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L’entrepreneuriat social: du marché public au public marché, par J.-F. Draperi

Article paru dans le n°316 de la Recma (mai 2010).

D’inspiration nord-américaine, l’entrepreneuriat social est un mouvement mondial qui vient aujourd’hui bousculer le monde de l’économie sociale et solidaire (ESS) française. Avançant les idées d’ouverture, de finalité sociale, d’ambition de changement social, d’intérêt général,de changement d’échelle, l’entrepreneuriat social porté par le récent Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves) incite l’économie sociale à sortir d’une forme de routine et l’économie solidaire à mieux prendre la mesure des enjeux des évolutions économiques, politiques et sociales actuelles. La présente contribution vise à comprendre le cadre historique et théorique qui fonde l’entrepreneuriat social. L’étude des relations étroites entretenues entre le monde de la Bourse et la nouvelle philanthropie qui irrigue l’« entrepreneuriat social » à l’anglo-saxonne permet de situer les origines de l’entrepreneuriat social français. Les rapports à l’aspiration égalitaire, à la construction sociale des pratiques d’entreprise, au droit et aux statuts ou encore aux grandes entreprises interdisent de superposer les conceptions d’"économie sociale" et d’"entrepreneuriat social" telles qu’elles existent en France. L’article conclut sur les conditions qui permettent d’envisager entre elles un partenariat dans le respect de leurs spécificités.

Le Ceges "pour une autre réforme des retraites"

Dénonçant l’inéquité du système actuel de retraites et la perspective à court terme des propositions du Gouvernement, pour une autre réforme des retraites, le Ceges (Conseil des Entreprises, Employeurs et Groupements de l’Economie Sociale) propose comme piste de réflexion la mise en place d'un régime universel par points : maintien de l'âge légal de 60 ans pour la cessation d'activité et élargissemnet de l'assiette de cotisation à la totalité des revenus du travail (salaires, primes, intéressement, participation, stock options,

La coopération en chiffre, en Europe et en France

Cooperatives Europe, qui vient de tenir son assemblée générale (1) a publié les chiffres 2009 des 37 pays européens membres de l’association La région Europe de l’ACI compte 123 millions de coopérateurs et 160 000 coopératives qui emploient 5,4 millions de salariés. Le Mouvement coopératif français fait figure de leader en termes de nombre de coopérateurs avec plus de 23 millions de membres et se distingue également dans le trio de tête en termes de nombre d’entreprises coopératives et d’effectifs salariés.

Des agence territoriales de développement économique de l’ESS

Le 15 juin, le Conseil national des chambres régionales de l’économie sociale (CNCres) a élu son nouveau président, Jean-Louis Cabrespine qui succède à Yannick Barbançon. L’assemblée générale fut l’occasion de présenter le projet d’agence de développement économique porté par les Cres  auprès de la mission Vercamer et son constat de l’absence de dispositif généralisé d’appui à la création et au développement adapté aux entreprises de l’économie sociale et solidaire.

Prévention des risques professionnels dans l’ESS

Dans le cadre de la Semaine de la qualité de vie au travail, Cides (Chorum Initiatives pour le développement de l’économie sociale) organisait le 23 juin une journée d’action « Agir pour la prévention des risques professionnels dans l’ESS ». Plus de 200 personnes étaient présentes, des organismes employeurs, des syndicats salariés, des représentants des grands mouvements associatifs, mais aussi des acteurs (directeurs de structure, DRH ou membres des CHSCT) et des professionnels de santé (médecins du travail, ergonomes…). « Ce n’est pas parce que nos entreprises ne sont pas au CAC 40 qu’il n’y a pas de problèmes de santé au travail dans l’ESS » rappelle François Desviaux, rédacteur en chef de Santé au travail. Des problèmes que la « réforme » des retraites en cours ne risque pas d’améliorer.

Militants de l’utopie ? Les Fouriéristes dans la seconde moitié du XIXe siècle

Bernard Desmars, Dijon, Les Presses du réel, 2010, 430 p.

Si l’œuvre de Charles Fourier a été beaucoup étudiée, notamment depuis deux décennies, celle du devenir de sa doctrine après sa mort en 1837 restait largement à découvrir. En ce domaine, trois hypothèses étaient suggérées de façon plus ou moins explicite par les historiens mais elles n’avaient guère été vérifiées. Comme de nombreux Saint-Simoniens, les Fouriéristes auraient renié leurs convictions et se seraient « adaptés » au capitalisme. Seconde possibilité, ils auraient tenté de concrétiser le fouriérisme dans des colonies icariennes, le plus souvent aux Etats-Unis, mais ces initiatives se seraient soldées par un échec. Ou enfin, ils auraient attendu, mais vainement, le Nouveau monde annoncé par les prophéties socialistes.