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Du concept d’« innovation sociale »

L’innovation sociale est devenue, en quelques années, un concept tellement galvaudé qu’il entretient une large confusion dans les débats. Utilisé d’abord en Amérique du Nord (1), il s’est généralisé
avec l’arrivée, dans les années 90, de la notion anglo-saxonne d’« entrepreneurs sociaux ». Introduit ensuite par des travaux initiés par la Communauté européenne (2), il est entré dans la loi française du 31 juillet 2014 relative à l’économie sociale et solidaire (ESS).
L’objet de notre article n’est pas de dresser un inventaire des différentes acceptions de ce concept, mais plutôt de chercher, d’une part, à asseoir sa définition sur des fondements théoriques et, d’autre part, à tirer les conséquences pragmatiques de ce positionnement.
Nous commencerons par l’innovation technologique, car c’est d’elle qu’il est question lorsque l’on évoque l’innovation sans donner d’autres précisions. Nous verrons cependant que cette définition masque des sous-entendus qui nous serviront pour définir l’innovation sociale. Cette définition peut déboucher sur deux approches : l’une collaborative, l’autre coopérative. Il importe de le préciser, car elles n’ont pas les mêmes implications en termes de projets politiques. Nous montrerons que la question de la propriété est au centre de ce qui les différencie. Un tableau de synthèse de ce raisonnement est présenté en annexe.

Numéro de revue: 
338
Année de publication: 
2015
Auteur(s): 
Jacques Prades

L’économie sociale à la rencontre du marché : l’expansion des mutuelles de santé dans les services à la personne

Ce travail s’intéresse, dans une perspective d’économie industrielle, à l’évolution de l’activité des mutuelles de santé. Sur un marché saturé, les opérateurs se différencient, notamment en développant la gestion de la relation client. L’essor des services annexes (garde d’enfants, soutien scolaire, etc.) peut s’intégrer dans cette stratégie. En investissant de nouveaux gisements de rentabilité comme les services à la personne, les mutuelles vont au-delà de l’assurance maladie complémentaire et préparent leur avenir dans un secteur de plus en plus concurrentiel.

Numéro de revue: 
338
Année de publication: 
2015
Auteur(s): 
Jean-Paul Domin et Florence Gallois

Coopérative et rapport au travail : le cas d’une CAE

La coopérative d’activités et d’emploi (CAE) permet d’accompagner les porteurs de projets entrepreneuriaux. A ce titre, les particularités de la CAE devraient avoir une influence sur eux – sur leurs compétences et leur identité professionnelle en particulier –, sous le statut original d’entrepreneurs-salariés, et plus généralement modifier leur rapport au travail. Cet article mobilise, dans un premier temps, la littérature sur la CAE, les profils génériques d’entrepreneurs, leurs compétences et leur identité professionnelle. Dans un second temps est présentée une enquête exploratoire dans une de ces coopératives, qui infirme certains aspects de la revue de littérature.

Numéro de revue: 
338
Année de publication: 
2015
Auteur(s): 
Marc-André Vilette

Les enjeux de la professionnalisation des entreprises d’économie sociale

Le processus de professionnalisation des acteurs individuels et organisationnels de l’économie sociale (ES) est un phénomène abordé selon divers points de vue dans la littérature scientifique depuis de nombreuses années. On retrouve des définitions variées de cette notion, illustrant la polysémie du terme. La compréhension de ce processus est essentielle dans le contexte actuel, qui pousse un certain nombre d’entreprises d’économie sociale (EES) à se professionnaliser pour s’adapter à un environnement de plus en plus concurrentiel, aux exigences accrues de leur secteur d’activité ou aux attentes spécifiques de leurs partenaires. L’objet de cet article est, d’une part, de présenter les enjeux de la professionnalisation des EES et, d’autre part, d’offrir des pistes de réflexion quant aux solutions à envisager afin de réaliser une professionnalisation à la fois
efficace et en adéquation avec les particularités des EES.

