences est nécessaire, pour mettre en perspective l’originalité de cette expérience. Les dirigeants socialistes de la coopérative d’alimentation La Fraternelle de Saint-Claude sont devenus acteurs de l’action sanitaire et sociale dans le Haut-Jura et ont fondé des structures mutualistes.

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L’université populaire Quart Monde: la construction du savoir émancipatoire

Geneviève Defraigne Tardieu. Presses universitaires de Paris Ouest, 2012.

Le titre de l’ouvrage (publication issue d’une thèse de doctorat soutenue sous la direction de René Barbier, prix de thèse René Rémond, 2011) met d’emblée en question l’affirmation, généralement considérée comme évidente, selon laquelle le savoir serait par nature émancipatoire. Les personnes connaissant la grande pauvreté tiennent la place centrale de l’Université populaire Quart Monde. «Tant que le pauvre n’est pas écouté, que les responsables de l’organisation de la cité ne s’instruisent pas de lui et de son monde, les mesures prises pour lui ne seront que des gestes par à-coups, répondant à des exigences superficielles et d’opportunité» (Wresinski J., cité p. 20). La réflexion et les apports théoriques de Wresinski émergent de la vie partagée et de la réflexion avec des personnes très démunies et des actions conduites avec elles au sein du Mouvement international ATD Quart Monde. Fondée en 1972, l’Université populaire Quart Monde est l’une de ces actions. Elle est actuellement active dans neuf régions françaises, en Belgique, en Suisse, aux Pays-Bas, en Espagne et au Canada, ainsi que sous des formes différentes, mais proches, en Grande-Bretagne, en Allemagne, au Guatemala, au Pérou, en Mexique, en Bolivie, aux Philippines, au Burkina Faso et au Sénégal, et elle le sera bientôt au Luxembourg et en Pologne.

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Economie fraternelle et finance éthique: l’expérience de La Nef

Nathalie Calmé. Ed. Yves Michel, 2012, 304 pages.

Peu d’ouvrages se sont penchés jusqu’à présent sur l’expérience de La Nef, et c’est un des premiers mérites de l’ouvrage de Nathalie Calmé que de proposer une sorte de monographie de cette initiative atypique, lancée en 1978 par Jean-Pierre Bideau et Henri Nouyrit. A partir du modèle et sous l’impulsion de la banque alternative allemande GLS, l’objectif des deux hommes est de mettre en relation des porteurs de projet ayant des besoins financiers auxquels ne répond pas le secteur bancaire avec des personnes qui disposent de liquidités et souhaitent les utiliser pour soutenir des projets respectueux de certaines valeurs fondamentales et orientés dans certains domaines. Il s’agit en quelque sorte de créer « la banque de la dernière chance » pour soutenir ou permettre la concrétisation de projets que le système ignore.

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