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Jean Jaurès et la mutualité

Bernard Gibaudprésente un texte de Jean Jaurès publié dans LHumanité en 1905, journal qu'il avait fondé l'année précédente. La question de l'obligation en matière de prévoyance se trouve au cœur des débats qui agitent le monde mutualiste. Avec grand style, celui qui sera assassiné en 1914 pour ses idées pacifistes prend position. C'est à la fois le contexte de ses propos et la clairvoyance qu'ils manifestent sur les évolutions du XXe siècle que Bernard Gibaud met en lumière. 

Numéro de revue: 
275
Année de publication: 
2000
Auteur(s): 
Bernard Gibaud

La coopération en Pologne : une mutation difficile

La situation des coopératives en Pologne telle que présentée dans cet article semble indiquer que le mouvement coopératif ait traversé sa période la plus défavorable. Des signes distincts de stabilisation, voire de décollage dans certains domaines, laissent espérer une hausse de l'activité pour les années à venir. Les coopératives se structurent à nouveau ; elles élargissent leurs possibilités économiques et organisationnelles et sont par la même occasion mieux perçues sur le marché. Cependant, le processus d'adaptation de ces unités à la nouvelle situation économique demande encore la résolution d'un grand nombre de difficultés. 

Numéro de revue: 
275
Année de publication: 
2000
Auteur(s): 
Danuta Mierzwa

Une fonction de préférence coopérative entre utilité individuelle et utilité collective ?

Maurice Parodi soumet à réflexion le texte que François Perroux rédigea en préface à l'ouvrage d'Isaac Guelfat intitulé La coopération devant la science économique, paru en 1966. François Perroux s'y montre plutôt critique, questionnant l'efficacité des procédés coopératififs et leur contribution au système économique et social. Comme le montre Maurice Parodi dans son analyse, ces réserves amènent à s'interroger sur les liens entre coopération et motivation, coopération et innovation. 

Numéro de revue: 
275
Année de publication: 
2000
Auteur(s): 
Maurice Parodi

Evolution et mutation des coopératives dans les pays de l’Est

Coordonnées par René Mauget, les contributions qui suivent lèvent le voile sur la coopération dans les pays de l'Est. Les extraits d'un texte paru en 1981 dans la Revue des études coopératives (devenue Recma en 1986) illustrent le ton du discours de l'époque sur la coopération dans les pays de l'Est et ses perspectives de développement pour l'an 2000. Cette lecture donne un relief particulier aux deux articles suivants, qui dressent un tableau historique et actuel de la situation du mouvement coopératif en Ukraine et en Pologne. 

Numéro de revue: 
275
Année de publication: 
2000
Auteur(s): 
René Mauget

Les coopératives et le prochain millénaire : l’émergence d’un nouveau paradigme

Au cours des vingt dernières années, nous avons assisté à d'importants changements dans presque tous les aspects de notre monde, tel que nous le connaissions. Ces changements provoquent au sein des organisations, y compris les coopératives, de profondes transformations. Curieusement, celles-ci nous permettent d'examiner les fondements des coopératives d'un point de vue complètement différent. C'est en m'appuyant sur l'analyse de ces changements que je parle de l'émergence d'un nouveau paradigme coopératif. Les tendances que nous décelons, nouvelles bases pour l'"organisation du futur", mettent en valeur la nature et la structure spécifiques des coopératives. Voilà l'idée clé que je souhaite explorer dans les prochaines pages.

Numéro de revue: 
275
Année de publication: 
2000
Auteur(s): 
Daniel Côté

Les organisations d’économie sociale, acteurs de la régulation socio-économique ?

Aujourd'hui, nombreux sont les appels à la construction de nouveaux modes de régulation face à la marchandisation croissante des activités humaines et à la déréglementation qui exacerbe la concurrence et la concentration des entreprises. En effet, ces évolutions déstabilisent les processus socio-économiques, les solidarités antérieures, et marginalisent de plus en plus d'activités, de groupes sociaux et de territoires. 