Numéro de revue: 
338
Année de publication: 
2015
Auteur(s): 
Luc Audebrand et Myriam Michaud

Le bien-être des usagers face aux indicateurs de performance Changement de modèle de l’IAE et tensions professionnelles

Etre un laboratoire du bien-être de leurs usagers est au coeur des préoccupations des responsables de structure d’insertion par l’activité économique (SIAE) du territoire étudié dans cet article. Les évolutions qu’ils décrivent de leur métier tendent cependant à leur faire opposer cette représentation de leur travail à d’autres, portées notamment par des indicateurs de performance issus des pouvoirs publics. Leurs discours montrent qu’en l’état ces structures sont également des lieux d’impuissance professionnelle pour des acteurs ne se sentant plus capables de répondre conjointement à ces deux logiques, qu’ils présentent comme contradictoires. En réponse, il s’agit de réinterroger collectivement les pratiques sociales et professionnelles pour se réapproprier le sens de leur métier.

Numéro de revue: 
338
Année de publication: 
2015
Auteur(s): 
Bernard Balzani, Eric Creusat et Renaud Garcia-Bardidia

Les emplois occasionnels dans les associations d'économie sociale

Le secteur associatif est celui qui fait l’usage le plus intensif d’emplois occasionnels, comparativement au secteur privé hors associations et au secteur public. Si l’on excepte les particuliers employeurs, un poste sur trois relève de cette catégorie. A partir d’une exploitation des déclarations annuelles de données sociales (DADS) de l’année 2010, le présent article étudie ces emplois associatifs particuliers et en présente quelques caractéristiques. Il montre que leur fréquence est variable selon les domaines d’activité et que ces emplois concernent surtout des métiers qualifiés. Quelques caractéristiques des salariés qui occupent ces emplois sont également exposées. Quatre d’entre eux sur dix ne connaissent que ce type d’emploi. Les autres ont par ailleurs un emploi principal, mais, malgré ce cumul, leur salaire total reste souvent inférieur à celui de leurs homologues sans emploi occasionnel.

Numéro de revue: 
338
Année de publication: 
2015
Auteur(s): 
Lionel Prouteau

L’ESS en Amérique latine : de nouvelles pratiques

En lançant la rédaction de ce dossier, en juin 2014, le comité éditorial de la Recma prenait acte du renouveau de l’économie sociale et solidaire (ESS) en Amérique latine. Avec sept articles et varia traitant spécifiquement de cette région dans les dix derniers numéros (lire également l’encadré), la revue n’était pourtant pas en reste.
Il nous est cependant apparu que le « moment » particulier de l’économie sociale et solidaire en Amérique latine méritait un temps d’arrêt. Ce moment fait suite, après les décennies perdues de l’ajustement structurel dans les années 80 et des crises des années 90, à une embellie économique du sous-continent qui a facilité la réduction de la pauvreté, de l’endettement et du chômage et l’émergence d’une classe moyenne latino-américaine.

Numéro de revue: 
337
Année de publication: 
2015
Auteur(s): 
François Doligez et Patricia Toucas-Truyen

Finances solidaires informelles au Pérou dans la perspective du capital social

Cette recherche explore les raisons qui motivent la participation aux finances solidaires informelles dans le contexte de l’Amérique latine, celui du Pérou notamment, à travers la notion de capital social. Dans ce but, nous examinons le cas des associations d’épargne et de crédit rotatif (AECR), une forme de crédit tontinier fondée sur la confiance et l’information partagée. Malgré le développement et la consolidation des microfinances dans ce pays, on observe que les associations de type tontinier sont encore très utilisées. A partir d’une étude exploratoire qualitative, nos résultats suggèrent que le type de capital social mobilisé explique en partie les motifs de leur utilisation. Par ailleurs, notre analyse met en exergue les motivations sociales, moins souvent explorées dans la littérature.

