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Tissu associatif et cohésion sociale au Maroc : le cas de la ville de Taroudant

L’économie sociale et solidaire (ESS) est un moteur de croissance et de développement qui s’attache à répondre aux besoins des populations
locales. Ce champ est riche de structures et de pratiques variées, parmi lesquelles se distingue le tissu associatif, qui ne cesse de prendre de l’importance dans les pays en voie de développement. Nous souhaitons ici mettre en relief le rôle des associations dans le développement social au Maroc, en présentant des données relatives à la ville de Taroudant, au sud de Marrakech. Le choix de cet espace urbain se justifie par l’importance du tissu associatif qui s’y déploie (près de 4 000 associations dans la province).
Notre étude porte sur un échantillon de 319 associations qui opèrent effectivement à Taroudant. Elles sont réparties sur plusieurs domaines : social, éducation, profession, habitat, culture, sport, art et environnement. Les données collectées nous permettent de brosser un tableau statistique de la vie associative locale et d’évaluer l’utilité sociale de cette dernière par la mesure de son impact sur le développement local et la cohésion sociale, en se basant sur trois critères : l’égalité des chances, la solidarité et le lien social.

Numéro de revue: 
333
Année de publication: 
2014
Auteur(s): 
Mustapha Jaad et Elhoussaine Erraoui

Après la faillite de Co-op Bank, quelles perspectives pour la gouvernance des coopératives bancaires ?

Depuis la vague des démutualisations de l’époque thatchérienne (1997), la crise que traverse The Co-operative Bank est une des plus importantes que subisse le secteur européen des banques coopératives. The Co-operative Group, dont le siège est à Manchester (Royaume-Uni), comprend en son sein des activités diverses, que ce soit dans la pharmacie, l’agriculture, les pompes funèbres ou encore la banque au travers de The Co-operative Bank. Cette dernière, afin de changer de taille et d’acquérir un réseau de distribution plus dense, s’est engagée en 2009 dans le rachat du groupe immobilier Britannia. A l’audit qui aurait largement minimisé les risques, s’est ajouté un retournement du marché immobilier. La banque s’est ensuite engagée dans le rachat de 630 agences de Lloyds Banking Group, qu’elle ne parviendra pas à finaliser. Dans le même temps, la très forte augmentation des exigences totales de capital par le régulateur national, passant
de 1,9 milliard de livres à 3,4 milliards, ainsi que les errements de son président ont été autant de facteurs qui ont entraîné la banque dans une spirale infernale. Cette plongée a nécessité une recapitalisation de 1,5 milliard de livres, puis de 400 millions. La banque est alors passée aux mains de ses créanciers. Un risque de contagion a émergé : l’ensemble du mouvement coopératif peut ainsi être contesté et fragilisé.

Ce qui arrive à cette banque anglaise sonne comme un appel à poursuivre la construction d’une activité économique en accord avec les attentes des membres coopérateurs. Le chief executive de Phone Co-op rappelait que, de la période des démutualisations, les coopératives survivantes sont ressorties revigorées. L’enjeu aujourd’hui est de renouer les liens entre les membres coopérateurs et leurs dirigeants, réaffirmer en somme le modèle coopératif de gouvernance, une position qui souligne l’importance de la dimension humaine et culturelle de la démocratie en entreprise. Celle-ci fonctionne si elle peut s’exercer dans un cadre local, de manière directe entre la structure et le membre. Cela n’est pas antinomique de l’existence de grandes entités coopératives ou mutualistes, pour autant que les membres aient une réelle capacité d’influence. La notion de proximité doit alors être réaffirmée, pour amener les dirigeants coopératifs à rester au contact de la réalité économique et des enjeux. Les difficultés de Co-op Bank mettent en évidence une tendance à évincer du coeur du système les administrateurs des banques. Les coopérateurs doivent prendre conscience que l’héritage et l’avenir de la coopération sont en jeu.