Numéro de revue: 
275
Année de publication: 
2000
Auteur(s): 
Danièle Demoustier

Les coopératives de crédit et les banques coopératives : le cas israélien

En s’appuyant sur l’exemple israélien, cet article aborde la problématique des coopératives d’épargne et de crédit. Si elles se sont développées en réponse à de réels besoins – fiabilité de l’épargne, accessibilité du crédit –, les évolutions les amènent souvent à négliger la finalité de service aux membres. Elles éprouvent par ailleurs des difficultés à faire face à la concurrence du marché financier. L’histoire des coopératives d’épargne et de crédit en Israël, telle que relatée ici, met en évidence un processus de transformation qui a conduit à leur disparition presque complète dans ce pays, sauf dans les mochavim et les kibboutzim, où elles ont été restructurées en fédérations coopératives ou en banques coopératives

Numéro de revue: 
278
Année de publication: 
2000
Fichier attachéTaille
278_080087.pdf195.31 Ko
Auteur(s): 
Galor Z.

Le statut de l’associé-coopérateur

Structure originale d’organisation d’une forme particulière d’entreprise, la coopérative se caractérise aussi par l’existence d’une dualité dans le statut des membres qui la composent. L’associé-coopérateur répond à deux composantes qui se réalisent, en interdépendance effective, dans un engagement d’activité et dans une obligation d’apport. Des dysfonctionnements pourront remettre en cause la connexité des deux qualités chaque fois qu’interviendra un relâchement des liens du fait de la coopérative ou du fait de l’associé-coopérateur. Reste que ce statut remarquable continue de renforcer l’idéologie coopérative et conserve toute l’ampleur conférée aux coopératives qui, à l’aube du XXIe siècle, occupent une place non négligeable dans l’économie nationale. Ces réflexions sont au coeur d’une thèse dont l’auteur livre ici la substance.

Numéro de revue: 
278
Année de publication: 
2000
Fichier attachéTaille
278_058066.pdf195.31 Ko
Auteur(s): 
Papon-Vidal P.

De la coopérative au groupe coopératif agro-alimentaire, Ire partie : De la valeur pour l’usager à la valeur pour l’actionnaire ?

Cet article constitue la première partie d’une contribution, présentée au colloque Addes du 7 mars 2000, qui s’intitulait : « De la coopérative au groupe coopératif agro-alimentaire, évolution ou dénaturation ? » Les auteurs traitent notamment ici du glissement, dans les groupes coopératifs complexes, de la notion de valeur de la coopérative pour l’usager à la notion de valeur du groupe pour l’« actionnaire ». Y a-t-il dénaturation de l’entité coopérative ? Selon les critères retenus, la réponse à cette question pourra varier. La Recma publiera dans son prochain numéro la seconde partie de cette contribution, qui sera davantage centrée sur l’évolution de la gouvernance de ces groupes complexes.

Numéro de revue: 
278
Année de publication: 
2000
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278_016030.pdf195.31 Ko
Auteur(s): 
Mauget R. Forestier M.

Le lien coopératif au sein des sociétés coopératives

Dans cet article, l’auteur présente les réflexions qui structurent sa thèse, recherche très approfondie récompensée par le prix de droit coopératif créé par le Groupement national de la coopération. Les sociétés coopératives renvoient à un mode de fonctionnement spécifique, que sert le droit coopératif comme technique d’organisation. Communauté d’intérêts entre les membres, ou affectio cooperatis, et double qualité de l’associé coopérateur fondent ce droit. La dimension contractuelle des coopératives est donc essentielle, et le droit coopératif présente la particularité d’emprunter au droit des sociétés et au droit des contrats. Indépendamment de l’affirmation d’une finalité sociale, le droit coopératif réalise aussi un compromis entre esprit coopératif et exigence de rentabilité, qui s’appuie sur un aménagement calculé des grands principes coopératifs.

