coopération

Solidarité sociale et identité nationale lors de l’unification de l’Italie : l’exemple de la solidarité artisanale

Dans l’Italie après l’unification (1861), un réseau associatif s’attacha à promouvoir le développement économique et la solidarité sociale autour de la figure du petit artisan en tant que chef d’entreprise ou travailleur autonome : la Fraternité artisanale d’Italie préfigurait certaines formes de division sociale du travail (« fabrique collective ») et témoignait de la réaction des petits entrepreneurs au processus d’industrialisation de masse. La présente étude vise à mettre en évidence l’extrême diversité des positions professionnelles à l’intérieur de l’association, l’importance des relations familiales, de groupe et de voisinage, les nombreux services que la Fraternité offrait à ses adhérents pour faciliter l’accès au crédit, au commerce et à l’innovation technologique et les activités de représentation ou d’éducation de l’association. La Fraternité constitue en ce sens un modèle pour le mouvement ouvrier en gestation. Son histoire contribue à éclairer l’existence aujourd’hui des districts industriels, un réseau dense de petites entreprises, sur la base de la spécialisation des fonctions, mais aussi des liens de solidarité familiale ou territoriale.

Numéro de revue: 
329
Année de publication: 
2013
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PDF icon recma329_052064.pdf752.04 Ko
Auteur(s): 
Anna Pellegrino

EPIcoop : la 1ère épicerie coopérative, pour les étudiants, par les étudiants (Antony)

Solidarité étudiante, 1ère coopérative étudiante de France, ouvre à Antony, dans la plus grande résidence universitaire d'Europe, la première épicerie coopérative étudiante. Solidarité étudiante est née d’une double dynamique. La crise a accentué les difficultés sociales des étudiants. Elles sont aujourd’hui vécues plus durement et par un plus grand nombre de jeunes. D’autre part, l’autonomie des universités a permis au secteur privé lucratif de se positionner sur un marché sur lequel les acteurs publics peinent à rivaliser. C’est pour apporter une réponse solidaire aux besoins matériels et moraux des étudiants que Solidarité étudiante a ainsi vu le jour. Elle organise sa 1ère manifestation publique le 28 juin, à Paris.

Santé Cité : le premier groupe coopératif d’établissements de santé indépendants

La clinique Pasteur à Toulouse, la clinique La Victoire à Tourcoing, la polyclinique Courlancy à Reims, le centre cardiologique du Nord à Saint-Denis... sont quelques-uns des 55 établissements hospitaliers privés à avoir fondé une coopérative nationale. Cette coopérative porte le nom de Santé Cité . Créé l’an passé, le groupement vient d’être présenté officiellement par ses fondateurs à Paris."Ensemble, propriétaires indépendants d'un ou plusieurs établissements, nous voulions rompre l'isolement qui nous affaiblit pour relever les défis présents et à venir. Il nous fallait développer une troisième voie entre l'individualisme et les regroupements financiers. C'est pourquoi nous avons créé Santé-Cité, premier groupe coopératif de cliniques indépendantes, sous la forme d'une société filiale de ses sociétés mères.  Le groupe Santé-Cité se veut un lieu de coopération opérationnelle sans partage capitalistique, un lieu d’échanges et d’entre-aide dédié aux dirigeants de cliniques indépendantes dans une optique d’assistance réciproque. L’objectif est de travailler en plus grande intelligence, d’anticiper les évolutions, de tabler sur la confiance entre dirigeants, et in fine d’obtenir des économies d’échelle et des gains d’efficience, sans jamais perdre de vue que le patient reste au cœur de nos préoccupations."

La transition écologique de l’économie : la contribution des coopératives et de l’économie solidaire

Louis Favreau et Mario Hébert. Presses de l’université du Québec, coll. « Initiatives », 2012, 152 p.

Ce petit livre de conviction sur les enjeux de la transition écologique de l’économie et le rôle que les coopératives et l’économie solidaire peuvent y tenir est une « synthèse accessible », comme le précise la ligne éditoriale de la collection. Si le contexte québécois tient dans cet ouvrage un rôle non négligeable, son point de départ est une série de rencontres internationales, dont les Rencontres du Mont-Blanc (RMB) de la fin 2011 ont été le pivot. C’est donc comme suite et prolongement des réflexions développées alors, mais aussi en vue de la conférence Rio+20 que les auteurs ont composé ce livre. A ces égards, celui-ci est assez circonstanciel : c’est un ouvrage d’intervention, politique dans le sens des propositions concernant l’organisation du monde.

