Recherche et pôles territoriaux de coopération économique (PTCE) : quels liens ?

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Pour la première fois, un séminaire organisé le 24 janvier à Paris par l’institut Godin, le Labo de l’ESS et l’institut CDC pour la recherche, réunissait des chercheurs ainsi que plusieurs représentants de pôles territoriaux de coopération économique (PTCE) pour débattre d’un thème rarement abordé. Laurent Fraisse, membre du Labo de l’ESS et responsable du groupe de travail « analyse et caractérisation des PTCE », posait en effet la question : « La recherche sur les pôles territoriaux de coopé­ration économique est-elle structurante ou non ? »

Une question complexe, car la recherche est censée être une composante à part entière des PTCE depuis leur apparition dans les années 2000, puis leur reconnaissance par la loi ESS en 2014. Or, des collaborations se nouent, mais ont du mal à s’institutionnaliser. Les relations contractuelles sont rares. On peut citer le partenariat de 3EVA avec l’université de Montpellier. Certains PTCE bénéficient de financements occasionnels sous forme de thèses en Cifre : c’est le cas de Bou’Sol, Batir AS. Parfois, ce sont des missions ponctuelles sur des projets de recherche et développement (Florange2I) ou des missions de soutien de l’institut Godin (Tetris, Pays de Bray) qui permettent de nouer ce dialogue.
Il arrive aussi que des recherches soient menées ­librement par des universitaires sur leur temps de recherche (Pôle Sud Archer, Ancenis...). Par ailleurs, certains chercheurs participent à des comités scientifiques ou d’orientation dans les quelques PTCE qui ont mis la recherche-développement (R&D) dans leur agenda.

La recherche-action à l’honneur
Après un rappel par l’institut CDC et le Labo de l’ESS de leurs engagements dans l’amélioration de la connaissance des PTCE, l’analyse, tout au long de la journée, de différentes collaborations relativement étroites entre chercheurs et PTCE a montré l’importance de la recherche scientifique et technologique, notamment pour le développement de certains PTCE plutôt orientés « filières », sur des sujets comme les couleurs ou le recyclage. La recherche en sciences sociales dans les PTCE d’animation territoriale semble beaucoup plus complexe à mener, d’une part du fait des contraintes méthodologiques et théoriques des jeunes chercheurs qui doivent faire leur thèse en trois ans sur la base de grilles théoriques plus ou moins adaptées, d’autre part du fait du décalage entre le temps long de la recherche et les attentes plus opérationnelles des acteurs.
La nouveauté de l’objet de recherche impose tout à la fois de s’immerger dans le processus en construction tout en gardant une distance critique, de mobiliser et de croiser plusieurs cadres d’analyse tout en restant accessible aux acteurs qui attendent une meilleure compréhension de leur pratique. De fait, nombre de collaborations entre chercheurs et PTCE prennent la forme de recherche-action épousant des postures et méthodologies diverses qui visent à produire une connaissance utile au développement de ces regroupements coopératifs initiés par l’ESS.

Des relations à structurer et à institutionnaliser
Dans son intervention conclusive, Michel Abhervé, professeur associé à l’université de Paris-Est Marne-la-Vallée, particulièrement investi sur le sujet, a rappelé : « Dans la loi, les universités apparaissaient comme des partenaires structurant des PTCE. Pourtant, en examinant la présentation des dossiers retenus dans le premier appel à projets national, il fallait bien se rendre compte que cette présence n’avait pas été prise en compte et que, s’il existait des rencontres entre des acteurs et des universitaires (plus que des universités) ayant un investissement personnel dans l’ESS ou les dynamiques territoriales, ou encore des initiatives fructueuses comme celles du Pays de Bray et de l’institut Godin, il n’y avait aucune politique nationale permettant d’aller au-delà de ce que des opportunités locales avaient induit. Et de préciser : L’appel d’offres national n’avait prévu aucun accompagnement des pôles et faisait l’objet d’une évaluation purement administrative de la part du secrétaire général à la Modernisation de l’action publique (SGMA), sans représentation de l ­ ’Université et de la Recherche, et ainsi totalement opposée à la démarche d’évaluation participative évoquée ici. » Michel Abhervé a alors appelé les chercheurs et les acteurs à développer et structurer leurs relations.

Malgré l’absence de dispositif national de soutien à la fonction R&D, ce premier ­séminaire a ainsi mis en évidence le développement progressif des collaborations entre chercheurs et PTCE. Tout en pointant les obstaclesà surmonter, l’étude exploratoire menée sur le sujet par Laurent Fraisse vise à mettre en visibilité l’importance de tels échanges et à souligner les modalités de la recherche dans ces processus organisationnels innovants. Une telle rencontre devrait donc se ­renouveler.

Danièle Demoustier