Numéro de revue: 
278
Année de publication: 
2000
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278_047057.pdf195.31 Ko
Auteur(s): 
Hérail M.

Législation européenne et Code de la mutualité: l’exemple des Mutuelles de Vendée

La transposition des directives européennes sur les assurances aux mutuelles de santé françaises va être effectuée incessamment sous forme d’« ordonnances » prises par le gouvernement. Il en résultera, comme le montre l’exemple des nombreuses mutuelles locales de Vendée, une concentration des structures administratives et financières. Quoi qu’il en soit, les dirigeants mutualistes sont résolus à maintenir et à développer simultanément leur présence de proximité et leur réseau d’action sociale à dominante bénévole. Enrichi par l’auteur des derniers éléments d’actualité, cet article reprend la contribution présentée au XVe colloque de l’Addes le 7 mars 2000 sous le titre « Les mutuelles de santé face à la législation européenne, exemple des Mutuelles de Vendée ».

Numéro de revue: 
278
Année de publication: 
2000
Fichier attachéTaille
278_031046.pdf195.31 Ko
Auteur(s): 
Faivre H.

La gestion coopérative des copropriétés

La copropriété est une institution ancienne : de tels groupements économiques existaient avant la Révolution française, mais le développement en est relativement récent, puisqu'il date de l'après Seconde Guerre mondiale. Les causes en sont l'essor démographique et l'urbanisation accélérée. Il faut toutefois noter qu'en Europe, c'est la France qui compte le plus grand nombre de copropriétaires. Cela résulte de la volonté politique de nombreux gouvernements de faire de chaque citoyen un propriétaire, mais aussi du désir des salariés et des membres des professions libérales de se garantir contre une inflation longtemps galopante en achetant un appartement avec un crédit remboursé en monnaie dévaluée. Ce phénomène concerne actuellement 6000000 logements, soit le double du patrimoine HLM, et touche 30 de la population française. Le chiffre d'affaires de ce secteur, travaux compris, est évalué à environ 160 milliards de francs (24,4 milliards d'euros).

Numéro de revue: 
272
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Michel Thiercelin

L’économie sociale et les transformations de l’emploi

Cette contribution, présentée au XIV colloque de l’Addes, offre de nombreuses illustrations du rôle que joue aujourd'hui l'économie sociale face à la dérégulation du marché du travail. La première préoccupation a concerné l'insertion des personnes en difficulté et s'est traduite dans une grande diversité de structures. Au sein de celles-ci – à l'exception des régies de quartier –, l'emploi est transitoire. En dépit d'apports réels en termes d'apprentissage, elles se heurtent à un manque de débouchés sur le marché du travail (pour une autre approche de l'entreprise d'insertion, voir dans ce numéro le cas de la Wallonie). Sur un autre plan, grâce à sa fonction d'expérimentation notamment dans le champ associatifi en appui sur l'intercoopération et les partenariats financiers, l'économie sociale facilite l'émergence de nouvelles activités et de nouveaux emplois. Ces évolutions ne sont pas sans incidence sur les métiers eux-mêmes. De nouvelles compétences sont en effet sollicitées pour des actions plus transversales mobilisant, au-delà des traditionnels savoir-faire, davantage de savoir-être.

Enfin, les transformations des activités et des métiers amènent à rechercher des statuts plus appropriés, tant pour les personnes que pour les entreprises de l'économie sociale. 

Numéro de revue: 
274
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Danièle Demoustier

Pour une reconnaissance de la diversité associative

Après les Assises nationales de la vie associative qui se sont tenues à Paris en février dernier, un décret du 15 juillet 1999 porte création d'une mission interministérielle pour la célébration du centenaire de la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d'association. Qu'en est-il, aujourd'hui, de l'adéquation de cette loi aux besoins et aux réalités du terrain ?