Numéro de revue: 
337
Année de publication: 
2015
Auteur(s): 
Sonia Tello-Rozas

Agriculture urbaine et autogestion à Cuba

Cet article a pour objet l’étude de l’agriculture cubaine depuis la révolution de 1959, et notamment son émergence au cours des années 90. L’agriculture urbaine a contribué autant à assurer la sécurité alimentaire du pays qu’à construire une économie moins centralisée et plus autonome par rapport au pouvoir politique à Cuba, grâce au développement d’unités économiques démocratiques et autogérées, fondées sur les principes de solidarité, d’attention au bien-être de la communauté et de respect de la nature. Cette nouvelle forme d’économie sociale se différencie des entreprises capitalistes, dont l’objectif est la concentration de pouvoirs et l’accumulation de richesses et de capital à travers l’exploitation du travail et de la nature. Elle se distingue également des traditionnelles entreprises étatiques cubaines, au sein desquelles les initiatives individuelles et la créativité des travailleurs sont limitées.

Numéro de revue: 
337
Année de publication: 
2015
Auteur(s): 
Ingrid Hanon

L’ESS produisant la ville à la périphérie de la périphérie : deux expériences brésilienne et argentine

L’économie sociale et solidaire (ESS) incarne des valeurs humanistes au travers de pratiques marchandes, non marchandes et non monétaires. Dans cet article, nous proposons des critères pour les identifier et les analyser en les illustrant par deux expériences qui produisent « de la ville » en Amérique latine : l’association des Moradores del conjunto Palmeiras (Brésil) et la coopérative Comunidad Organizada (Argentine). Nous exposons certains de leurs aspects constitutifs, tels que l’élaboration de « satisfacteurs » synergiques de besoins, non seulement pour leurs membres, mais aussi pour la communauté dans son ensemble. Les caractéristiques de ces expériences n’ont pas été suffisamment soulignées ni évaluées en termes de rationalité et d’utilité sociale. Cet article vise à les faire reconnaître sur le plan académique et en tant qu’éléments potentiels de formulation et d’évaluation des politiques publiques urbaines.

Numéro de revue: 
337
Année de publication: 
2015
Auteur(s): 
Ruth Muñoz

Militance, réciprocité, confiance : fondements d’un système alternatif de production-consommation en Argentine

Cet article présente une organisation collective construite sur un engagement sociétal et environnemental fort dans la province de Mendoza en Argentine. Développée autour de l'association El Arca, elle fonctionne sur un système de partenariat innovant initié à partir d’un modèle alternatif de production et de consommation avec une implication importante des parties prenantes internes et externes. Le texte analyse la logique socio-éco-militante qui a permis l’ancrage des valeurs de l’association sur des principes de solidarité, de responsabilité et de participation, et la manière dont la relation producteur-consommateur s’est développée sur les notions de confiance, de démocratie horizontale et de réciprocité. Par l’alternative qu’elle propose, fondée sur le travail dans le respect des valeurs du « buen vivir » (« bien-vivre »), cette organisation est un réel outil du développement local.

Numéro de revue: 
337
Année de publication: 
2015
Auteur(s): 
Gloria Maffet et Annie Sinda

Genèse et logiques de justification de l’économie communautaire et solidaire en Bolivie

Cet article vise à situer l’économie communautaire et solidaire en Bolivie dans le contexte actuel, marqué par une transformation épistémologique profonde et des changements politiques significatifs, tandis que la continuité l’emporte dans l’orientation des politiques économiques et sociales. Dans ce but, il retrace quatre trajectoires historiques. La première se réfère au syndicalisme agraire et indigène ; la deuxième, au mouvement d’économie solidaire et de commerce équitable ; la troisième, à l’interprétation par l’Eglise catholique du message de charité et de solidarité ; et la quatrième, à l’organisation des femmes des secteurs populaires. L’analyse fait ressortir les points de convergence comme de tension, voire d’incompréhension entre ces trajectoires, identifiant ainsi les éléments favorables ou contraires à la construction d’une autre économie en Bolivie.

Numéro de revue: 
337
Année de publication: 
2015
Auteur(s): 
Isabelle Hillenkamp et Fernanda Wanderley

L’économie populaire et solidaire en Equateur : vers la matérialisation du principe constitutionnel du bien-vivre ?