Numéro de revue: 
333
Année de publication: 
2014
Auteur(s): 
Jean-Louis Bancel et Olivier Boned

La constitution de groupes associatifs dans l’insertion par l’activité économique

L’objet de cet article est de traiter de la constitution de groupes associatifs dans le secteur de l’insertion par l’activité économique (IAE), en analysant conjointement la croissance d’entreprises sociales d’insertion et la formation d’alliances interentreprises. Une grille de lecture théorique des modèles canoniques de concentration permet d’explorer deux études de cas. Le premier groupe associatif s’est édifié en valorisant une polycompétence technique et conçoit son expansion par connexion avec les besoins situés et les acteurs des territoires. Le groupe mixte étudié est de plus grande taille que le précédent. Il présente aussi la caractéristique de contrôler des associations et des sociétés. Il couvre ainsi plusieurs axes professionnels de l’IAE, tout en renouvelant ses activités productives par extension à des secteurs innovants.

Numéro de revue: 
333
Année de publication: 
2014
Auteur(s): 
Patrick Gianfaldoni

Collaborer avec le secteur lucratif

Sous l’effet conjoint de la responsabilité sociale des entreprises et de l’entrepreneuriat social, les collaborations entre organisations à but lucratif et organisations sans but lucratif sont aujourd’hui fréquemment présentées comme fructueuses pour les deux parties : d’une part, elles seraient susceptibles d’accompagner les entreprises vers une meilleure prise en compte des enjeux sociaux et environnementaux et, d’autre part, elles offriraient au secteur sans but lucratif de nouvelles opportunités pour accomplir ses missions. Face à ces attentes élevées, il est intéressant de tirer les enseignements de la littérature qui s’est développée sur le sujet depuis une quinzaine d’années, principalement dans le monde anglo-saxon. Le bilan de ces travaux se révèle mitigé : si ce type de collaborations apparaît potentiellement prometteur, leur mise en oeuvre est particulièrement délicate.

Numéro de revue: 
333
Année de publication: 
2014
Auteur(s): 
Philippe Semenowicz

Historique de l’évolution du droit des coopératives, de ses origines à nos jours

Pour comprendre l’histoire de la législation coopérative, des jalons doivent être posés. Deux importants marqueurs permettent de structurer son évolution : la loi du 24 juillet 1867, qui vient reconnaître – bien qu’indirectement – l’existence des sociétés coopératives, et la loi-cadre du 10 septembre 1947, qui en définit le statut et lui donne sa pleine identité. La lente genèse d’un droit à destination des coopératives a débuté avec les premières tentatives d’association et s’est achevée avec l’affermissement durable du droit coopératif. Cependant, l’enracinement des statuts particuliers dans le maillage légal a abouti à la spécification d’un droit propre, dont la loi sur l’économie sociale et solidaire – votée cet été – est un exemple flagrant.

Numéro de revue: 
333
Année de publication: 
2014
Auteur(s): 
Loïc Seeberger

Gouvernance coopérative : un éclairage théorique

Cette étude à visée conceptuelle traite de la gouvernance des coopératives, champ sous-théorisé comparativement à la grande firme classique. Notre démarche mobilise trois théories relatives à ce sujet : le contrat psychologique, le contrat social et l’intendance. Le premier donne un modèle mental. Le deuxième conforte le contrat psychologique par des normes relationnelles et transactionnelles qui doivent organiser la relation des dirigeants avec les coopérateurs. La troisième fournit le profil et les convictions du dirigeant-intendant cohérents avec les attentes du modèle mental et les normes comportementales du contrat social. Cet article se propose d’ouvrir des perspectives, en accord avec les principes et les valeurs de la coopération, susceptibles de fournir des soubassements à un cadre théorique de gouvernance coopérative.

Numéro de revue: 
333
Année de publication: 
2014
Auteur(s): 
Nacer-Eddine Sadi et Françoise Moulin

Le modèle de gestion dans les coopératives de Mondragón : qualité, légitimation et changement institutionnel

Cet article analyse le modèle de gestion corporatif (MGC) du groupe Mondragón Corporation coopérative (MCC), qui s’est érigé en symbole de l’efficience et de la modernisation des coopératives dans l’utilisation de modèles de gestion reconnus à l’échelle européenne et mondiale. Le modèle de gestion basé sur la qualité a été systématiquement appliqué, dans un souci d’homogénéisation et d’intégration du groupe MCC, sans véritable prise en compte des histoires, des cultures et des spécificités de chaque coopérative. Cette situation a engendré de nombreuses tensions internes, jusqu’au retrait du groupe de plusieurs coopératives, remettant en cause la pertinence du modèle de gestion corporatif.