Impliqué dans le champ associatif tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel, l'auteur livre ici quelques-unes de ses réflexions. Il rappelle le cadre originel de la loi, dont la souplesse permet, à côté des associations fondées sur le rassemblement d'individus volontaires, la coexistence de formes d'organisation très diverses. Quatre modèles sont proposés à l'analyse, qui posent la question des limites du champ associatif. Réformer la loi de 1901 ou la compléter? Le débat est ouvert et ne manquera pas d'intéresser tous ceux qui sont concernés par les évolutions du secteur, alors qu'une nouvelle instruction fiscale concernant les exonérations va entrer en application le 1er janvier 2000. 

Numéro de revue: 
274
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Philippe Callé

L’entreprise d’insertion wallonne, un coup de pouce à l’intégration sociale

En Wallonie, l'entreprise d'insertion est apparue pour offrir un emploi durable à des personnes en grande difficulté socioprofessionnelle. Elle ne constitue pas un passage vers l'intégration dans le monde du travail, mais entend la concrétiser. La structure s'est d'abord imposée sur le terrain, avec la mise en place de projets pilotes, avant d'acquérir une reconnaissance juridique. Un décret adopté en 1998 définit les conditions d'agrément et de financement de l'entreprise d'insertion et la dote du statut de société à finalité sociale (SFS). La primauté de son projet social se trouve donc affirmée en même temps que le caractère marchand de son activité, qui doit lui permettre d'assurer une partie de son financement. L'article présente une analyse très concrète des avancées et des difficultés que représente ce projet ambitieux d'asseoir un développement économique sur l'embauche de "demandeurs d'emploi particulièrement difficiles à placer". 

Numéro de revue: 
274
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Michel Simon

La parité hommes-femmes dans les coopératives de consommateurs japonaises : pour une réforme du modèle japonais de management

Cet article apporte un éclairage sur l'économie sociale au Japon, sous l'angle de la parité hommes-femmes dans les coopératives de consommateurs. L'égalité entre hommes et femmes en termes de répartition d'activités domestique et professionnelle demeure largement à conquérir au sein de la société japonaise. Si les femmes sont de plus en plus nombreuses à entrer sur le marché du travail, il s'agit pour beaucoup d'activités à temps partiel ou temporaires, et l'accès aux fonctions de direction reste difficile. Quant aux salaires, ils montrent de fortes disparités entre les sexes. L'emploi féminin dans les coopératives de consommateurs ne fait que refléter cette situation globale, qu'un contexte économique défavorable a contribué à maintenir dans les dernières années. Les actions en faveur de la parité préconisées par l'Union japonaise des coopératives de consommateurs ont ainsi été peu relayées sur le terrain. Les femmes composent pourtant l'essentiel du sociétariat. Cette réalité amène de plus en plus de dirigeants à considérer l'apport que peut constituer leur emploi dans la coopérative, dont elles connaissent très bien le fonctionnement.

Numéro de revue: 
273
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Satoko Chikamoto

La notion même de « démutualisation » est-elle acceptable ?

L'auteur de cet article, praticien du champ et expert en matière juridique et fiscale, livre quelques réflexions sur un thème largement ouvert aux débats et particulièrement sensible au niveau des coopératives bancaires, eu égard au mouvement qui a affecté les building societies au Royaume- Uni. Tout bénéfice pour certains, la démutualisation n'est pas sans toucher les fondements mêmes du statut coopératif ainsi que les fondations de l'entreprise d'économie sociale. En faisant fi de l'histoire et des hommes qui ont contribué à la construire, ce sont des questions éthiques tout autant que techniques que pose la démutualisation. 