L’histoire économique et politique de chaque pays constitue un facteur déterminant du développement de l’économie sociale et solidaire (ESS). En Equateur, où sa version locale, l’économie populaire, a longtemps joué un rôle essentiel dans la subsistance des groupes les plus fragiles, l’Etat a entrepris un processus inédit en intégrant constitutionnellement l’économie populaire et solidaire (EPS) dans la transformation de son modèle économique. Prônant le principe du « bien-vivre » comme une alternative au développement occidental, le pays a fait le choix de promouvoir l’EPS comme l’un des principaux outils pour cristalliser son nouveau projet national. L’Equateur a créé un dispositif fort intéressant pour l’institutionnalisation de l’EPS et mène des actions concrètes qui méritent d’être diffusées afin d’approfondir les réflexions sur la place de l’EPS dans les politiques publiques des pays latino-américains.

Numéro de revue: 
337
Année de publication: 
2015
Auteur(s): 
Diana Sarrade Cobos

Cooperatives in France: Issues and challenges at the start of the 21st century

Conceived by Coop FR and the editorial team of Recma, this special issue of Recma in English presents French cooperatives today. We wanted to provide a comprehensive and multi-disciplinary picture of the French cooperative movement through six contributions on the following topics: an overview of the French cooperative sector today (Caroline Naett), the debate about the boundaries of the cooperative movement (Chrystel Giraud-Dumaire), socio-economics and the relationship between cooperatives and regions (Jean-François Draperi and Cécile Le Corroller), a comparative analysis of the organisations representing cooperatives in France, the United Kingdom and Italy (Enzo Pezzini), the history of French cooperative legislation (Loïc Seeberger) and, lastly, cooperatives in the social economy based on the legislation of July 2014 on the social and solidarity economy (David Hiez).

