Pays basque espagnol : Fagor en redressement judiciaire

 Sombre nouvelle pour la communauté autonome d’Euskadi : Fagor Electrodomésticos, numéro cinq européen des frigos et équipements électroménagers, est en redressement judiciaire. Ce fleuron de l’industrie basque, basé dans la région de Saint-Sébastien, vient d'annoncer à ses salariés - 5 600 à travers le monde, répartis dans une vingtaine d’usines (cinq en Espagne,  les autres se situent en France, en Pologne, au Maroc et en Chine.)  qu’il se trouvait en cessation de paiements.  Le fabricant d’électroménager, fleuron du groupe coopératif basque Mondragon, a besoin de 120 millions d'euros pour survivre.

Selon la législation espagnole, le navire amiral du groupe coopératif basque Mondragon (MCC) a quatre mois pour élargir les pistes de négociation, en vue d’aboutir à un accord avec ses créanciers. Dans un communiqué de presse, le groupe guipuzcoan précise qu’il travaille dans ce sens depuis plusieurs semaines, main dans la main avec le reste de ses coopératives, le gouvernement basque et sa banque prêteuse, Caja Laboral. 

Pour sortir la tête de l’eau, le fabricant d’électroménager, noyé sous les factures de ses fournisseurs, aurait besoin de 100 à 120 millions d’euros. Sans cette ultime injection de carburant, Fagor et ses 2 000 coopérateurs sont condamnés à la liquidation judiciaire. Ce qui représenterait un effroyable traumatisme pour le Pays basque espagnol. Riche de son industrie, la région résistait jusque-là mieux qu’aucune autre à la crise. 

Mais, dans une Espagne au bord de l’asphyxie, on use désormais lave-linge et table de cuisson jusqu’à leur dernier souffle. Face à ce marché atone, la consommation des ménages espagnols en électroménager a chuté de 56 % en quatre ans. Durant ce sinistre laps de temps, les ventes de Fagor se sont effondrées de 40 %. Selon la presse espagnole, ses pertes s’élèveraient à 150 millions d’euros, et son ardoise bancaire à près de 400 millions.

 L’élan de solidarité sans précédent de la part des 110 coopératives de Mondragon, qui, en mai dernier, s’étaient saignées pour sauver l’enseigne, n’aura donc pas permis de stopper l’hémorragie. Le groupe avait alors injecté 70 millions d’euros dans l’entreprise, pour « pérenniser l’emploi ». Car les effectifs du fabricant s’amenuisent au fil des ans : de 10 000 salariés en 2008, l’emblème de MCC est passé à 6 000 employés en 2012. 

Néanmoins, Fagor a réussi jusque-là à éviter les plans de licenciements, déshabillant ses propres chaînes de montage pour habiller celles des autres filiales du groupe. Mais, à présent, vu la gravité de la situation, nul doute que la coopérative devra se restructurer. Et, en attendant un nouveau traitement de choc, certaines lignes de production d’Euskadi sont à l’arrêt. C’est également le cas de l’usine des Ajoncs, à La Roche-sur-Yon (Vendée), où l’on manque de matière première pour fabriquer, notamment, des turbines de sèche-linge.

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L'intégralité de l'article de Pantxika Delobel pour Sud Ouest du 17 octobre 2013