La première norme mondiale sur les coopératives, la recommandation 193/2002 de l’Organisation internationale du travail

Secrétaire général de Cicopa, l’auteur de cet article rend compte du rôle joué par le mouvement coopératif mondial dans l’élaboration de la recommandation n° 193 de l’Organisation internationale du travail (OIT) concernant la promotion des coopératives (lire l’article de Mark Levin dans ce numéro). Ce sont tout autant la portée de cette nouvelle recommandation que le processus qui a conduit à l’adopter qui sont analysés ici. Comment les organisations coopératives ont-elles pu faire entendre leur voix sur le texte initial, un simple siège d’observateur étant habituellement dévolu à l’Alliance coopérative internationale (ACI) dans le cadre de ces négociations ? Seuls les représentants des gouvernements, des syndicats et des organisations d’employeurs y participent et des accréditations auprès de ces trois groupes étaient nécessaires. Qu’il s’agisse d’obtenir un traitement différencié des coopératives pour ce qui fait leur spécificité par rapport aux autres entreprises ou de souligner la responsabilité des Etats dans la promotion des coopératives, cette implication du mouvement coopératif a contribué à finaliser un texte réellement utile pour son développement futur.

The first worldwide standard for cooperatives: ILO recommendation 193/2002

Belonging to an international cooperative organization, the author of this article gives an account of the role the international cooperative movement played in the drafting of the International Labour Organization’s recommendation 193, which concerns the promotion of cooperatives (see Mark Levin’s article in this issue). Both the impact of this new recommendation and the process that led to its adoption are analyzed here. With the International Cooperative Alliance normally only entitled to have one observer present during the negotiations, how were the cooperative organizations able to stamp their imprint on the original text? Only the representatives of governments, trade unions and employers’ organizations could take part in the negotiations, and accreditation by these three groups was necessary. Whether for obtaining special treatment of cooperatives because of their specificity compared with other enterprises or emphasizing the responsibility of governments for promoting cooperatives, the involvement of the cooperative movement helped to produce a final draft that truly benefits its future development