Caroline Naett’s article examines the contribution of cooperatives to the new French law on the social and solidarity economy and reveals the vitality of the French cooperative movement. Reminding us of the sector’s strength – 23,000 cooperative enterprises with over a million employees and 24.4 million members – she shows that the cooperative movement’s proactive involvement in the consultation process led the minister in charge to take into account the core of the movement’s recommendations. The movement’s proposals were mainly aimed at reaffirming cooperative identity.
This point is worth stressing at a time when economic and regulatory pressures and, consequently, statutory changes are challenging cooperative principles and justify the work of the International Cooperative Alliance (ICA) on revising the seven cooperative principles.
Chrystel Giraud-Dumaire presents the issues involved in measuring cooperatives statistically. In France, this debate is rooted in the work that the Association pour le développement de la documentation de l’économie sociale (ADDES) has been pursuing since its creation in 1982 to “determine the exact impact of the social economy”. The debate has intensified and
shifted over the past ten years, reflecting the interest sparked by the social and solidarity economy (SSE). On one side of the debate is what could be called the dominant argument of the SSE as put forward by the Observatoire national de l’économie sociale et solidaire (ONESS), and on the other side is the argument of cooperatives strictly speaking as advanced by Coop FR, one of the major institutional intermediaries. This debate has both theory implications – it divides the research community – and policy implications – as so much of the data published by the two sides differs. The figures in  the Atlas de l’ESS by ONESS and Coop FR’s figures can vary by as much as threefold. This debate is related to a question that arises in France, as elsewhere, insofar as the consolidated figures for the cooperative movement are none other than the ICA’s. The author discusses both the disagreements and the progress made in this still ongoing debate. Extracts from the “Sectoral
panorama of cooperative enterprises”, providing key figures on cooperatives in France, round off the analysis.
Expanding on the context set by those two contributions, the article by Jean-François Draperi and Cécile Le Corroller presents a cooperative socio-economics based on an examination of the relationships between cooperatives and regions. Distinguishing the situation of large and small
cooperatives as well as a range of regional identities, the authors highlight specific and complex relationships. In general, small cooperatives are very broadly a reflection of the regions where they were started while large cooperatives construct their own regional identities. In both cases,
cooperatives develop original ways of behaving in terms of the geographical space. Based on these observations, the authors propose a typology of five cooperative regions in which cooperation is 1) rather rooted in tradition; 2) integrated in the dominant economy; 3) serving the public interest; 4) concerned with identity and alternative principles; or 5) multi-stakeholder and inter-cooperative. These types are the many expressions of an original socio-economic development project in the geographical milieu.
The article by Enzo Pezzini widens the scope of investigation to the European level in his examination of the organisation of cooperative federations in France, the United Kingdom and Italy. This comparative study provides an opportunity to present the cooperative sector within both these three countries and the European context. The author identifies three organisational models as “sectoral” in France, “cross-sectoral” in the United Kingdom, and “integrated” in Italy, and shows that this diversity presents a challenge for the European cooperative movement, in particular in dealing with powerful lobby groups. The cooperative movement needs to speak with a single voice and move beyond the sectoral model that shapes
cooperative representation on the European level. This change, the author concludes, is fundamentally a question of political will.
To best understand the contemporary evolution of cooperatives, we feel the reader should have an overview of the evolution of French cooperative law. Starting from the first relevant legislation, the Companies Act of 24 July 1867, until the general law on cooperatives of 10 September 1947, Loïc Seeberger’s historical survey captures the complexity of cooperative legislation. Looking back at the past reveals how the different forms of French cooperatives have been established in company law with the exception of agricultural cooperatives, which are a special category under separate
legislation. The author also highlights the importance of the Act of 2014 on the social and solidarity economy. The scope of that legislation extends beyond cooperatives. The originators of the term “social economy”, the French cooperative movement is a major player in the SSE, while the legislation increasingly defines the political framework for the movement’s expression. Defining the SSE is an endless debate to which the legislation clearly provides a new context.
David Hiez looks at this whole vast law – around a hundred articles and eighty pages long – on the social and solidarity economy, which was passed on 31 July 2014. According to the author, the legislation reflects the return of government support for the SSE. This support takes various forms including financial measures, the strengthening of the SSE’s traditional mechanisms, the possibility of partnerships, improving legal certainty, etc. This is thus an ambitious and important piece of legislation that organisations can embrace
wholeheartedly.
French cooperatives are probably at a turning point in their two-hundred year history. With greater consolidation, particularly in agriculture and food processing, the growth of worker cooperatives (sociétés coopératives et participatives, or SCOPs), artisanal cooperatives (cooperatives artisanales),
business and employment cooperatives (coopératives d’activités et d’emploi, or CAEs) and community-interest cooperatives (sociétés coopératives d’intérêt collectif, or SCICs), and the resurgence of the consumer cooperative
movement, the debates concerning cooperatives reveal more than ever the pressures they face and their determination to promote collective, free, democratic and socially responsible entrepreneurship. There is certainly no shortage of pitfalls. However, as demonstrated by the resistance of the Cooperative Wholesale Society in Manchester to the attempted hostile takeover between 1997 and 1999 (see Graham Melmoth’s article in Recma, no. 271, January 1999), the commitment of cooperative members is the guarantee of a cooperative future. Greater participation in general assemblies and the refocusing of large cooperatives, including those in the banking sector, on
fundamental values indicate that the phase of degeneration and probably demutualisation may be over. Through the combined work of researchers and practitioners, let us make the cooperative movement capable not only of resisting the dominant economic model but also of sharing its choices with an ever-growing number of men and women.
I hope you enjoy this special issue.

Numéro de revue: 
0
Année de publication: 
2015
Auteur(s): 
Jean-François Draperi

A benevolent legal look at the Social and Solidarity Economy Act

The law passed last July was presented as a major piece of legislation that would reinvigorate and restructure the social and solidarity economy. Apart from official statements, reactions to the law have been guarded or critical. These reservations mirror the expectations that the law generated, expectations that a lawyer might consider unrealistic. The law does not appear to be fundamentally different from its counterparts in Spain and Quebec at least in its organisational aspects. In the French context, however, the law is a departure from the previous law in 1992, which had comparable ambitions. Besides the influence of the issues raised by the solidarity economy and social enterprises, the law features fewer attractions for capitalist mechanisms and reaffirms and strengthens principles that are more specific to the social and solidarity economy.

