Québec

Opportunités et menaces pour les coopératives en Europe

Villa el Salvador (VES) est un bidonville de 300 000 habitants, en banlieue de Lima. Cette municipalité se caractérise par son haut degré d'organisation sociale : non seulement plus de 3 000 associations y sont aujourd'hui actives, mais celles-ci déploient leurs activités dans un cadre très évolué de développement communautaire. VES a en effet su développer un aménagement de son territoire correspondant à une organisation de la communauté par groupes résidentiels autour de 120 places communes. Cette expérience unique en Amérique latine est riche en leçons de toutes sortes. Comment
s'organisent ces 300000 habitants et comment la municipalité a-t-elle pu en arriver à planifier son développement ? Issu d'une enquête sur place et de plusieurs échanges, échelonnés sur dix ans, entre Péruviens et Québécois engagés dans la coopération internationale et l'économie sociale, ce texte, qui constitue la première partie d'un article, présente l'expérience de Villa el Salvador sur vingt-cinq ans, son contexte et ses projets concrets de développement. Dans le prochain numéro, les auteurs rendront compte des paramètres plus généraux et des conditions de réussite d'une telle expérience de développement local en la cadrant dans une démarche plus générale d'économie plurielle.

Numéro de revue: 
271
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Louis Favreau et Lucie Fréchette

Une question de justice ? Réforme « assurancielle » et tradition mutualiste au québec (1890-1910)

Les historiens considèrent que la réforme de la mutualité – l’introduction de techniques assurancielles – a permis de consolider les organisations mutualistes apparues dans les communautés ouvrières naissantes et condamnées à une grande précarité économique. En reprenant le discours des réformateurs de l’époque, les analystes ont méconnu le fait que la réforme de la mutualité n’a pas simplement balayé un exercice amateur et déficient de l’assurance : elle a également mis sous le tapis une réponse originale aux problèmes de solidarité qui a profondément marqué la classe ouvrière. L’expérience mutualiste du Québec, où contrairement à la France la mutualité s’est développée sans contrôle de l’Etat, permet de poser cette hypothèse. La réforme assurancielle ne se résuma pas à des enjeux techniques moralement neutres, mais souleva une profonde question de justice qui touchait la nature même de la solidarité dans les sociétés démocratiques. Au détriment d’une autodiscipline collective, la rationalité bureaucratique imposa au tournant du XXe siècle un processus d’individuation au terme duquel les sociétés mutuelles d’assurance ne lièrent plus les membres entre eux, mais lièrent plutôt d’une façon individuelle et sérielle des assurés à une administration centrale.

Numéro de revue: 
311
Année de publication: 
2009
Fichier attachéTaille
PDF icon 311_083094.pdf195.31 Ko
Auteur(s): 
Martin Petitclerc