Numéro de revue: 
333
Année de publication: 
2014
Auteur(s): 
Rafael Altuna et Eguzki Urteaga

La Scop SAS : une nouvelle opportunité en faveur de l’entrepreneuriat

Le secteur coopératif représente à ce jour dans le monde près d’un milliard de membres et plus de 100 millions d’emplois. En France, il compte 21 000 entreprises, près d’un million de salariés pour 288 milliards de chiffres d’affaires – autant dire un pan non négligeable de la vie économique française. Il est pourtant souvent ignoré du grand public, voire parfois dénigré par les acteurs du secteur purement capitaliste, qui y voit, sur fond de mondialisation de l’économie, une structure au management et à l’organisation trop atypique, pour ne pas dire utopique. Les sociétés coopératives – et plus particulièrement la Scop, « société coopérative et participative », dont il sera question ici – n’ont cependant pas fini de faire parler d’elles dans les prochaines années. En atteste la décision de l’Organisation des Nations unies de faire de 2012 l’année de la coopérative, de même que l’ensemble des mesures, annoncées par le gouvernement ces derniers mois, destinées à créer le « choc coopératif » tant attendu des acteurs du secteur. Leur nombre a d’ailleurs considérablement augmenté : pour la seule année 2012, la Confédération générale des Scop relevait 248 sociétés coopératives et participatives supplémentaires, portant à 2 165 le nombre total de Scop françaises. 

Numéro de revue: 
332
Année de publication: 
2014
Auteur(s): 
Marina Bertrel

L’état des associations après la crise

La dernière édition de l’enquête Paysage associatif français, conduite en 2011 et 2012, a été menée dans un contexte marqué par des mutations importantes et par la crise économique. Le processus de décentralisation se poursuit, et avec lui le transfert de compétences et de ressources de l’Etat vers les collectivités locales qui explique une part des tendances observées depuis une dizaine d’années, avec une baisse progressive du poids du premier et une montée en charge des secondes. Le déficit public n’est pas récent, mais il se manifeste aujourd’hui avec plus d’acuité. Il explique par ailleurs l’accélération du recul de l’Etat dans le financement des associations et contraint désormais les marges de manoeuvre des collectivités locales. La période récente est aussi marquée par la professionnalisation des associations, nécessaire dans les contextes de  technicisation croissante de leur action et de concurrence dans lesquels elles sont placées. Les normes législatives et réglementaires contribuent à accélérer ce processus, en encadrant de plus en plus l’activité des associations. Le besoin en compétences de ces dernières concerne à la fois le travail salarié et le travail bénévole. En matière d’emploi salarié, la professionnalisation implique de rémunérer à leur niveau les compétences des travailleurs, mais elle est rendue plus difficile par la contraction des financements. Dans ce contexte de mutations, la crise économique de 2009 a pour conséquence d’amplifier la raréfaction des ressources publiques et privées et de générer des besoins croissants de solidarité. L’objectif du programme d’enquête (lire l’encadré 1, en page suivante) conduit est double : construire les indications chiffrées sur l’activité des associations et repérer les grandes évolutions intervenues  depuis 2005, année du dernier état des lieux (1).

Numéro de revue: 
332
Année de publication: 
2014
Auteur(s): 
Viviane Tchernonog, Lionel Prouteau, Muriel Tabariés et Erika Flahault

Comment se financent les associations belges francophones?

En raison de la nature de leurs activités et de leur finalité non lucrative, les associations rencontrent des problèmes spécifiques de financement. Cet article en présente une première étude empirique sur la Belgique francophone (Wallonie et Bruxelles). La proximité juridique des associations belges et de leurs homologues françaises ainsi que les similitudes entre les réalités associatives des deux pays permettent de donner aux résultats obtenus une portée assez générale. L’enquête montre notamment que si les associations se tournent effectivement peu vers les banques, que ce soit pour faire face à des problèmes de trésorerie ou pour financer leurs investissements, ce n’est pas en raison de difficultés d’accès au crédit, mais plutôt pour des raisons de principe (ne pas s’endetter auprès des institutions bancaires).