Numéro de revue: 
0
Année de publication: 
2015
Auteur(s): 
David Hiez

History of the evolution of cooperative law from its origins to the present day

To understand the history of cooperative legislation, it is helpful to look at some milestones in its development. Two important markers shape its evolution: the law of 24 July 1867 which recognised, although only indirectly, the existence of cooperative societies, and the legislative framework of the law of 10 September 1947, which defined the legal form and gave it its full legal identity. The slow genesis of a law specific to cooperatives began with the first attempts at forming cooperatives and culminated with the lasting consolidation of cooperative legislation. However, the rooting of particular clauses in the body of French law led to the specification of a unique statute of which the law on the social and solidarity economy, witch was voted on this summer, is an obvious example.

Numéro de revue: 
0
Année de publication: 
2015
Auteur(s): 
Loïc Seeberger

The organisational diversity of cooperative federations: A challenge for the EU

The cooperative movement in Europe plays a very significant role in reality but has a weak collective identity and lacks political clout. This situation is largely the result of how the movement’s representative organisations have evolved in individual European countries. They have developed in very different ways, mixing and promoting sector and cross-sector organisations depending on the case. Briefly examining three national experiences, we identify the different models and their evolutions. These national analyses help us compare the way representative organisations have developed and determine possible future directions for representing cooperatives at the European level.

Numéro de revue: 
0
Année de publication: 
2015
Auteur(s): 
Enzo Pezzini

Cooperatives and regions in France: Specific and complex relationships

This article looks at the relationship between cooperatives and regions. After presenting some aspects of the transformation of cooperatives and the possible impact on the relationship with their region, the article draws on a qualitative survey conducted in autumn 2013 and winter 2014 of some fifty cooperatives in ten French regions. We then present a series of factors of regional embeddedness: increase in participation in a cooperative, cooperative education, investment in real estate and, in the big cooperative groups, savings on transaction costs and containing agency costs. The article puts the history of these changes into perspective and proposes five types of cooperative regions that define the contours of a cross-cooperative meso-republic.

Numéro de revue: 
0
Année de publication: 
2015
Auteur(s): 
Jean-François Draperi et Cécile Le Corroller

The problem of cooperative boundaries: History, considerations and constraints

For more than 20 years, the French cooperative movement has worked on the definition of its economic boundaries, an essential problem for cooperative enterprises. As a satellite account of the social and solidarity-based economy (SSE) does not exist, it organised itself together with public authorities and the players of the SSE in view of defining “extended” boundaries, which take into account the “cooperative core” and the subsidiaries of cooperatives. The cooperative movement is confronted with diverging views on the definition of this economic boundary by the Observatoire national de l’ESS (National SSE Observatory), which engages in the collection of statistics and measurement as well as the observation of the social and solidarity-based economy. This article retraces the major periods of and the background to the establishment of the cooperative boundaries as defined by Coop FR, the organisation representing the French cooperative movement. It also proposes ways to progress towards a better visibility of SSE enterprises and cooperatives in particular.

Numéro de revue: 
0
Année de publication: 
2015
Auteur(s): 
Chrystel Giraud-Dumaire

The making of the Social and Solidarity Act from the cooperative perspective

The Social and Solidarity Economy Act passed on 31 July 2014 has a large component on cooperatives. While cooperatives are responsible for many of the measures that concern them, several are the result of ministerial decisions and have led cooperatives to change their positions. This article retraces the lively internal debates that cooperatives had during the process of drafting the bill as well as their expectations about what should happen next.

Numéro de revue: 
0
Année de publication: 
2015
Auteur(s): 
Caroline Naett

Le mochav classique et ses départements en Israël

Un mochav est un village coopératif à fonctions multiples, qui n’existe qu’en Israël et dont le fonctionnement comptable et fi nancier présente une particularité liée à l’existence de diff érents départements. Jusqu’ici très peu étudié, ce modèle a pourtant des caractéristiques spécifiques, que nous entendons décrire. Le présent article revient sur le fonctionnement du mochav et souligne comment les exercices fi nanciers annuels des départements ne montrent ni excédents ni pertes, à l’inverse de ceux de nombreuses coopératives dans le monde, qui terminent leur exercice annuel soit avec d’importants excédents budgétaires non redistribués aux membres, soit avec des pertes couvertes par les réserves de la coopérative ou par ses bénéfi ces non répartis. Enfi n, l’article expose le cas d’un mochav israélien dans lequel la situation fi nancière de chaque département repose sur la participation des membres à son activité économique, puis nous nous interrogerons sur le caractère équitable de ce mode de fonctionnement.