Numéro de revue: 
273
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
François Schwerer

Les coopératives à but social et le multisociétariat

A l'instar d'autres pays européens, la France cherche à développer l'entreprise à but social. On sait qu'une réflexion sur ce thème a été confiée par Martine Aubry à l'économiste Alain Lipietz. Le rapport du Conseil supérieur de la coopération encourage la promotion du statut coopératif défini par la loi du 10 septembre 1947, et la CGScop travaille, dans ce sens, sur un projet de société coopérative d'intérêt collectif (SCIC). A quelles conditions la forme coopérative peut-elle constituer une réponse ? Dans cet article, François Espagne analyse certaines questions qui se posent à l'examen du statut légal des coopératives en France. La finalité elle-même introduit la première difficulté : la coopérative, en effet, vise en priorité la satisfaction des besoins de ses membres; qu'en est-il de la dimension altruiste attachée à l'idée d'entreprise àfinalité sociale ? Le caractère non lucratif est lui aussi matière à discussion. Exclure toute possibilité de gain matériel pour les sociétaires impliquerait des modifications statutaires. Par ailleurs, si l'unisociétariat constitue la règle générale pour les coopératives, en accord avec l'unicité de la cause du contrat, des exceptions ont été introduites qui ouvrent au multisociétariat. En admettant ce principe pour l'entreprise à finalité sociale, sa pérennité ne requiert-elle pas d'unifier la cause du contrat pour les différentes catégories d'associés ? L'incidence du multisociétariat sur les conditions d'admission et les droits des associés est également envisagée. Ces bases d'analyse étant posées, l'auteur s'intéresse aux réalisations de quatre pays européens - la Belgique, l'Espagne, l'Italie et le Portugal - en matière de société à finalité sociale. Comment chaque pays a-t-il résolu les difficultés, voire les contradictions, qui émergent? Autant d'enseignements qui peuvent être utiles pour éclairer les choix. 

Numéro de revue: 
274
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
François Espagne

L’économie sociale dans les services de proximité : pionnière, partenaire

Cet article investit le champ des services de proximité, en croisant approches théoriques et analyses empiriques issues d'observations sur le territoire de Charleroi, en Belgique. A partir des caractéristiques inhérentes au concept, les auteurs identifient les enjeux associés aux services de proximité, aussi bien pour l'usager que pour la collectivité. Dans ce contexte, quel est le rôle spécifique de l'économie sociale ? En considérant quatre domaines de prestation de ces services - aide à domicile, accueil de la petite enfance, développement de quartier, aide au logement -, l'étude menée sur le terrain révèle une diversité de prestataires parmi lesquels les associations occupent une place prépondérante, devant le secteur public. Les typologies établies permettent de situer les différentes organisations impliquées au regard de critères tels que le mode de financement - marchand ou non marchand - ou le degré d'implication des acteurs. A l'appui des théories économiques se dégagent ainsi différentes facettes du rôle des associations dans le champ des services de proximité : innovation, "réponses particulières" Ces éléments amènent à relativiser l'objectif d'insertion de personnes peu qualifiées souvent attribué à ces services et permettent de dégager quelques orientations pour des politiques publiques qui viendraient soutenir le rôle de l'économie sociale, en complémentarité avec une pluralité d'acteurs. 

Numéro de revue: 
273
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Bruno Gilain, Marthe Nyssens

« Je ne vais pas aux AG et pourtant j’ai des idées » : pour une coopération rurale en Languedoc-Roussillon

Dans le sud de la France et particulièrement en Languedoc-Roussillon, les coopératives viticoles ont joué un rôle essentiel dans le développement économique local. L'adaptation aux nouvelles exigences du marché, à l'origine d'un processus de reconversion vers des vins de qualité, représente donc un enjeu important qui nécessite une forte mobilisation de l'ensemble des adhérents. Cet article éclaire de l'intérieur les transformations que doivent gérer aujourd'hui les coopératives, à partir de l'exemple de l'une d'entre elles : Puisserguier-Maureilhan, préoccupée de la faible implication apparente de ses adhérents. Ce sont tout autant les résultats d'une recherche sur le terrain qu'une démarche originale permettant d'approcher les "anonymes" de la coopération que nous présente l'auteur. Comment expliquer la distance qui s'est instaurée entre les adhérents et leur coopérative? Au-delà de la non-participation aux assemblées générales, on découvre de nouvelles logiques d'acteurs. Les "anonymes" se révèlent porteurs de potentialités et de besoins qui pourraient bien impulser une nouvelle dynamique à la coopération. C'est une nouvelle figure de "vigneron acteur du développement local" qui émerge ainsi d'une démarche illustrant parfaitement le rôle que peut jouer la recherche pour éclairer et soutenir l'action. 