Numéro de revue: 
332
Année de publication: 
2014
Auteur(s): 
Sybille Mertens et Michel Marée

Les communautés Emmaus en Europe

Le mouvement associatif Emmaüs, fondé en France par l’abbé Pierre en 1949, a créé une structure singulière permettant à la fois la protection sociale et l’emploi des populations exclues : les communautés Emmaüs. Celles-ci pratiquent une activité de récupération et de valorisation de déchets d’équipements électriques et électroniques et d’objets de seconde main et oeuvrent également à l’hébergement et à l’insertion de populations exclues. La singularité de leur modèle économique repose sur une hybridation des formes d’organisations et sur une flexibilité au niveau de la gestion des ressources humaines. Soumise à des obligations de rentabilité économique et de protection sociale, la rationalité des communautés en France, en Espagne et au Royaume-Uni évolue selon leurs positions sur différents marchés. Les valeurs du mouvement constituent maintenant une limite au développement de ce modèle. Le mouvement français s’est moins adapté aux règles du marché, ce qui a un impact sur l’intégration des principaux acteurs et bénéficiaires : les compagnons.

Numéro de revue: 
332
Année de publication: 
2014
Auteur(s): 
Joël Ambroisine

Le Familistère de Guise : un paternalisme de gauche ?

Le Familistère de Guise, entreprise d’inspiration socialiste, est souvent comparé, voire assimilé, à une forme de paternalisme, dans la mesure où l’on y retrouve le même type d’institutions sociales – logements, mutuelles de santé, écoles – que dans les grands centres industriels paternalistes, chez Michelin ou Schneider par exemple. Cependant, ce terme de paternalisme suppose avant tout une certaine conception des rapports sociaux internes à l’entreprise dans laquelle on ne peut pas reconnaître la pensée de Jean-Baptiste Godin, le fondateur. En revanche, après la mort de celui-ci, ses successeurs à la tête de la structure expriment des opinions qui autorisent progressivement à parler désormais de modèle paternaliste.

Numéro de revue: 
332
Année de publication: 
2014
Auteur(s): 
Jessica Dos Santos

L’économie sociale en Roumanie à l’épreuve des représentations et des faits

 Le concept d’économie sociale (« economia socială ») a depuis peu fait son apparition en Roumanie. Il a d’abord été promu par l’analyse scientifique. Il est aujourd’hui proposé dans des textes législatifs. Cette promotion récente s’inscrit dans une double logique : économique, de mise en conformité des entreprises d’économie sociale et solidaire avec les directives européennes concernant les statuts et les convergences comptables (quatrième directive), et politique, de représentation du secteur dans la vie publique. Au travers de ce concept émergent, le présent article cherche à saisir l’évolution récente des notions associées à l’ES et à comprendre quelles sont les spécificités d’une économie sociale « à la roumaine ». Pour cela, la mobilisation de points de vue d’acteurs quant à l’utilité de la terminologie « economia socială », au sens qu’ils lui donnent et à son impact potentiel renseigne sur le possible devenir du développement du secteur en Roumanie.

Numéro de revue: 
332
Année de publication: 
2014
Auteur(s): 
Emmanuel Bioteau, Pascal Glémain et Alexandru Dragan

Dynamiques de l’économie sociale en Corée du Sud

La Corée du Sud est un cas particulièrement intéressant pour qui s’intéresse à l’économie sociale : on y assiste, depuis une quinzaine d’années, à l’émergence d’un ensemble de concepts et de dispositifs juridiques successifs qui traduisent un intérêt pour l’entreprise sociale, les coopératives et, plus récemment, l’idée d’économie sociale dans une société faisant face à de nouveaux défis socioéconomiques et à un environnement politique renouvelé par l’entrée dans la démocratie à la fin des années 80. Le présent article revient en détail sur ce processus, montrant notamment qu’en même temps qu’ils gagnent en reconnaissance et en visibilité, ces différents concepts n’échappent pas au risque de récupération et de déformation.

 

Numéro de revue: 
332
Année de publication: 
2014
Auteur(s): 
Hyungsik Eum et Eric Bidet

Une théorie pour l’économie sociale et solidaire?

