Les supermarchés participatifs : retour aux sources de la coopération de consommation ?

Toute la Recma

  • 2010
    • 2017
    • 2016
    • 2015
    • 2014
    • 2013
    • 2012
    • 2011
    • 2010
  • 2000
    • 2009
    • 2008
    • 2007
    • 2006
    • 2005
    • 2004
    • 2003
    • 2002
    • 2001
    • 2000
  • 1990
    • 1999
    • 1998
    • 1997
    • 1996
    • 1995
    • 1994
    • 1993
    • 1992
    • 1991
    • 1990
  • 1980
    • 1989
    • 1988
    • 1987
    • 1986
    • 1985
    • 1984
    • 1983
    • 1982
    • 1981
    • 1980
  • 1970
    • 1979
    • 1978
    • 1977
    • 1976
    • 1975
    • 1974
    • 1973
    • 1972
    • 1971
    • 1970
  • 1960
    • 1969
    • 1968
    • 1967
    • 1966
    • 1965
    • 1964
    • 1963
    • 1962
    • 1961
    • 1960
  • 1950
    • 1959
    • 1958
    • 1957
    • 1956
    • 1955
    • 1954
    • 1953
    • 1952
    • 1951
    • 1950
  • 1940
    • 1949
    • 1948
    • 1947
    • 1946
    • 1945
    • 1944
    • 1943
    • 1942
    • 1941
    • 1940
  • 1930
    • 1939
    • 1938
    • 1937
    • 1936
    • 1935
    • 1934
    • 1933
    • 1932
    • 1931
    • 1930
  • 1920
    • 1929
    • 1928
    • 1927
    • 1926
    • 1925
    • 1924
    • 1923
    • 1922
    • 1921
    • 1920

Dans le sillage du supermarché partici­patif La Louve, devenu en quelques mois une institution sociale et conviviale du XVIIIe arron­dissement de Paris, d’autres projets de magasins coopératifs ont fleuri dans une vingtaine de villes françaises : à Bordeaux (Supercoop), Bayonne (Otsokop), Nantes (Scopéli), Toulouse (La Chouette Coop), Montpellier (La Cagette), Grasse (La Meute), Grenoble (L’Eléfàn), au printemps dernier SuperQuinquin a ouvert dans un quartier populaire de Lille.
Fondée par deux Américains sur le modèle de la Park Slope Food Coop de Brooklyn, créée en 1973, La Louve et ses petits n’en fonctionnent pas moins selon un principe éprouvé dans les coopératives de consommation du xix e siècle : participation financière et physique de l’adhérent, bénévolat permettant d’alléger le coût de la marchandise. A SuperQuinquin comme à La Louve, chaque client-coopérateur consacre tous les mois trois heures à la coopérative. Toutes les décisions sont prises en assemblée générale. S’y ajoutent les préoccupations environnementales propres au xxi e siècle : qualité ­biologique des produits, approvisionnement sur le marché local, circuits courts. La formule du supermarché coopératif, si elle vient à se développer, pourrait donc renouveler le mouvement des coopératives de consommation entrées en crise au tournant des années 1980, faute d’avoir pu soutenir la concurrence des hypermarchés.
L’histoire des organisations de l’économie sociale est ainsi émaillée de ce va-et-vient entre l’enthousiasme militant des débuts, le glissement vers une banalisation mortifère, et la re-création de structures sur la base d’une pureté doctrinale déclarée intangible. L’étonnement de l’historien est de constater qu’à chaque nouvelle fondation, acteurs et observateurs croient découvrir la lune, comme si la mémoire des pratiques antérieures avait disparu et que les leçons du passé n’étaient jamais tirées. Nul doute que l’histoire des familles coopératives reste insuffisamment connue et enseignée, et que les responsables devraient s’en préoccuper.