Numéro de revue: 
273
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Yuna Chiffoleau

Prolégomènes à une œuvre d’économie sociale : écrits de Charles Gide, 1869-1886

Marc Pénin, auteur de la remarquable biographie : Charles Gide (1847-1932), l'esprit critique, présente dans cet article le premier volume des œuvres de Charles Gide, qui réunit les écrits de la période 1869-1886. Ces textes, dont le regroupement thématique respecte la logique chronologique, constituent en fait une introduction à une œuvre d'économie sociale qui se déploiera dans les prochains volumes. La première partie de l'ouvrage permet d'appréhender la réflexion de Charles Gide sur des faits marquant l'actualité de son époque. La première représentation moderne dans le théâtre romain d'Orange, les tentatives de restauration de la monarchie, la loi sur le divorce, les premiers pèlerinage à Lourdes et bien d'autres thèmes traités révèlent une diversité d'intérêt, un esprit curieux, parfois caustique et déjà engagé en faveur des associations. Sa thèse de doctorat, dont la deuxième partie présente de larges extraits, y sera d'ailleurs consacrée en traitant du "droit d'association en matière religieuse". Les écrits économiques, dont le premier date de 1879, sont regroupés dans la troisième partie. Ils montrent un Charles Gide préoccupé des questions sociales, ouvert aux évolutions, critique envers le libéralisme doctrinaire et opposé au protectionnisme. On y lira les prémices de son orientation vers l'économie sociale, comme les bases de son engagement dans le mouvement coopératif. 

Numéro de revue: 
273
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Marc Pénin

Les banques coopératives et mutualistes entre concurrence et solidarité : la confiance au centre d’un modèle alternatif de compétitivité ?

Pour les organisations de l'économie sociale dont les activités se développent dans un environnement concurrentiel, la question de l'articulation entre leur mission de solidarité et d'intérêt général et la nécessité d'être compétitifse pose aujourd'hui avec acuité. Comment parviennent-elles à réconcilier les termes de ce paradoxe? Quel rôle joue la confiance ? C'est ce que les auteurs s'attachent à analyser dans cet article, en s'intéressant plus particulièrement aux banques coopératives et mutualistes à travers l'exemple du Crédit mutuel méditerranéen (CMM). Appréhendée comme résultante d'un calcul individuel de risques et d'opportunités ou comme nécessité inscrite dans les nouvelles formes de coordination, la notion de confiance n'est pas sans soulever des débats théoriques. L'histoire du Crédit mutuel méditerranéen permet d'éclairer différents modèles de compétitivité à l'œuvre. Relation de proximité, culture de solidarité, logique de l'honneur fondent le modèle initial, dans un contexte de grande stabilité.

Dans les années 80, avec les évolutions de l'environnement et l'augmentation du volume d'activités, l'échange de type marchand devient dominant, assorti d'un développement des comportements opportunistes. Logique du contrat, critères techniques, culture de service au client sont à la base d'un nouveau modèle qui conjugue confiance avec défiance. Depuis quelques années, le concept de "banque régionale mutualiste" réactualise la relation de confiance dans un modèle de compétitivité associant nouveau professionnalisme et valeurs fondatrices de proximité et solidarité.