David Hiez et Eric Lavillunière ont dirigé la publication d’un livre dont le titre, Vers une théorie de l’économie sociale et solidaire (1), d’emblée, attire et interpelle. Il doit en effet être question d’une théorie de l’économie sociale et solidaire (ESS), horizon vers lequel l’ouvrage permettrait d’avancer. Il va de soi que cette ambition impose autre chose que de simples actes de colloque. De fait, ce livre se présente comme un travail ne se réduisant pas à des actes, même si les textes proviennent de deux événements organisés en 2010 par le Réseau interuniversitaire de l’économie sociale et solidaire (Riuess) : d’une part, une double journée d’étude autour d’une réflexion très orientée et intensive sur la question théorique (Marne-la-Vallée, 4-5 février 2010) ; d’autre part, le colloque annuel du Riuess (Luxembourg, 2-4 juin 2010), dont l’appel avait été centré sur la même problématique. La première partie vise à « la définition de [la] structure interne » d’une théorie nouvelle de l’ESS (p. 9), produisant des « ébauches d’une théorie de l’économie sociale et solidaire » (c’est le titre de la partie), pour l’essentiel au moyen de contributions aux journées de février 2010 ; la seconde partie, quant à elle, a pour objectif « l’élucidation de [la] place [de l’ESS] vis-à-vis de l’extérieur » (p. 9) et s’alimente surtout de textes présentés lors du colloque annuel. Deux textes dans chacune des deux parties produisent une interpénétration de ces deux manifestations scientifiques (Dacheux-Goujon et Gardin dans la partie de l’élucidation interne, Ricard Lanata et Corcuff dans la partie de l’articulation externe) (2). Ce texte ne cherche pas à porter la critique aux codirecteurs du livre quant aux insuffisances d’une théorie de l’ESS, qu’il ne vise de toute façon pas à produire (3). Il s’agit de discuter la pertinence et les conditions de possibilité d’une telle théorie, en partant de ce qu’apportent et laissent voir les textes du livre. Pour cela, je n’entreprendrai pas ici un examen exhaustif de ces textes (leur variété rend l’exercice difficile pour le rédacteur, qui devrait se contenter de délivrer ce que l’on voit déjà dans la table des matières), mais je centrerai ma réflexion sur l’ambition première du livre en tant que totalité : cette ambition est-elle réalisée ? Est-elle réalisable ? Est-elle même souhaitable?

Numéro de revue: 
331
Année de publication: 
2014
Auteur(s): 
Jérôme Blanc

Les prix de l’Addes 2013, rapport du jury

La constitution et le développement d’une communauté scientifique ayant pour objet l’économie sociale ont été et demeurent l’un des objectifs fondamentaux de l’Addes, Association pour le développement de la documentation sur l’économie sociale. Le moyen essentiel pour atteindre cet objectif a été la création des prix de thèse et de mémoire attribués à de jeunes chercheurs lors de chaque colloque depuis 1986, grâce à la générosité de la Fondation Crédit coopératif, laquelle apporte aussi un soutien sans faille à la Recma. La riche cuvée 2013 de thèses et de mémoires (niveau master 1 et 2) témoigne du succès de l’entreprise vingt-sept ans après cette création, à la fois pour le nombre de thèses et de mémoires qui ont concouru pour le prix 2013, par la qualité scientifique de ces travaux, par la diversité des thématiques choisies par les jeunes chercheurs ou encore par la diversité géographique des universités et des équipes ou centres de recherche doctorale qui ont soutenu ces travaux et, enfin, par la palette des disciplines scientifiques mobilisées. Le tableau 1 (en page suivante) synthétise cette diversité et cette richesse. L’annexe présente la liste intégrale des thèses et des mémoires soumis au jury de l’Addes, leur nature disciplinaire, leur objet (intitulé) et les universités d’origine. Tous ces travaux sont consultables au centre de documentation du Crédit coopératif (1).


(1) 12, boulevard Pesaro, CS 10002, 92024 Nanterre cedex. Contact : Véronique Larosée, tél. 01 47 24 85 62, mél. veronique.larosee@credit-cooperatif.coop.

Numéro de revue: 
331
Année de publication: 
2014
Auteur(s): 
Maurice Parodi

La Coopérative nationale de producteurs de lait de l’Uruguay: une régie coopérative?

Au début du XXe siècle, Bernard Lavergne a proposé le modèle de régie coopérative comme un type spécial de coopérative créé par l’Etat. Il existe peu d’exemples de ce genre de structures à travers le monde. Cet article analyse la Coopérative nationale de producteurs de lait de l’Uruguay (Conaprole), créée en 1935 par une loi comme une régie coopérative. Il examine, d’abord, les discussions parlementaires qui ont précédé le vote de la loi et interroge, ensuite, la nature de Conaprole, hybride coopératif où l’intérêt du producteur prime sur celui du consommateur.