Top 100 des entreprises coopératives en Belgique

Le Centre pour l’Entrepreneuriat Social Coopératif (CESOC) de la KHLeuven et Coopburo ont publié le Top 100 des coopératives belges en 2011. A l’instar du Panorama sectoriel et Top 100 des entreprises coopératives en France, publié par Coop FR, ou The UK Co-operative Economy 2012, publié par Co-operatives UK, cette publication vise non seulement à présenter les 100 plus grandes entreprises coopératives du pays, mais aussi à faire découvrir la diversité des secteurs d’activités concernés par le modèle coopératif. La méthodologie est largement inspirée du World Co-operative Monitor, le nouvel Observatoire animé par l’institut scientifique Euricse, en collaboration avec l’Alliance coopérative internationale. Il permet de recueillir des données sur les coopératives de toutes tailles dans différentes catégories, à l’échelle mondiale.

Colloque "Dynamiques coopératives et mutualistes", Besançon, 20-21 juin

Le laboratoire de sociologie et d’anthropologie de l'Université de Franche-Comté, en partenariat avec la Maison des sciences de l’homme et de l’environnement Claude Nicolas Ledoux, organise un colloque sur les  nouveaux objets et nouvelles approches de la coopération et du mutualisme, manifestation ouverte au public, sur inscription

Les atouts des coopératives : stabilité et expérience

La stratégie contemporaine des entreprises et du mouvement coopératif et mutualiste consiste à affirmer que les coopératives et les mutuelles se caractérisent par des valeurs alternatives. Cette stratégie comporte des faiblesses, dans la mesure où il est difficile d’observer l’impact de telles valeurs dans les principaux secteurs d’activité de ces sociétés (industrie agroalimentaire, commerce de gros, banque, assurance). En revenant à leurs origines, on peut défendre l’hypothèse que les spécificités des coopératives résident plutôt dans des règles statutaires qui constituent des garde-fous à l’emprise des forces du marché. Alors que ce dernier valorise la réactivité et l’attractivité des travailleurs qualifiés, les coopératives et les mutuelles sont plutôt caractérisées par la stabilité et la capacité à créer et à exploiter des connaissances tacites et informelles adaptées à leur contexte spécifique. Or, cette logique marchande constitue le cadre d’analyse dominant, y compris pour les parties prenantes des coopératives : les individus ont « naturellement » tendance à puiser leurs solutions dans ce référentiel. Il apparaît donc nécessaire de s’en affranchir pour penser les coopératives sans renforcer les dynamiques de banalisation.

Numéro de revue: 
327
Année de publication: 
2013
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Auteur(s): 
Marius Chevallier

Le défi coopératiste du syndicat de la typographie lyonnaise (1864-1999)

Souvent perçue comme une alternative innovante aux dérives capitalistes, l’économie sociale et solidaire puise ses origines dans d’anciennes traditions d’entraide, renouvelées au XiXe siècle par l’émergence de groupements constitués en réaction au libéralisme post-révolutionnaire (associations, mutuelles, coopératives, syndicats). Face à l’attrait actuel du concept, il semble opportun de comprendre le contexte d’un développement qui s’inscrit dans un besoin d’organiser des solidarités. Né en mars 1864, l’exemple des ouvriers typographes lyonnais offre une approche intéressante du mouvement coopératif, en raison de son caractère précurseur et de sa longévité dans une corporation fortement structurée. Il est en outre révélateur des défis auxquels la coopération fut confrontée et de l’ambiguïté de ses rapports avec le mouvement syndical. Dans un environnement capitaliste concurrentiel, l’expérience témoigne d’un siècle de pratiques coopératives, durant lequel espoirs et idéaux initiaux de fonctionnement démocratique ont été confrontés à des difficultés de gouvernance et à la nécessité de trouver, sans cesse, un équilibre entre le respect de l’esprit militant et la maîtrise économique de la structure.

Numéro de revue: 
326
Année de publication: 
2012
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Auteur(s): 
Claire Bonici

La République coopérative, Jean-François Draperi, Larcier, oct 2012

Larcier édite en ce mois d'octobre le dernier livre de Jean-François Draperi, la République coopérative. Présent dans le monde entier, riche d’une histoire bi-séculaire, le mouvement coopératif est d’une grande diversité. Celle-ci se révèle également être une difficulté lorsqu’il s’agit de définir un cap et élaborer une stratégie. Au début du XIXe siècle, les coopérateurs ont cru pouvoir changer le monde en libérant le travail.

1er festival alternatif d’économie solidaire et coopérative à Athènes, 19-21 oct

Ces dernières années, nous voyons apparaître et se développer, partout en Grèce, de plus en plus de groupes et réseaux d’économie solidaire, non monétaire, de troc, mais aussi des collectifs de travail. L’action et la participation à ces initiatives prouvent à chacun et à chacune qu’un autre monde est non seulement possible, mais existant. Un monde où les lois du marché et le système économique existant, celui de l’exploitation du travail humain pour le profit, s’effondrent et où les relations humaines acquièrent à nouveau du sens.