Numéro de revue: 
336
Année de publication: 
2015
Auteur(s): 
Zvi Galor

Les marqueurs d’innovation sociale : une approche institutionnaliste

L’innovation sociale fait actuellement l’objet d’une attention soutenue en France et plus largement en Europe. En particulier, l’un des enjeux pour les pouvoirs publics réside dans le fait de disposer d’outils afin d’identifier et de sélectionner des projets favorisant l’émergence de nouvelles trajectoires d’innovation par la valorisation, l’accompagnement et le financement des initiatives. Cette contribution a pour but de montrer comment, à partir d’une approche institutionnaliste, il a été possible d’élaborer, en Picardie, un outil collectif d’analyse : les marqueurs d’innovation sociale, permettant d’asseoir une politique publique de soutien à l’innovation sociale.

Numéro de revue: 
336
Année de publication: 
2015
Auteur(s): 
Emmanuelle Besançon et Nicolas Chochoy

Les agriculteurs sont-ils traités justement par leur coopérative ?

Grâce à l’analyse des résultats d’une étude exploratoire menée auprès de 534 adhérents d’une coopérative agricole polyvalente du sud de la France, cet article entend montrer la pertinence du concept de justice organisationnelle dans la compréhension de la relation qu’entretiennent les adhérents avec leur coopérative. Il présente également un état des lieux des perceptions qu’ont les adhérents de la justice, d’où il ressort que les relations avec les représentants de la coopérative sont jugées positivement, alors que les questions de participation et de rémunération génèrent un plus grand sentiment d’injustice.

Numéro de revue: 
336
Année de publication: 
2015
Auteur(s): 
Valérie Barraud-Didier, Marie-Christine Henninger et Geneviève N’Guyen

Economie sociale, protection sociale et bien-être de 1830 à 1970

Cet article historique retrace l’évolution des pratiques mutualistes et coopératives visant à favoriser le bien-être des milieux populaires depuis l’origine de l’économie sociale (ES) jusqu’au début des années 70. Il souligne notamment le rôle pionnier et stimulant de la mutualité dans la genèse de la protection sociale, universellement considérée à partir du xxe siècle comme un facteur fondamental du bien-être des populations. Il montre aussi que l’ES s’est constamment adaptée aux fluctuations de la conception du bien-être afin de répondre aux aspirations de ses adhérents, qui s’expriment dans le cadre des assemblées générales des mutuelles ou des coopératives. Ainsi, en un siècle et demi, l’économie sociale a progressivement étendu le champ de ses activités, en intégrant de nouveaux standards du bien-être, à la fois plus exigeants et plus consuméristes.

Numéro de revue: 
336
Année de publication: 
2015
Auteur(s): 
Yannick Marec et Patricia Toucas-Truyen

Eléments pour une théorie de l’ESS : les cas du Brésil et de la France

Cet article analyse les différentes conceptualisations de l’économie sociale et solidaire (ESS) issues des milieux académiques brésilien et français, et plus particulièrement la manière dont elles appréhendent la place de l’ESS dans la société et le changement social. L’objectif est d’identifier les divergences et les similitudes à travers une comparaison des débats théoriques dans les deux pays. Du côté brésilien, les principaux auteurs mettent en avant l’autogestion comme principe entrant en contradiction avec le reste de la société. Cependant, le rôle de l’Etat apparaît important pour le développement de ce secteur. Du côté français, c’est à la fois l’autonomie et le rôle de l’Etat qui sont valorisés. La synthèse met en évidence la contribution des conceptualisations propres à chaque pays dans l’élaboration d’un nouveau modèle culturel au sens où l’entend Alain Touraine.

Numéro de revue: 
336
Année de publication: 
2015
Auteur(s): 
Magali Zimmer et Carolina Orquiza Cherfem

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