Numéro de revue: 
274
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Ariel Mendez et Nadine Richez-Battesti

Trajectoires associatives : premiers éléments sur la mortalité des associations

Cet article présente les résultats d'une étude sur le devenir des associations : plusieurs années après leur création, comment ont-elles évolué? La recherche conduite en 1996-1997 sur deux échantillons de cent associations, créées respectivement en 1980 et 1990, permet de distinguer trois cas de figure : associations en activité, en sommeil ou disparues, la mise en sommeil pouvant préfigurer une disparition. En s'intéressant plus particulièrement aux cas de disparition et de mise en sommeil, l'auteur éclaire un certain nombre de questions : au terme de combien d'années la cessation d'activité — définitive ou provisoire — intervient-elle le plus souvent? Quelles en sont les causes ? Quel est l'impact du facteur humain : implication des membres, contexte relationnel. ? De manière plus large, quels sont les éléments — du profil des créateurs aux caractéristiques de l'association — qui influencent la trajectoire de vie d'une association ? Sans jamais chercher à modéliser, ce texte permet d'identifier quelques facteurs qui semblent favorables à la longévité d'une association et d'avancer ainsi dans la connaissance d'une dynamique associative caractérisée par la diversité des situations. 

Numéro de revue: 
272
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Viviane Tchernonog

Les interprétations du mutualisme sur le littoral charentais sous le Second Empire et la IIIe République

Ce sont les racines du mutualisme qui sont données à voir dans cet article, à travers une mise en lumière des pratiques de prévoyance et de solidarité qui se développent, au milieu du XIXe siècle, dans le département de Charente-Inférieure. L'approche monographique permet d'appréhender la diversité des pratiques, en lien avec les caractéristiques de l'environnement et de l'activité de subsistance. Si les agriculteurs de l'arrière-pays, prospères, se montrent peu sensibles à l'idée de solidarité, les populations du littoral, aux conditions de vie beaucoup plus rudes, se mobilisent autour de pratiques solidaires avant même le décret de 1852 qui encourage la mutualisation territoriale. Au sein de ces populations, les comportements sont également différenciés. Sur l'île de Ré, où le mouvement présente une grande vitalité, les marins pêcheurs se montrent peu enclins à la prévoyance sur le long terme, la menace de l'océan planant toujours sur les perspectives d'avenir. L'île d'Oléron, moins soumise à l'adversité, offre un autre visage du mutualisme, patronné et générant peu de participation. Quant à la mutualité ouvrière de l'arsenal de Rochefort, elle fournit un nouvel exemple des relations subtiles qui s'établissent avec le syndicalisme naissant. Ainsi, avant la charte de la mutualité et la création des unions départementales à la fin du XIXe siècle, lesquelles porteront rationalisation du fonctionnement et uniformisation progressive des pratiques, la mutualité s'épanouit sur des particularismes locaux qui traduisent toute sa vivacité.

Numéro de revue: 
273
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Patricia Toucas

Essai de construction de profils socio-économiques d’associations

Ce texte propose une nouvelle mise en perspective de la variété des situations associatives. La démarche socio-économique adoptée caractérise toute association par son projet, mais aussi par les moyens mis en œuvre pour le réaliser. Finalité associative et données économiques peuvent alors se combiner de diverses façons, que les auteurs cherchent à appréhender. Douze indicateurs sont définis, six d'entre eux se référant aux dimensions proprement associatives — le bénévolat, par exemple -, les six autres renvoyant à des dimensions empruntées au monde de l'entreprise — comme le salariat. Si les indicateurs associatifs rendent compte d'une plus-value sociale, les indicateurs référés à l'entreprise traduisent des aménagements, c'est-à-dire la manière dont les acteurs composent avec les données économiques. Huit profils socio-économiques, résultant d'une combinaison de ces deux fàmilles d'indicateurs, sont identifiés. Quatre groupes d'associations présentent un équilibre des dimensions associatives et économiques : le développement conjoint du bénévolat et du salariat en constitue un exemple.

Quatre autres groupes laissent voir des caractéristiques dominantes qui les situent aux frontières du champ associatif : profils para-entreprise, para-administratif, para-coopératif et para-familial. Autant de profils qui illustrent la diversité des dynamiques de développement à l'œuvre. 

Numéro de revue: 
272
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Danièle Demoustier et Marie-Laure Ramisse

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