Numéro de revue: 
331
Année de publication: 
2014
Auteur(s): 
Juan Pablo Martí

Evaluer l’impact social d’une entreprise sociale : points de repère

Cet article propose des points de repère essentiels à la compréhension des enjeux de l’évaluation de l’impact social pour les entreprises sociales. Il fait état, notamment, des différents types d’objectifs poursuivis. Il présente les grandes familles de méthodes, ainsi que leurs limites et leurs atouts respectifs. Il accompagne aussi la réflexion relative au choix d’une méthode en proposant d’aborder l’évaluation de l’impact social comme un processus contextualisé, motivé par des objectifs et des questions précises, formulés par les acteurs eux-mêmes.

Numéro de revue: 
331
Année de publication: 
2014
Auteur(s): 
Emeline Stievenart et Anne-Claire Pache

Les principes mutualistes confrontés aux modalités de regroupement des organismes complémentaires d’assurance maladie

Les premières mutuelles ont été fondées au XIXe siècle autour de valeurs fondatrices (solidarité, refus du lucre, démocratie, liberté d’adhésion et bien-être des membres). Elles évoluent aujourd’hui dans un secteur où la concurrence d’autres formes organisationnelles se multiplie et où la réglementation prudentielle devient plus pressante. Ces transformations les ont conduites à se concentrer. Le présent article en étudie différents aspects et montre en quoi ces évolutions participent d’une possible remise en question des principes fondateurs.

Numéro de revue: 
331
Année de publication: 
2014
Auteur(s): 
Philippe Abecassis, Nathalie Coutinet et Jean-Paul Domin

Une histoire de la coopération agricole de production en France

Les coopératives d’utilisation de matériel agricole (Cuma) et les groupements agricoles d’exploitation en commun (Gaec) constituent des formes d’agriculture de groupe relativement bien connues. Il est utile de se pencher sur d’autres formes sociétaires, dont certaines entendaient s’inscrire dans la tradition de la coopération agricole de production (coopération intégrale comparable aux Scop), notamment les « communautés rurales », les sociétés coopératives agricoles d’exploitation en commun (Scaec) et les coopératives de culture en commun (projet avorté à la fin des années 40). La présente étude passe en revue différentes explications possibles de l’échec ou du très faible impact de ces projets. Ces hypothèses relèvent de registres très différents (politique, social, droit civil, socio-ethnologie…).

Numéro de revue: 
331
Année de publication: 
2014
Auteur(s): 
Serge Cordellier

Des circuits courts à la reterritorialisation de l’agriculture et de l’alimentation

A partir des circuits courts, l’article interroge comment les innovations sociales jouent le rôle de catalyseur d’un ensemble de transformations socioéconomiques, auxquelles elles donnent un support dont les acteurs peuvent se saisir pour tenter de changer les logiques de régulation du développement territorial. Le processus de diffusion d’innovations sociales comme les circuits courts pourrait leur faire perdre leur caractère radicalement alternatif. Néanmoins, ceux-ci contribuent à une modification du rapport aux territoires et des représentations que les acteurs se font des enjeux des politiques publiques locales.

Numéro de revue: 
331
Année de publication: 
2014
Auteur(s): 
Benoît Prévost

Des coopératives plus grandes qu’on ne l’imaginait

Les coopératives font partie de l’économie sociale (ES), aux côtés des associations, des mutuelles et des fondations (Bisault, 2011), ce qui les amène à revendiquer les mêmes engagements : la démocratie autour du principe « Une personne, une voix », la recherche d’un projet collectif ou encore le refus d’une appropriation individuelle des excédents. Nombre d’entre elles ont privilégié pour se développer la croissance externe en créant ou en achetant des entreprises extérieures à l’économie sociale, c’est-à-dire des entreprises qui ne se réclament pas des principes de l’ES et qui le font d’autant moins qu’elles sont cotées en Bourse. Ce mouvement a pris tant d’ampleur que l’emploi des coopératives n’est plus localisé aujourd’hui que pour 55 % dans les coopératives mères (contre 45 % dans leurs filiales). Il concerne avant tout les coopératives bancaires et agricoles, beaucoup moins les coopératives de consommateurs, où les coopérateurs sont les clients, et les coopératives de commerçants regroupés autour d’une enseigne et d’une centrale d’achat. Les coopératives de production, principalement des sociétés coopératives et participatives (anciennement appelées sociétés coopératives ouvrières de production, Scop), dont les salariés sont les associés majoritaires, sont peu concernées.

