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Débat du GNC: "capitalisme coopératif" versus "capitalisme financier"?

Près de cent vingt personnes ont assisté au débat organisé par le Groupement national de la coopération (GNC) le 9 juin 2009 sur le thème: « Face à la crise, les autres réponses des coopératives ». A la table, les présidents Jean-Claude Detilleux (Groupe Crédit coopératif ), Yves Zehr (Coop Alsace), Marie-Noëlle Lienemann (Fédération nationale des coopératives HLM), Charles-Henri Montaut (Union technique bâtiment) et Michel Prugue (Maïsadour) ont librement échangé avec Jean Arthuis et Didier Migaud (respectivement présidents de la commission des Finances du Sénat et de l’Assemblée nationale), sous la direction fringante de Guillaume Delacroix, journaliste aux Echos.  

Traité d’économie sociale à l’usage des malentendants suivi de L’encre de la révolte

Laurent Lasne. Le Tiers Livre, février 2009.

Laurent Lasne est, entre autres, un excellent connaisseur des Scop. Au sein de Participer, le magasine de la confédération, de sa maison d’édition ou d’autres, il a déjà commis de nombreux ouvrages et études historiques sur le mouvement en général, telle fédération (1) ou entreprise en particulier. Il élargit ici le propos à l’économie sociale, puis, dans une seconde partie, livre une monographie de l’Imprimerie nouvelle, association ouvrière emblématique de la coopération de production. 

Le commerce indépendant : fin d’une époque ou métier d’avenir ?

Thierry Revol. Glénat, Grenoble, décembre 2008.

Loin des multiples rapports théoriques (et souvent angéliques) sur la gouvernance des entreprises d’économie sociale, le livre de Thierry Revol nous plonge dans son parcours de directeur général de la coopérative de commerçants détaillants Technicien du sport-Twinner.

Reconnaître et valoriser l’utilité sociale spécifique des entreprises et des organisations de l’ESS, par M. Parodi et L. Manoury

Repères sur le sens et la méthode pour accompagner des démarches d’évaluation de l’utilité sociale[1]
A l’attention des concepteurs de guides opérationnels, des réseaux, des fédérations de l’ESS et des décideurs, commanditaires et techniciens des administrations et des collectivités territoriales

Préambule : Utilité d’une approche commune de l’utilité sociale
Il est possible, malgré la diversité des secteurs d’intervention et des structures juridiques (coopératives, mutuelles et associations) de l’économie sociale et solidaire, de dégager un « tronc commun » de critères et de types d’indicateurs pour mesurer l’utilité sociale générée spécifiquement par toutes formes d’entreprises et d’organisations de l’ESS.Ce tronc commun se fonde sur ce qui fait la spécificité même des entreprises et organisations de l’ESS, à savoir leurs valeurs, leurs principes d’action et leurs règles juridiques et organisationnelles, telles que définies par les lois et la réglementation en vigueur. 

Les valeurs, les principes et les règles de l’économie sociale traversent tous les domaines de la gouvernance et de la gestion, par Maurice Parodi

L’adéquation entre les valeurs, les principes, les règles et les « pratiques » passe par la mise en cohérence de leurs applications dans tous les domaines de la gestion. Par exemple, un entrepreneur social ne saurait se limiter à une application correcte du principe de gestion démocratique, dans la gouvernance de l’entreprise, en ignorant la transposition des autres grands principes dans les domaines de la gestion de ressources humaines. 
A un même principe (par exemple, celui de la finalité de service aux membres ou à la collectivité plutôt que de profit) doivent correspondre des « bonnes pratiques » dans divers domaines de gestion. Il en va de même pour tous les autres principes et règles.
Tous les principes et toutes les règles sont inextricablement liés. En ce sens, les principes et règles qui caractérisent les entreprises sociales constituent bien un « système » avec ses interdépendances, ses synergies, ses « rétro bouclages » et ce sont précisément ces interférences multiples des principes et règles dans les divers domaines de la gestion qu’une formation spécifique des entrepreneurs sociaux doit s’attacher à mettre en évidence et en cohérence. Ceci ne peut s’opérer à la marge d’une formation classique de managers, par exemple par un simple module complémentaire sur les valeurs et principes de l’économie sociale et solidaire.

