coopération agricole

Quelles évolutions de la raison d’être des coopératives agricoles françaises ? Regard historique sur un construit social

Cet article propose une mise en perspective historique des évolutions de la raison d’être des coopératives agricoles françaises. Les auteurs montrent que celles-ci, au fil de leur histoire, ont transformé leurs missions et services essentiels en fonction des attentes et des défis qui s’exprimaient dans leur environnement socio-économique. Ils détaillent également les principales ruptures, dans la conception de cette raison d’être, qui jalonnent le parcours de la coopération agricole française et conduisent aux tensions et remises en question contemporaines. En montrant comment s’organisele travail de définition de la raison d’être, cet article apporte un éclairage original sur l’émergence, avec l’épidémie de Covid-19, de nouveaux défis agricoles et alimentaires qui questionnent à nouveau les services et missions de base des coopératives agricoles.

 

Numéro de revue: 
358
Année de publication: 
2020
Auteur(s): 
Bertrand Valiorgue, Emilie Bourlier-Bargues, Xavier Hollandts

Semaine européenne du développement durable : des contributions de La Coopération Agricole

Comme chaque année depuis 2003, la Semaine du développement durable, devenue un événement européen depuis 2015, permet de sensibiliser le grand public à cet enjeu important pour la planète. Elle s’est tenue cette année du 18 septembre au 8 octobre, avec un temps fort du 20 au 26 septembre pour l’anniversaire de l’Agenda 2030 et ses 17 objectifs de développement durable (ODD). La Coopération Agricole, qui s’engage sur ces questions depuis plusieurs décennies, a participé cette année encore à cette sensibilisation.

Un nouveau « Théma » de la Coopération agricole

La Coopération agricole publie un nouveau « Théma » intitulé Objectifs de développement durable. Contribution des coopératives aux 17 enjeux mondiaux. Ce document présente les bonnes pratiques des coopératives en agriculture et dans l’agro-alimentaire sur les 17 objectifs de développement durable (ODD) établis par l’ONU en 2015. Chaque ODD est illustré par la présentation d’initiatives menées par des structures coopératives dans différents territoires.

La coopération agricole mobilisée par la sécurité alimentaire mais aussi la transition agroécologique

La pandémie de Covid-19, en déclenchant une crise sanitaire inédite, a rappelé que la réponse au besoin vital de s’alimenter et de s’approvisionner n’allait pas forcément de soi. Les 2300 coopératives agricoles françaises, qui génèrent 85,4 milliards d’euros de chiffres d’affaire (donnée 2019) et comptent 190 000 salariés (filiales incluses), se sont très vite mobilisées pour assurer le maintien de la chaîne alimentaire, aussi bien en circuits courts qu’en grande distribution.

Commercialiser des produits agricoles sans étude de marché : facteurs de réussite de trois coopératives en Israël dans les années 1980

Alors que l’étude de marché n’est pas toujours efficace pour assurer la commercialisation des produits agricoles, cet article présente une approche originale développée en Israël par des coopératives agricoles ayant réussi à créer des marchés de consommateurs pour écouler les productions de leurs membres.
Le mouvement coopératif a démarré en Israël vers la fin du XIX e siècle avec la fondation par le baron Rothschild des vineries coopératives de Carmel Mizrachi. Bien que de renommée médiocre, ce vignoble a dominé le marché israélien du vin de table jusqu’à la fin des années 1980. Puis le mouvement coopératif rural dans ce pays a pris un second élan avec la création des kibboutzim et des moshavim au début du XX e siècle (Galor et Sofer, 2011). Le kibboutz, village collectif, et le moshav, village coopératif, constituent les deux types caractéristiques de communautés rurales en Israël. Ces coopératives de premier degré, dont les membres sont des individus, ont fondé des coopératives du deuxième degré, comme les entreprises régionales et les vineries. Ces structures de type multifonctionnel étaient dispersées sur tout le territoire d’Israël (Galor, 2015). Au cours de la deuxième moitié du XX e siècle, la production viticole est devenue excédentaire, ce qui a entraîné des difficultés de commercialisation.
Dans cet article, nous présentons trois études de cas où les agriculteurs, membres d’une coopérative, ont élaboré un plan de commercialisation à partir de la marque qu’ils ont créée pour leurs produits. Si le facteur coopératif a été déterminant dans la réussite du proces- sus de commercialisation, il convient également de mentionner l’importance du rôle joué par les dirigeants de ces structures.

 

Numéro de revue: 
356
Année de publication: 
2020
Auteur(s): 
Zvi Galor

Loi Egalim : quel avenir pour les spécificités des coopératives agricoles ? Une lecture juridique de dispositifs entre renforcement du secteur et banalisation

Les États généraux de l’alimentation, initiés par le gouvernement, ont réuni fin 2017 et début 2018 toutes les parties prenantes de cette thématique dans des ateliers : agriculteurs, mais aussi industriels, distributeurs, ONG et membres de la société civile.

Objectifs : réfléchir à des mesures susceptibles d’améliorer le revenu des agriculteurs au titre de leur production et favoriser la montée en gamme et en qualité de leurs productions pour aller vers une alimentation plus saine.
La loi n° 2018-928 du 30 octobre 2018 « pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous », dite « loi Egalim », est issue de ces États généraux. Afin de répondre à l’objectif de meilleure rémunération des agriculteurs – et comme la faiblesse de leurs revenus est corrélée à la pression exercée par la grande distribution, très concentrée autour de quelques acteurs et déterminée à mener une politique de prix bas pour les consommateurs –, la loi introduit une inversion dans la construction du prix. Celui-ci devra émaner de l’agriculteur et prendre en compte les coûts de production, en s’appuyant sur des indicateurs de référence élaborés par les interprofessions ou l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires. On peut noter que cette notion de « coûts de production » figure déjà dans la définition du commerce équitable résultant de la loi ESS de 2014.

La loi Egalim contient également des dispositions importantes en faveur d’une alimentation plus saine, à travers notamment le levier constitué par la restauration collective dont les personnes morales de droit public ont la charge : cantines scolaires, hospitalières, etc. La loi introduit enfin des dispositions contre le gaspillage alimen-taire en autorisant les dons des industriels et de la grande distribution aux associations. Sont également ajoutées des dispositions relatives au bien-être animal ou encore à la réduction des déchets plastiques.

Numéro de revue: 
354
Année de publication: 
2019
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Auteur(s): 
Chantal Chomel

Deux ordonnances secouent le monde de la coopération agricole

Le 24 avril dernier ont été promulguées deux ordonnances en application de la loi agriculture et alimentation (Egalim) du 30 octobre 2018. L’une est relative à la séparation des activités de conseil et de vente pour les produits phytosanitaires ; l’autre, concernant la coopération agricole, prévoit notamment une meilleure lisibilité des informations délivrées aux associés-coopérateurs sur leur rémunération ainsi qu’une amélioration de la gouvernance des coopératives.