La croissance externe des coopératives a des causes multiples. Elles sont souvent économiques, tant il est difficile pour une coopérative d’augmenter ses fonds propres, ce qui passe par la venue de nouveaux adhérents. L’extension en interne se heurte parfois aussi à des obstacles juridiques. Les coopératives agricoles ont ainsi été encouragées à filialiser les activités de transformation pour qu’elles n’échappent pas à l’impôt. L’attrait de meilleurs salaires a également constitué une motivation pour une partie des dirigeants des banques coopératives (Bisault, 2012). La création de filiales est aussi un moyen d’élargir le territoire géographique des coopératives. Cela vaut en premier lieu pour les coopératives agricoles, dont l’action s’inscrit dans un territoire pour lequel elles ont été agréées (Agreste-Primeur, 2009 ; Filippi et al., 2009).

Numéro de revue: 
330
Année de publication: 
2013
Auteur(s): 
Laurent Bisault

Les équipes associatives, entre rationalité en valeur et entrepreneuriat social

La gestion des associations intègre traditionnellement des formes de rationalité en valeur. L’entrepreneuriat social se présente quant à lui comme une démarche réformatrice, plus pragmatique, orientée vers la maximisation de la finalité sociale. Son introduction par un ou plusieurs membres de l’équipe associative a souvent pour effet de diviser et de déstabiliser cette dernière. Sur la base de trente-quatre entretiens semi-directifs, nos données montrent que l’ascendant de l’entrepreneuriat social sur la rationalité en valeur n’est pas une fatalité. La vision retenue entre ces deux approches de la gestion se reconstruit de façon relativement rapide et irréversible dans les discussions, mais aussi et surtout dans l’action. Ces moments d’« équivoque » font évoluer les équipes avec une pluralité de visions, se questionnant mutuellement dans leurs fondements et dans leurs pratiques.

Numéro de revue: 
330
Année de publication: 
2013
Auteur(s): 
Patrick Valéau, Hassen Parak et Pierre Louart

La coopérative financière et la politique d’uniformisation du droit Ohada

Le 10 décembre 2010, l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (Ohada) a adopté un nouvel acte uniforme relatif au droit des coopératives. Au cours des travaux préparatoires, il avait été convenu de définir des règles particulières applicables aux coopératives financières (ou coopératives d’épargne et de crédit, Coopec), dont la désorganisation aurait été à l’origine de la réglementation même des coopératives. Curieusement, elles ont progressivement été extraites du texte et ne figurent pas dans la version finale de l’acte uniforme. L’objectif de cet article est de porter une analyse critique sur cette éviction par le législateur Ohada tant du point de vue de la place de ces organisations dans la société que sous l’angle de l’appréciation du procédé d’uniformisation du droit par l’organisation, qui se trouve ici réduit.

Numéro de revue: 
330
Année de publication: 
2013
Auteur(s): 
Willy Tadjudje

Transmission de PME saines en Scop : quelles spécificités?

La reprise des petites ou moyennes entreprises par les salariés s’inscrit désormais dans la stratégie de développement du mouvement coopératif. Le présent article analyse les spécificités d’une telle transformation en termes d’implication des acteurs et d’étapes du processus. Pour cela, il se fonde sur une étude de cas et des entretiens avec des responsables du mouvement. L’étude met en évidence les particularités sur le plan humain de cette forme de reprise à la lumière des recherches menées sur les autres types de transmission d’entreprise et des concepts néo-institutionnalistes sur le comportement des individus. Le rôle clé des conseillers du réseau Scop (coopératives de production) apparaît comme le moteur de la nécessaire confiance organisationnelle qui doit exister entre les acteurs. Cette confiance constitue le gage de la réussite du processus de transformation.

Numéro de revue: 
330
Année de publication: 
2013
Auteur(s): 
Marie-Christine Barbot-Grizzo, France Huntzinger et Thierry Jolivet

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