L’hybridation des ressources associatives et son impact

À l’occasion de la conférence « Quel paysage associatif aujourd’hui et demain » organisée par le Crédit coopératif le 11 juin, Viviane Tchernonog a présenté la troisième édition de son étude Le Paysage associatif français (Éd. Juris Dalloz), dont nous avons déjà rendu compte dans ces colonnes. Elle a notamment rappelé la vitalité du secteur associatif (2,4 % de croissance par an depuis 2012), mais aussi certaines évolutions de son mode de financement : baisse des subventions, stagnation des dons et du mécénat, augmentation des « recettes d’activité » (c’est-à-dire la vente de services). Cette hybridation a permis d’engager plusieurs débats et échanges lors des plateaux avec invités qui ont suivi.

Morceaux choisis :

Gabriel Attal, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse : « L’hybridation des ressources est une diversification positive des sources de financement pour les associations : c’est une dépendance moindre vis-à-vis d’un seul contributeur. De plus, le mécénat, la philanthropie d’entreprise favorisent l’innovation, qui n’est pas du seul ressort de l’État. En fait, tout le monde est légitime à financer l’intérêt général, du moment que cela reste l’intérêt général. »

Philippe Jahshan, président du Mouvement associatif : « L’intérêt général doit être la mission première de l’État, même si d’autres peuvent s’y intéresser, car l’État collecte l’argent du contribuable. Sur la question de l’hybridation des ressources, le modèle socio-économique associatif s’hybride par définition (sur le plan des ressources humaines par exemple, avec des salariés et des bénévoles) mais, si l’hybridation des ressources c’est la baisse des financements publics,  cela ne va pas. Cette hybridation-là a un coût : la complexification des process pour trouver de l’argent. À force, si la mission première de l’association se perd dans la recherche de financements, toute la société y perdra. »