L’économie sociale et solidaire une alternative à l’économie « capitaliste » ? Par Maurice Parodi

 

Il faut d’abord s’entendre sur le sens des mots qui constituent l’ossature du "discours" [1] des économistes orthodoxes (classiques et néoclassiques), hétérodoxes et marxistes. Et d'abord le mot "économie" qui peut désigner, dans le langage courant, les manifestations les plus tangibles de la "vie économique", telles que nous pouvons les appréhender dans notre environnement immédiat au travers des actes de la consommation (commerce, marchés locaux, produits importés, prix, pouvoir d'achat, etc.) ; au travers des manifestations de la production (industrie, agriculture, services [aux entreprises, aux ménages, services de proximité, entreprises – grandes ou petites, capitalistes, artisanales -], emploi, chômage, délocalisation, commerce, …) ; ou à travers les phénomènes de distribution (salaires, profits, rentes, …) et de redistribution des revenus (par les systèmes de sécurité sociale, d'action sociale [petite enfance, personnes âgées, handicapés, défavorisés, …] ou de la protection sociale en général) ; ou encore au travers des phénomènes bancaires, monétaires, financiers qui interfèrent inévitablement avec notre vie quotidienne (inflation, pouvoir d'achat, emprunt, prêt, taux d'intérêt, Bourse et même CAC 40, spéculation, crise financière, etc.). Mais dans la bouche des économistes et des experts, le mot "d'économie" et les mots associés vont prendre une saveur particulière perceptible par les seuls palais "éduqués". On est alors dans le langage codé et codifié des "sciences économiques", c'est-à-dire des représentations scientifiques et du discours propres à la discipline économique [2].

L’économie sociale entre informel et formel Paradoxes et innovations

Annie Dussuet et Jean-Marc Lauzanas (dir.). Presse universitaires de Rennes, 2007.

Le soutien de la Délégation interministérielle à l’économie sociale (DIES, devenue DIIESES) ne se limite pas à un aspect financier ou à une reconnaissance institutionnelle. Le programme de recherche que la délégation a lancé en 2004 a en effet permis la publication de nombreux travaux universitaires. Cet ouvrage collectif en témoigne.
Les contributions réunies dans ce livre portent sur sept domaines appliqués à un territoire, l’ouest de la France : le soutien et l’accompagnement à la création d’entreprise, la mise en place de réseaux territoriaux de l’économie sociale, les services aux familles, le tourisme associatif, la finance solidaire, l’environnement et le sport. 

Propos d’actualité et d’inactualité, 1887-1931

« Les oeuvres de Charles Gide », vol. XII. Comité pour l’édition des œuvres de Charles Gide. Paris, L’Harmattan, 2008.
 
Avec ce douzième volume s’achève cette remarquable édition des oeuvres de Charles Gide. Il est présenté par Marc Pénin, auteur d’une biographie de l’économiste parue en 1998 en introduction de cette édition dont il fut le maître d’oeuvre soutenu par André Chomel, ancien dirigeant du Crédit coopératif et président de la fondation de cette banque.

La première partie de l’ouvrage comprend des « miettes d’actualité ». Ce sont des textes courts publiés entre 1887 et 1927 dans les revues auxquelles l’auteur avait coutume de participer : la Revue d’économie politique, qu’il avait fondée, des revues de son engagement de chrétien réformé, Le Huguenot et Foi et Vie, des publications d’intérêt général comme La Semaine littéraire et surtout L’Emancipation. L’actualité de l’époque y rejoint la nôtre : le racisme à l’encontre des travailleurs d’origine étrangère, la place du machinisme et de la technique, les rapports avec la Chine, le sens d’un nouveau siècle qui commence, la diversification des formes d’énergie, les relations avec l’Allemagne, les grèves et les problèmes sociaux, les problèmes monétaires.